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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

quel mardi pour la saison ! – semaine 8 – 2140 ± 7

Hier lundi 12 mai, nous avions la version "continuons ensemble divers-gauche funambuliste" de l’agro-pâturage appliquée à la gestion des espaces verts urbains. Il s’agit, vous l’aurez senti, du traitement de la pousse de l’herbe sur les remparts de la commune. C’est assez particulier en ce que les animaux, le plus souvent débonnaires et silencieux, sont remplacés par des machines intrusives et bruyantes pilotées par des opérateurs le plus souvent abrutis de fatigue et empoisonnés aux gaz d’échappement. C’est l’une des déclinaisons du progrès qui permet ensuite de faire valoir de l’activité et de justifier des heures de travail, sans que l’on n’ait jamais à justifier la pertinence de tout ce tohu-bohu. Ajoutons que pour les konomistes [ comme les appelait Michel Onfray quand il était encore drôle ], tout ce gâchis de matière première, d’énergie et d’agitation compte comme du positif dans le calcul du produit intérieur brut.
Renversons le point de vue et interrogeons-nous sur l’état dans lequel ces lieux sont laissés une fois que l’équipe de liquidateurs a terminé d’agir : l’herbe est au sol, prête à pourrir, les graminées qui pourraient pousser de-ci de-là sont broyées, le vert est remplacé par une dominante marron du plus insupportable effet, et on se prépare à la prochaine campagne qui devrait intervenir d’ici deux à trois à semaines selon l’humidité et la température "puisque les beaux jours nous accompagnent depuis déjà quelques semaines, et voici maintenant l’été !" [ vous avez reconnu une citation de cet "édito" signé de Monsieur le maire, paru dans son dernier opuscule dans lequel il se réjouit de constater que "les associations se mobilisent pour [ nous ] proposer de nombreuse manifestations, nouvelles ou traditionelles [sic], faute d’orthographe comprise, au point que l’on se demande à quoi ça sert de payer cette cellule de propagande qui nous pond un "ours" de derrière les fagots en forme de carte postale, où l’on ne reconnaît pas la marque de fabrique ].
Tout cela est d’un conformisme affligeant qui donne l’image d’une municipalité proche de la date de péremption, à bout de souffle, en panne d’imagination. Faut-il s’en étonner ? À vivre dire non, et absolument non, puisque si l’on s’en remet aux documents fournis lors de la campagne électorale, il est remarquable de constater qu’aucune idée générale ne conduit l’action qui sera menée, au cas où ce serait le cas. Ah si tout de même, puisque les deux ou trois semaines qui ont suivi le modeste triomphe du 30 mars dernier, l’essentiel de l’activité de la municipalité, ou du moins du Funambule, puisqu’il a été élu sur le fil, a consisté à tenter de battre le rappel du ban et de l’arrière-ban de ce que l’on prenait pour des amis, et qui étaient au mieux des obligés, pour les persuader de voter pour sa très gracieuse personne à la présidence de la communauté de communes. Si on prend pour une fois le parti des libéralistes, c’est-à-dire le leur, le sien, celui de ceux qui ne jugent qu’aux résultats, c’est d’abord de désastre qu’il faut parler lors du troisième tour de l’élection municipale, et rien d’autre.
Mais tout n'est pas perdu puisqu'un lot de consolation vient d'échoir à la sixième adjointe qui vient de recevoir des mains de l'ancien maire délégué de Bremmelbach, et grand soutien du Funambule, les clefs du SIVU forestier du pas de Wissembourg. Félicitations à l'impétrante !
Entre nous, si les représentants des diverses communes avaient appris que le maire du bourg-centre, l’homme à la victoire étriquée, avait pris le taureau par les cornes pour faire aboutir l’un de ces projets d’implantation industrielle dont il ne nous parle qu’à chaque échéance électorale, ils auraient sans doute été impressionnés par le personnage et auraient été tentés de lui faire confiance. En lieu et place, on s’est contenté d’en faire le siège pour leur promettre quelque sinécure complètement hors du temps et de propos. Mais bref, laissons-le à ses fantasmes et à ses chimères, parce qu’il paraît que notre homme a de grandes ambitions pour les années à venir, d’autant plus que le président de la République vient de lui accorder un délai supplémentaire en retardant d’un an les élections régionales et cantonales.
Pour paraphraser celui à qui on a confié le soin de lire la présentation du budget qui lui a été fournie, qu’est-ce qu’une idée générale ?
Ce pourrait être que chaque action, chaque décision, chaque réflexion soit envisagée dans le but d’atteindre par exemple la division par deux de la facture énergétique globale de la commune, ce qui englobe les services communaux ET les particuliers, ou encore de tout faire pour relocaliser l’emploi à Wissembourg [ et quand on parle d’emploi, il s’agit de création réelle de richesse réelle, et non de la multiplication d’entrepôts de commercialisation de produits soi-disant bon marché parce qu’ils sont fabriqués dans les usines-bagnes des pays dépourvus de législation sociale ], deux grandes causes pour lesquelles il aurait été incontestablement avisé de mobiliser la population locale.
Pour en revenir au "nettoyage" des bords de rempart de la ville, à quoi sert de gaspiller de l’énergie et de gros moyens technique servis par des travailleurs que l’on abrutit de cadences infernales alors que le même service pourrait être rendu en faisant appel à des animaux, moutons ou chèvres, qui, en plus de brouter, nous gratifieraient de leur viande une ou deux fois par an. On imagine que le dernier paysan de Wissembourg, éleveur de son état, serait sans doute ravi de pouvoir signer une convention d’entretien avec la commune, en échange de quoi il fournirait la viande au méchoui organisé lors des fêtes de quartier qui devraient nous rassembler. Gain de temps, gain d’énergie, partage de la richesse, organisation de rencontres à taille humaine, on aurait là une initiative qui serait d’autant moins critiquable qu’elle n’aurait même pas besoin d’être expliquée à grands coups de plaquettes, de "flyers", de kominikation à la petite semaine, de gesticulation pathétique dont le but ultime est non pas de contribuer à améliorer la condition générale des habitants mais simplement à se persuader que l’on existe, quand on sait fort bien que l’on se contente de survivre.
Mais cette proposition énoncée il y a maintenant deux ans, en avril 2012, n’a bien entendu suscité que des ricanements, des haussements d’épaule ou des réflexions méprisantes que l’on aurait aimées spirituelles. Sans doute y reconnaissait-on trop "le prof’ de techno" pour que l’équipe de conceptuels inspirés qui, de fait, gouverne la ville s’interroge sur sa pertinence et, par exemple propose une rencontre à celui qui l’avait énoncée, histoire de voir ce que l’on pouvait en tirer.
Décidément, on se demande ce que l’on a fait pour mériter ça.
À tout hasard…
Les six conseillers municipaux d’opposition seraient sans doute bien inspirés d ne pas retomber, tout de suite, dans les travers de leurs prédécesseurs en organisant au plus vite les assises municipales de Wissembourg et Weiler, parties du bourg-centre dont ils sont, de fait à défaut de l’être de droit, les représentants légitimes de la population : on pourrait y aborder tous les thèmes évacués par la municipalité actuelle, trop occupée a caresser les uns et à amadouer les autres pour s’intéresser aux grands défis qui assaillent la commune et qui s’appellent emploi, sobriété énergétique et formation des jeunes, par exemple.

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Éric 14/05/2014 10:02

Il faut maintenant convaincre les employés d'outil Wolf de transformer leur usine en bergerie...

pumpernickel 14/05/2014 21:18

enfin un peu d'humour ! bien vu, éric, que je ne connais pas.