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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Quel beau dimanche pour la saison ! – semaine 8 – 2142 ± 7

… bien que pluvieux !

Les duettistes de l’an dernier, lors de la farce électorale dite de fusion des trois collectivités territoriales alsaciennes, viennent de frapper à nouveau très fort. Mauvais perdants, mauvais joueurs, susceptibles, et somme toute orgueilleux, Messieurs J. Fortier et F. Buchy remettent le couvert en, prenant prétexte de la "réforme territoriale" engagée en loucedé par le président de la République et son premier ministre. On connaît la chanson, en finir avec le mille-feuille administratif et faire atteindre aux régions cette fameuse "masse critique d’une région à taille européenne" qui leur permettrait de faire le poids face [ puisque l’on est en concurrence ] aux Länder allemands.

Il n’est pas inutile de rappeler quelques vérités sur ces masses critiques, concept économico-financier qui veut faire croire qu’il faut être gros, et pourquoi pas gras, pour compter dans le grand charivari mondial.

Faisons les comptes : les près de huitante-deux millions d’Allemands habitent seize Länder, dont six ont une population inférieure à deux millions quatre cent mille habitants, donc plus ou moins comparable à celle de l’Alsace.

Hambourg : 1 798 455 hab. ; Brême : 661 000 hab. ; Sarre : 1 014 000 hab. ; Thuringe : 2 224 000 hab. ; Saxe-Anhalt : 2 317 000 hab. ; Mecklembourg-Poméranie-Occidentale : 1 636 400 hab.

Qui oserait affirmer que Hambourg ou Brême sont quantités négligeables ? On pourrait procéder au même exercice en observant les cantons suisses, et on s’apercevait que cette notion de "masse critique" est d’abord un prétexte servant de cache-sexe à l’incapacité de ceux qui sont aux manettes de savoir écouter ceux dont ils ne sont que les mandataires.

Mais qu’importe, puisque l’essentiel est, qu’à l’instar de ce qui s’est passé avec le texte Giscard en 2005, que l’on fasse rentrer par la fenêtre ce que le suffrage universel a mis à la porte. Donc, c’est le forcing pour nous persuader que si nous n’avons pas aimé le conseil soi-disant unique, c’est parce que l’on va nous faire détester la région SGE [ Super-Grand-Est ].

On reste confondu devant une telle posture qui n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé après 2005, lorsque le texte Giscard nous est revenu en boomerang sous la forme du traité de Lisbonne.

[ En passant, remarquons que c’est ce traité de Lisbonne qui est convoqué quand il s’agit de justifier le "renforcement" des régions métropolitaines. Décidément, ce n’est plus une coïncidence. ]

C’était la même chose, mais l’emballage avait juste un peu changé de couleur, et nous avions des cornes à ne plus passer sous les portes. Merci la clique !

Cette fois, la même chose, et en pire, avec le Boulanger, battu il y a un an, qui commence à faire la roue en se rêvant déjà Charlemagne super-régional, à la tête d’un ensemble de 4 356 000 habitants, abritant un potentiel industriel considérable et au carrefour des cultures. Voilà-t-il pas que notre préféré fait son caractère, comme on dit des enfants capricieux, en exigeant, rien de moins, que le président de la République clarifie la situation et adopte, enfin, un calendrier cohérent. Excusez du peu !

Mais, est-ce bien là le problème ? En fait, en tentant de rejouer un match perdu, en prêtant main-forte à un président de région démonétisé, Messieurs J. Fortier et F. Buchy embrassent cette posture qui fait les choux gras de toute cette insupportable extrême-droite, nostalgique de l’ordre nouveau, de la révolution nationale et de la terre qui ne ment pas, elle.

Que dit-elle à ces micros d’autant plus tendus que ce courant politique largement minoritaire représente, au mieux, 7% des électeurs inscrits [ eh oui, recueillir 17,90% des voix quand il y a 79,48% de votants, cela fait 7,03% des inscrits ! ] : que la classe politique se moque du peuple [ que par ailleurs elle honnit ] et qu’elle le dépossède de son vote [ ce qui est malheureusement vrai ! ]. Cela revient à dire que toute initiative prise en porte-à-faux avec une décision référendaire revient à crédibiliser un peu plus des gens dont le rêve ultime est de supprimer les élections, de supprimer les partis politiques, de supprimer les opposants, de supprimer tout ce qui ne leur ressemble pas. C’est la grande différence avec les démocrates qui refusent, eux, de se situer sur ce terrain et qui reconnaissent le droit à chacun à l’expression, à la proposition et à la contestation.

Au passage, on peut s’interroger sur la nature-même du referendum, dont on sait qu’il est quasiment proscrit en Allemagne parce qu’il ramène aux années brunes, quand le national-socialisme en faisait le pendant à une classe politique qu’il était bon de mépriser et de traîner dans la boue, au propre comme au figuré.

Au lieu de remettre sur le tapis l’initiative bâclée du Boulanger, nos Laurel et Hardy de la presse régionale de complaisance auraient mieux fait de lancer la question du mode de représentation des diverses sensibilités de la société. Quand bien même le national-frontisme est insupportable, il l’est encore plus que le siège de la représentation nationale lui soit quasiment interdit. Mais ça, on n’en parle d’autant moins que l’on redoute des scenarii comme il vient de s’en jouer dans une dizaine de communes, où avec 30% à 40% des voix, l’extrême-droite parvient à détenir l’intégralité des pouvoirs, sans aucun garde-fou [ formulation qui prend, en l’occurrence, tout son sens ! ].

Pendant ce temps-là, on en est à se demander si l’abstention, fin mai, sera encore supérieure aux 57% de 2009, avec des pointes à plus de 70% dans six pays, le record étant détenu par la Slovaquie où un peu plus de 80% des électeurs avaient boudé les urnes ! Rappelons-nous qu’il y a trente ans, cette abstention, déjà qualifiée de préoccupante, était de 37% ! Est-ce étonnant quand l’opinion publique estime, pour ses deux tiers, que sa voix ne compte pas dans le concert d’une union européenne dont l’image négative ne cesse de progresser [ + 14 points entre 2009 et 2013 ! ]. Ajoutons-y cette manie des partis politiques, notamment en France, qui se servent du Parlement européen pour "recycler" leurs élus battus lors de scrutins nationaux, plutôt que de présenter des candidats au fait des affaires européennes. On peut alors douter de l’effet que produira le slogan retenu pour la campagne selon lequel "cette fois-ci, c'est différent"

 

Amis au fait, quand on lit la presse, que nous dit-elle de l’Europe ? Que fait l'Europe, pour nous, au quotidien ? On le sait dès le chapeau, elle s’occupe des banques et du téléphone, l’essentiel en effet, quand les murs du berceau de la démocratie sont maintenant recouverts de ce graffiti, "Vasanizomai", "Je souffre". Apparu il y a cinq ans, il a exprimé la psyché collective qui glisse vers une profonde tristesse, résumait un hebdomadaire. "Vasanizomai" a donné, en 2012, son nom à une des nombreuses créations à évoquer la crise, une crise omniprésente comme en mars 2013 quand dix-sept écrivains grecs décrivaient "L'empreinte de la crise" dans un recueil de nouvelles. Les enfants ont ainsi pu lire "La classe qui a vaincu la crise", où le petit Nikiforos tente de comprendre "cette crise qui perturbe la vie, provoque l'anxiété et la douleur de ses parents".

Donc l’Europe, à part provoquer la sidération des peuples pour mieux les affamer ensuite, que fait-elle ? Eh bien soyez rassurés, des journalistes ont bien résumé la situation, en quelques points fondamentaux :

le téléphone portable, la banque pour tous [ sic ! ], les cigarettes, les bonus [ pour les "traders" ], les assiettes [ ou ce qu’on nous met dedans ].

Elle est pas belle la vie ?

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