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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Quel beau samedi pour la saison ! – semaine 8 – 2143 ± 7

On a tout de même eu une sacrée veine d’accueillir dans nos murs le tandem de choc, "les twins 2014", présentés par le parti socialiste dans la "circonscription Grand-Est" aux prochaines élections européennes. D’abord parce que la poignée de participants à la sauterie a pu plus ou moins dialoguer un moment avec celle et celui que nous ne sommes près de revoir de sitôt, ensuite parce qu’il est toujours intéressant d’entendre l’un ou l’autre s’embarquer dans ces tunnels oratoires desquels il est difficile de sortir indemne, enfin parce qu’il aura fallu près d’une petite semaine à l’équipe des DNA pour mettre un peu d’ordre dans le salmigondis verbeux qui a été infligé aux participants à la soirée.

Précision d’usage : contrairement à ce qui est claironné, si nous "élirons" bien 74 personnes pour nous représenter dans la Babel argento-bruocsellienne, et que cette cérémonie rituelle se déroulera bien le 25 mai prochain, ce n’est pas parce que les "députés" seront élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle à un tour que les électeurs choisiront donc [ ?! ] une liste (sans rayer de nom)  [ ?! ]. Non ce sera du fait d’une manière de procéder antidémocratique qui privera, dans la circonscription du Grand-Est, ceux des électeurs qui n’auront pas choisi une liste dont le résultat sera supérieur à 11%.
[ ils partagent l’infortune des habitants de l’Ouest, alors que 8% suffisent en Île-de-France ou dans le Sud-Est, 10% dans le Nord-Ouest et le Sud-Est, et ne parlons pas de la malchance de ceux du Massif Central-Centre chez qui 20% seront nécessaires pour avoir un élu ! On comprend mieux la grande assurance de tous ceux qui se relaient pour nous expliquer la signification du second terme du triptyque républicain… ]
Si la circonscription nationale avait été restaurée par la Chambre élue en 2012, il aurait suffi de 5% pour qu’une liste ait des élus, entre trois et quatre en l’occurrence.
Ajoutons, mais cela ne surprendra personne, que le fait de devoir se plier à une liste préétablie par des états-majors soucieux de recaser les ajournés du suffrage universel national est choquant par nature et qu’il serait facile de permettre le vote préférentiel, système auquel nous sommes au moins deux à croire en France, Monsieur A. Lamassoure, ancien ministre, et Pumpernickel [ voir ce blog 21 mai 2009, 9 janvier 2010 et 4 novembre 2010 ]. Le "…donc…" de "…choisiront donc [ ?! ] une liste (sans rayer de nom)…" est au mieux une maladresse d’écriture.

Que s’est-il donc dit lors de cette soirée mémorable ? Les invités à la fête ont eu le plaisir d’entendre le Funambule s’approprier des "projets" qu’il a trouvés en arrivant à la mairie en 2008, et donc auxquels il est plus ou moins étranger :
– si des subventions "européennes" ont été versées pour refaire le relais culturel [ parce que c’est comme cela qu’il s’appelle ], c’est parce qu’en échange, son prédécesseur avait bricolé un pseudo-projet transfrontalier brocardé à l’époque par… ce blog sur lequel vous pouviez lire à la page du 20 novembre 2006, catégorie conseil municipal :
"Point 1, le relais culturel.
Pour obtenir des fonds européens, on a constitué un ensemble culturel regroupant Wissembourg et Bad Bergzabern, ce qui va de soi et constitue la reconnaissance de ce que chacun mesure au quotidien de la communauté culturelle entre les deux villages. Si les instances européennes se laissent prendre au jeu, acceptons-en les termes, et qu’il soit en même temps reconnu que cela ne recoupe aucune réalité. Essayez par exemple de parler français lors de l’un de vos prochains déplacements là-bas… Mais comme il faut bien justifier l’octroi d’un demi-million d’euros pour faire des travaux qui n’ont pas été anticipés au relais culturel, on recourt aux grosses ficelles des subventions, de préférence prestigieuses, mais qui ne trompent pas ceux qui savent. Signalons que ces 500 000 € sont conditionnés à une participation des Allemands à hauteur de 200 000 €, elle-même impliquant que la commune de Wissembourg paiera 200 000 € pour l’aménagement de la piscine allemande. En somme, tu me refais mon espace culturel et je te refais ta piscine. Que chacun apprécie !"
– si on veut bien lui mettre à l’actif le dossier "train-train", cela est moins facile pour la station d’épuration sur laquelle vous pouviez lire ceci sur ce blog, le 22 mars 2009, à l’occasion de la préparation du conseil municipal :
"Point numéro 16 : achat de parcelles pour la station d’épuration
Est-il possible d’envisager que cette station d’épuration devienne une réalité ? Parce que depuis le temps qu’on en parle, a-t-on fait le compte des “ études ”, des “ prestations intellectuelles ”, des “ réflexions ”, des “ réunions ”, et des “ que sais-je encore ? ”, que cette histoire a occasionnée ? Con-clu-ons !"
Cela permet de relativiser les réflexions du Funambule sur la coopération transfrontalière. Ensuite, il est trop facile d’enclencher sur les obstacles réglementaires ou administratifs qui complique[raie]nt la coopération. On croirait entendre le porte-parole du MdEdF, ex-CNPF, ex-200 familles, ex-maîtres de forges, nous parler des cotisations sociales ou du droit du travail, ce qui ne le fait pas trop pour quelqu’un catalogué "divers-gauche", ne trouvez-vous pas ?

Il est également curieux d’entendre un ex-syndicaliste de la sidérurgie lorraine, emboucher le même genre de trompettes. À moins qu’à l’instar du papillon, il ait oublié qu’il avait été chenille dans une vie antérieure.
Pas étonnant que notre Funambule "divers-gauche" en remette une couche sur le thème cher à la droite, qui l’a mis au goût du jour sous le cabinet Raffarin, en nous parlant d’expérimentation pour l’hôpital. Comme tout le monde est à l’œuvre depuis une bonne vingtaine d’années [ ainsi était-il habituel, il y a quinze ans déjà, qu’un Français, accidenté en Allemagne, soit hélitransporté à Wissembourg et opéré en urgence par un médecin allemand qui y exerçait ; de même, un Français pouvait-il bénéficier, il y a quinze ans déjà, des services de l’IRM de Landau pour affiner un diagnostic, et ce sans attente excessive ; mais comment le Funambule, en équilibre instable sur une "victoire" plus qu’étriquée, pourrait-il le savoir, lui qui n’a besoin de personne, lui à qui il ne manque sans doute qu’une Harley-Davidson ! ], il pourra sans doute s’enorgueillir d’une "avancée majeure" ou d’un "geste fort" qu’il n’aura eu que le mal à les ramasser sans avoir fourni d’autre effort que de se promener d’une estrade à l’autre pour y débiter son boniment.
De quoi a l’air l’ex-maire de Strasbourg quand elle propose une carte de santé transfrontalière ? À quoi lui sert-il donc d’avoir "eurodéputée" quelques mandats durant ? Et d’ailleurs, quel est son bilan effectif ?
Au-delà de l’exercice incantatoire ordinaire sur le nombre de destructions qu’il faut pour que l’on se demande enfin comment coopérer et éviter que l’on soit concurrent en Europe [ question sans intérêt, mille fois posée, ressemblant à ces connecteurs linguistiques qui permettent aux rhéteurs de comice agricole de reprendre leur souffle tout en occupant la tribune ] ou de la psalmodie sur ces états qui doivent être moins égoïstes [ tout est dans le "moins" : à partir de quand l’égoïsme est-il acceptable ? ], de quoi a l’air l’ex-syndicaliste, fer de lance de la résistance des ouvriers de la métallurgie lorraine, quand il prétend que 80% des lois des pays membres de la soi-disant union soi-disant européenne émanent de "l’Europe" ?
C’est un "argument" usé jusqu’à la corde qui a la même valeur que ces fumeux-fameux 3% dont on nous rebat les oreilles. Il date de 1992, après la signature du Traité de Maastricht, quand le président de la Commission européenne de l’époque, Monsieur J. Delors, avait déclaré qu’en 1998, plus de 80% des textes nationaux seraient communautaires. Le problème, c’est que ce n’est ni vrai, ni faux, donc que cela ne doit être en aucun cas un argument. Au Sénat, un administrateur chargé de la documentation pour le service des affaires européennes, Monsieur D. Mahé, a déclaré qu’il n’y a jamais eu d’étude sérieuse sur le sujet [ encore un malhonnête intellectuel, sûrement ! ]. Personne ne sait d’où vient cet ordre de grandeur, indique la Fondation Robert-Schuman, à qui on attribue la paternité de cette assertion, qui précise n’avoir jamais rédigé de rapport sur le sujet et qu’aucune étude aujourd’hui ne fait état d’un inventaire précis sur ce point sur lequel certains parlent de 60%, d’autres de 70, 80, voire 90%, rappelle la Fondation.
En 2002, le vice-président du Conseil d’État, Monsieur R. Denoix de Saint-Marc était entendu sur le sujet devant la délégation pour l’Union européenne de l’Assemblée nationale. Il avait alors précisé qu’environ la moitié de la législation nationale française était d’origine communautaire, précise l’administrateur du Sénat qui estime la proportion entre 50 et 60 % et non 80 % comme il est régulièrement, et péremptoirement affirmé.
Le Conseil d’État a étudié la question en 1992 et en 2007. Un premier rapport correspond à la mise en œuvre du "paquet Delors" en France, un ensemble de plus de 300 directives visant à instaurer le marché intérieur. À l’époque, les 80% ont sans doute, ou peut-être, été une réalité.
Aujourd’hui, le conseiller d’État Monsieur J.-L. Sauron estime que c’est probablement un peu moins, et surtout que c’est variable selon les secteurs. Dans le domaine agricole, jusqu’à 100%, la politique des équipements étant elle aussi très influencée par l’UE, estime-t-il. En matière d’environnement, il est très probable que 80% de la législation française soit d’origine européenne, mais pas en matière de santé ou d’éducation, pronostique pour sa part la Fondation Robert-Schuman.
Comme on peut le constater dès que l’on se renseigne un peu, on est loin du compte et des épouvantails agités par les uns et les autres pour justifier leur inaction, leur servilité, leurs renoncements ou leurs absences.

Il n’est pas surprenant que, dans ce contexte, lorsqu’on les interroge, "les Français" soient à 3 pour 10 en faveur une simple coopération des pays de l’UE, à 2 pour 10 pour la fin d’une UE qui n’est à l’évidence pas faite pour eux [ pour voyager sans entrave, mieux vaut être un billet de banque que Roumain ou Bulgare ] quand une minorité souhaiterait un renforcement de l’intégration des pays de l’UE [ 2 pour 10 ] et une partie de ceux qui restent, un renforcement de l’intégration concernant seulement les pays de la zone euro [ ah, l’argent ! ].
Ce manque d’adhésion à un projet vidé de sa substance originelle serait l’effet du manque d’information sur une UE perçue comme lointaine et technique. Ah bon ? Il serait sans doute intéressant d’aller expliquer cela aux milliers de petits Athéniens souffrant de malnutrition, ou à leurs parents qui se précipitent dans les rets de la droite fascisante et ouvertement nazie qui prospère sur le fumier des dividendes versés aux actionnaires des banques recapitalisées aux frais des citoyens.
Mais des questions reviennent, sans que jamais des réponses leur soient apportées : l’environnement et l’énergie avec avantage à l’UE, l'emploi, la protection sociale, la fiscalité et le budget avec la légitimité revenant au gouvernement. C’est vraiment à désespérer !
Il est aussi vrai que si l’on s’est empressé de réaliser l’Europe des capitaux, celle des travailleurs, de la justice fiscale, du droit du travail, de solidarité internationaliste, de la sobriété énergétique, des circuits courts, de la réappropriation sociale ou de l’éducation populaire peut attendre. Et ce ne sont sûrement pas ces personnages à l’envergure microscopique qui viennent nous voir comme on va au zoo, histoire de se ressourcer dans une "vraie vie" qu’ils ont complètement oubliée, qui vont y changer quoi que ce soit.
Terminons sur les conclusions de cette étude qui se passent de commentaires :

Pour 50 % des sondés, l’Europe devrait incarner la paix, signe d’une forte inquiétude quant aux dix années à venir. À la question "– Que doit garantir l’UE dans les dix prochaines années ? ", les sondés répondent seulement à trois pour dix la démocratie, traduisant le désenchantement démocratique.
"Les citoyens s’avouent désabusés quant au fonctionnement de notre démocratie représentative et au comportement de nos élus. Ils préconisent de moraliser la vie publique et de réaliser des économies par le non-cumul des mandats, et la limitation des indemnités parlementaires."
Si ce sont les citoyens qui nous le disent…

 

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