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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

quel beau mardi pour la saison ! – semaine 6

Quelle soirée ! Ceux qui ont l’habitude de suivre les réunions souvent formelles de ces assemblées de notables en auront eu pour leur déplacement. Et nous étions nombreux à être sur les bancs du public de cette salle polyvalente de Riedseltz, où l’on installait le nouvel exécutif intercommunal.

Pour résumer d’une phrase, on ne sait pas si l’élection de la liste Tyburn aurait remis l’ancien maire dans son fauteuil, mais on sait maintenant que la commune de Wissembourg, du fait du comportement de sa municipalité, est totalement marginalisée au sein de la communauté de communes.

Une fois faits les présentations d’usage, l’appel et la désignation du président de séance, le doyen d’âge, qui fêtait aussi son anniversaire, félicitations, a fait élire ou désigner les scrutateurs, assesseurs et secrétaires nécessaires au bon déroulement du vote, et il a été demandé qui était candidat. Deux maires se sont déclarés, ceux de Cléebourg, Monsieur S. Strapazon, et de Wissembourg, Monsieur Ch. Gliech, qui ont été invités, l’un et l’autre à présenter leur candidature au travers d’une déclaration.

L’ordre alphabétique donnait la parole au maire de Wissembourg qui a placé son propos sous le signe des services rendus ou à rendre à nos concitoyens, qu’ils soient particuliers, élus ou entreprises pour donner un nouvel élan à une communauté de communes, dont la commune de Wissembourg est la locomotive. Cette intervention faite sur le mode de la conversation à bâtons rompus, sur le ton d’une décontraction plus feinte que réelle, avec un point important sur les forces mais surtout les faiblesses qu’il faudrait identifier et corriger, l’annonce de la constitution d’une Task Force regroupant les acteurs engagés dans la commercialisation de la géothermie, sur fond de chiffon rouge qui aurait été agité pour effrayer les villages, a, de fait, tourné à vide, semblant remouliner ce que l’on savait déjà : gros investissement sur le PLUI [ mais on sait pourquoi, il fallait à tout prix anticiper le camouflet attendu suite au recours déposé par les Amis du Steinbaechel ] et assurance que Wissembourg ne voulait manger personne, ponctué d’un appel au vote en âme et conscience.
Il lui aurait été sans doute plus profitable de faire le bilan de son action au sein de l’EPCI, en en déclinant les résultats en matière de stratégie globale de développement, de promotion et de prospection économique pour les installations d’entreprises, de suivi de l'opération collective de modernisation du commerce et de l'artisanat [ O.C.M. ], de coordination des infrastructures de transports ferrés et de leur synchronisation avec les autres modes de transport et de promotion du tourisme. Un mot sur l’action au sein de l'association pour le développement de l’alsace du nord (ADEAN) et du SCOT de l’alsace du nord aurait également été le bienvenu. Mais pour faire un bilan, faut-il encore avoir réellement agi.

Je ne connais pas Monsieur S. Strapazon, et il y a fort à parier que si j’habitais Cléebourg, j’aurais pas mal de critiques à formuler sur sa façon de diriger les affaires communales. Cela dit, voir un candidat se lever, son discours à la main, se diriger vers le pupitre et entamer son propos en présentant le plan de son intervention, introduire son propos par une phrase simple mais rigoureuse [ "– J’ai bâti un projet ambitieux, économiquement viable et transparent vis-à-vis des citoyens." ] tranchait singulièrement avec ce qui avait été servi auparavant. La partie semblait être perdue dès les premières minutes puisque l’on a eu droit à un discours charpenté, construit et argumenté [ en tout objectivité, et bien que n’ayant jamais eu envie de prendre ma carte à l’UMP comme cela m’a été suggéré par le premier adjoint wissembourgeois, je ne me rappelle pas avoir jamais entendu une telle déclaration au cours de ces vingt-cinq dernières années ].
Le reste a été à l’avenant : "– On doit soutenir Wissembourg en aidant les villages, qui accueillent 53% de la population de la communauté de communes, et envisager un partenariat avec le bourg-centre dans l’équilibre, en mettant tout le monde sur le même pied d’égalité !" Il a ensuite énuméré les substantifs qui scanderont son action : mutualisation, proximité, économie, progrès et développement.
Concrètement, il a proposé six vice-présidents [ la première vice-présidence revenant au maire de Wissembourg ] qui auraient la charge de l’épanouissement de la personne humaine, de l’économie et du tourisme, de la mutualisation, de l’urbanisme et de la sauvegarde de l’environnement.
Il a proposé moins de réunions de bureau et plus de réunions de conseil communautaire pour que la communauté de communes explique son action, convainque de sa pertinence et fasse comprendre sa nécessité. Il a pris l’engagement de réunir dans les prochaines semaines tous les conseillers municipaux de toutes les communes concernées pour expliquer son projet et les y impliquer.

On est ensuite passé au vote, dix-neuf délégués se prononçant pour le maire de Cléebourg, celui de Wissembourg ne recueillant que quatorze voix.

Mais on n’en était qu’au hors-d’œuvre, une stratégie se déployant imperceptiblement sur fond d’allées et venues entre les places et l’isoloir. Bien que n’ayant pas fait acte de candidature, le maire de Wissembourg a été élu au poste de premier vice-président, selon les vœux du président nouvellement installé, puis la maire de Rott a été élue deuxième vice-présidente [ une femme, enfin, diront ceux qui ont remarqué que cette assemblée est constituée d’hommes pour les deux tiers, preuve que la route est encore longue pour laisser émerger les intelligences que l’on bride au sein de la majorité de la communauté humaine ]. Puis j’ai commis la maladresse de quitter la séance pour une course à faire à Wissembourg. Dommage, j’ai loupé le meilleur, mais, grâce à ce maudit téléphone portable, j’ai pu suivre en direct la première phase du plan de reprise en main des affaires locales par une droite qui ne s’était pas mobilisée lors des élections municipales à Wissembourg.
Alors que le président venait de faire féliciter la deuxième vice-présidente, il passait à l’élection du troisième vice-président, en proposant … Monsieur J.-M. Tyburn. Alors là, c’était du gros ! Le maire de Wissembourg a cru bon proposer la candidature du maire de Seebach, mais c’était trop tard, il aurait fallu anticiper, préparer des interventions, définir une stratégie, organiser des tours de parole, envisager toutes les hypothèses, et surtout les pires, et en premier lieu, dès le lendemain de l’élection du 30 mars, montrer que l’on était réellement l’homme de la concorde, ce qui est loin d’être le cas.
Si cela est permis, on peut se demander à quoi sert un chef de cabinet s’il ne sait pas penser à tout ça, alors que c’est son rôle, s’il en a un, plus que de faire le tour des bénéficiaires des aides municipales pour les mettre en garde au cas où ce serait les opposants au maire actuel qui seraient élus.
Bref, ne recueillant que quatorze voix, le maire de Seebach s’est fait recaler au profit de la tête de liste de l’opposition wissembourgeoise [ qui est majoritaire à Wissembourg, est-il nécessaire de le rappeler ] qui en a recueilli dix-huit, soit à peu près autant que le président.
L’affaire commençait à se corser.
On a continué l’élection des vice-présidents dans un climat relativement pesant, les candidatures proposées par le président étant à chaque fois approuvées à l’unanimité moins une dizaine de bulletins blancs, émanant selon toute vraisemblance des délégués "majoritaires" wissembourgeois, ce qui augure mal d’une réelle coopération entre bourg-centre et communes périphériques…
Le maire de Wissembourg a eu la maladresse de demander s’il était bien nécessaire de passer par l’isoloir, compte tenu du fait qu’il y avait autant de candidats que de postes à pourvoir : le conseil a suivi son avis et s’est prononcé pour des votes à main levée.
Las, le point suivant portait sur la désignation des représentants au SMICTOM, et le président abattait son atout en proposant … Monsieur J.-M. Tyburn. Alors là, c’était du lourd ! Le maire de Wissembourg a cru bon proposer la candidature du maire-délégué d’Altenstadt au prétexte que le SMICTOM y a son siège, ce qui est un peu léger comme argument massif. Il a donc fallu revenir sur le vote à main levée, puisqu’il y avait plus de candidats que de postes à pourvoir, et l’on est passé au scrutin secret via l'isoloir. Le résultat a été très serré, mais victoire aux points pour Monsieur J.-M. Tyburn qui a recueilli dix-huit voix et le maire-délégué d’Altenstadt une de moins.
Entente cordiale pour les cinq représentants au SCoT-AN, avec trois pour les uns et deux pour les autres, puis est venue la désignation du délégué au parc régional des Vosges du Nord.
Pour celles et ceux qui jouent au tarot, c’était le petit au bout alors qu’on avait pris une garde contre ! Le président proposait cette fois … Monsieur J.-L. Pfeffer ! Alors là, c’était du massif ! Il fallait voir la tête du maire de Wissembourg qui constatait non plus une défaite, mais une déroute, et manifestait sa mauvaise humeur en votant contre cette proposition, rejoint par deux de ses amis, les autres délégués du bourg-centre choisissant de s’abstenir.
Eh oui, c’est comme ça, la vengeance est un plat qui se mange froid, et on finit bien par récolter ce que l’on a semé. Qui trop embrasse mal étreint, à s’atomiser ici et là dans des actions dont personne ne perçoit l’utilité, à traiter les uns et les autres avec arrogance et suffisance, à faire la leçon au nom de cette expérience dont on ne tire jamais les enseignements, à tout régenter y compris l’accès aux commissions, à passer son temps à reprendre d’hypothétiques rumeurs forcément malveillantes, on finit par recevoir le salaire de sa peine.
La grande perdante, c’est notre commune, celle que nous sommes nombreux à aimer pour ce qu’elle est et ce que nous aimerions qu’elle devienne, parce que nous sommes nombreux à penser qu’elle peut encore accueillir mieux, qu’elle a la bonne taille pour que chacun y trouve sa place dans le respect des autres, qu’elle a les moyens d’offrir à tous, sans distinction d’origine, philosophique, culturelle ou religieuse les conditions de l’épanouissement personnel, hors des luttes, dérisoires, de pouvoir, des règlements de compte et des interpellations bruyantes et décalées. L’affaire n’est pas gagnée, car il va falloir en finir avec les procès d’intention, les projets autoritaires et les comportements incorrects. Mais chacun sait qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.
Une phrase a été répétée plusieurs fois par ce nouveau président, qui n’a pas manqué de rappeler son assiduité aux réunions des divers groupes de travail ainsi que la confiance que ses concitoyens lui ont massivement renouvelée : "– Il faut susciter l’adhésion de tous."

Suite demain au conseil municipal de Wissembourg où l’on votera le budget de la commune.

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