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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

si beau jeudi pour la saison ! – semaine 9 – 2131 ± 7

Aujourd’hui, c’est le démarrage d’"électoral circus", la comédie de la pseudo-élection d’un parlement dont tout le monde sait qu’il est dépourvu de vrais pouvoirs. En plus, le nombre de ses membres signe son incapacité à agir. Il n’est rien d’autre qu’une tribune offerte à quelque tribun d’occasion, quand il se contente d’assister, en toute faiblesse, et toute honte bue, à la mise à mal de toute forme de réglementation qui contrarierait "les marchés" et leurs larbins libéralistes.
Comme si ça ne suffisait pas, et que le système, comme dit l’aphorisme, a fait ses preuves et qu’elles suffisent à l’accabler, on découvre, enfin, que, le mode d’élection étant si différent d’un pays à l’autre, les "parlementaires" peinent à asseoir leur légitimité.
Eh oui, une voix ici ne compte pas comme une voix là-bas, et on doit même ajouter, une voix est inutile ici quand elle est utile là-bas.
Que dirions-nous si, dans notre propre pays, il y avait quatre façons d’élire un député, selon que l’on habite au septentrion, au couchant, au méridional ou au levant ? Eh bien, au sein de cette fameuse "nation européenne", c’est encore mieux, ou pire, puisqu’il doit bien y avoir une dizaine de modes d’élection selon les états membres. De même ne peut-on qu’être scandalisé de constater que si chez les uns la circonscription est nationale, chez les autres, elle est régionale, ou grand-régionale pour la France.
Et après, on s’étonne du désintérêt des "citoyens" vis-à-vis de cette construction !

Le sujet est tellement sérieux qu’une équipe de chercheurs s’est penchée sur lui et a mis en place un site sur lequel vous trouverez d’une part des renseignements sur trois méthodes d’élection et d’autre part la possibilité de voter selon ces trois modes. Malheureusement, il faudra attendre les jours qui suivent le 25 mai pour savoir quels sont les effets sur les résultats des différents systèmes proposés.

Ce que l’on sait déjà, c’est qu’en France, c’est sur liste fermée, c’est-à-dire que nous n’avons notre mot à dire sur rien. En plus, le territoire a été morcelé en circonscriptions injustes mais cela a déjà été abordé ici récemment. Dernier point, on attribue les sièges à la plus forte moyenne, méthode qui favorise les partis dominants, alors que le plus fort reste corrige les inégalités. Bref, chez nous, on cumule le pire.
Le second modèle proposé est celui de la Lettonie, à liste ouverte : on se prononce pour une seule liste mais il est possible de rayer le nom d’un candidat ou bien de lui accorder un bonus en cochant la case à côté de son nom ; les sièges sont attribués aux candidats ayant obtenu le plus de voix.
La dernière possibilité offerte est celle en vigueur au Luxembourg, dite du panachage et vote cumulatif.
Disposant d’autant de votes qu’il y a de sièges à pourvoir, l’électeur à la possibilité de choisir sur une liste ou sur des listes différentes. Le nombre de sièges attribués à une liste est déterminé par le total des votes recueillis par les candidats de cette liste.

Comme personne n’est parfait, les lecteurs de ce blog se demandent pourquoi une place n’a pas été faite au vote préférentiel, en vigueur aux Pays-Bas, où l’on vote pour une personne d’une liste, donnant une voix à la liste, et dans la liste une voix à la personne. Pumpernickel aussi.

À écouter les "zekspères", la manière de voter reflétant le système politique de chaque pays, il serait compliqué de demander aux Européens de voter tous de la même manière, et le même jour [ dixit le porte-parole de la Commission européenne pour le Luxembourg ; encore un qui mérite bien ses émoluments ]. Ah bon, puisque ce sont les "zekspères" qui le disent, ce doit être vrai.

[ Ce genre de réflexion fait penser à ces dictatures qui soutiennent que la manière d’envisager les droits de l’Homme est le reflet de la culture de ces dictatures, si tant est qu’une dictature ait une culture, à moins que l’intimidation, la délation, l’emprisonnement arbitraire ou la torture soient des phénomènes culturels. ]

Il paraît aussi que le vote plus ou moins préférentiel, quand c’est le citoyen qui a le dernier mot, peut générer des disputes à l'intérieur des partis, car les candidats sont en compétition pour les votes des électeurs. Là, ce sont d’autres "zekspères" qui l’avancent, ceux-là même qui ont mis une simulation en place pour savoir si les différents modes de scrutin ont des conséquences directes sur les résultats.
Comme on le voit, ça n’est pas près de s’améliorer, et il sera, une fois de plus facile de se mettre d’accord pour faire circuler l’argent, les dividendes, les aides aux banques ou les marchandises réimportées que de faire une place, même minime à cet insupportable peuple qui ne mérite qu’un traitement : être dissout pour qu’on en élise un autre, plus intelligent, dont on pourrait faire le bonheur de préférence malgré lui et qui ne s’obstinerait à voter "NON" quand on lui en laisse la faculté.
Utopie ? Que nenni puisque c’est déjà le cas avec ces "panels de citoyens" mis en place par des instituts de sondage à la solde du pouvoir politique qui sont "consultés" sur les grands sujets de l’instant et "nourrissent" la réflexion des décideurs.

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