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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 12 – 2110 ± 7 – une information, quelle déformation !

Le dernier numéro, sans doute grassement rémunéré, de l’ancien président de la République qui nous a fait tant de bien lorsqu’il était en fonction, a été l’objet de commentaires divers de la part d’une presse qui sait manifester toute son indépendance, son courage, et son abnégation quand il s’agit de décliner tous les cas de la déontologie. Que l’on en juge !
On ouvre le bal avec les amis du Figaro et du Point, l’un parlant d’un "ex-président suisse agacé" quand l’autre ose un condescendant "Sarkozy houspillé par un ex-conseiller fédéral suisse". Il s’agit des mauvaises manières d’un personnage qui s’y croit encore et qui pense que c’est en moulinant de l’air qu’il fera oublier le tintamarre des batteries de casseroles qui lui collent aux basques. On pourrait aussi espérer que ceux qui ont l’imprudence de l’inviter comprennent enfin qu’il n’a rien à dire, à qui que ce soit, tant son bilan est de fait désastreux et ses propositions, pour autant qu’il les formule, dénuées de tout intérêt. On le connaît par cœur, car il se contente de reprendre en boucle la doxa libéraliste de ses généreux amis du CAC40 ; quand il prétend inventer, c’est pour nous sortir un catalogue de lieux communs sur tout ce qu’il faudrait faire, chacun de ses propos étant démenti dans l’heure par une énième révélation sur son comportement.
Cette fois, il était à Interlaken, où il avait, comme une s’il s’agissait d’un psectacle, tout réglé pour pouvoir pérorer à son aise, devant un public trié, sûr que personne ne viendrait l’interroger sur "les affaires le concernant".
Ce qui ne l’a pas empêché de se croire un destin, à défaut d’une destinée, auquel il est contraint de se soumettre. Il va bientôt nous dire qu’il est en prise directe avec le Ciel ! Euh, non, c’est parce qu’il veut prendre la présidence de l’UMP ! C’est vrai qu’il la vaut bien, avec cette dizaine de millions qu’il a mendiée auprès des militants pour éponger ses dettes de campagne.
Pour en revenir à Interlaken, Monsieur y a fait une première fois son intéressant et montré des aspects éprouvants de son caractère : cassant, autoritaire, velléitaire, hautain et prétentieux, les auditeurs ont droit à la totale. Mais après tout, c’est bien fait pour eux. Et c’était "moi, je" vs "je, moi", selon les journalistes présents, sa voix et l'écho des montagnes d'Interlaken, a même ironisé lundi l'éditorialiste du quotidien suisse le Matin.
Il a ensuite remis le couvert l’après-midi, lors du débat qu’il a montré l’étendue de son prétendu talent, quand, se lançant dans un "one man tiède" aurait dit Pierre dac, il a fait son numéro, relançant sa rhétorique par des mimiques dans une sorte de spectacle complètement décalé. Il a critiqué la Suisse au système politique désuet et inefficace, heurtant son auditoire, et singulièrement son hôte, ancien président de la Confédération, Adolf Ogi. "Il est allé trop loin. Il fallait dire stop. Je l'ai interrompu", raconte Adolf Ogi dans Le Matin. "Si une personne se montre irrespectueuse envers notre pays, je ne laisse pas passer", conclut-il. Et le Figaro de s’arrêter là.

 

Côté Point, c’est à peu près la même soupe avec un ex-président, invité d'honneur du Swiss Economic Forum d’Interlaken, qui a donné une prestation qui n'a pas été du goût de tout le monde.
Qualifié d’intervenant-vedette, l’hebdomadaire reprend les propos d’Adolf Ogi au Matin : "Lors de ce "mini Davos" qui réunissait, dans la très huppée cité lacustre d'Interlaken, quelque 1 350 chefs d'entreprise, Monsieur N. Sarkozy a manqué de respect à la Suisse."
C’est vrai que notre ex avait été mis en garde une première fois, avertissement qui n’a pas calmé notre suractif qui s’en est pris au turn-over annuel du président suisse, et au système des sept conseillers fédéraux. "Il est allé trop loin. Je l'ai interrompu." a indiqué l’ancien conseiller fédéral qui a poursuivi avec un cours sur la richesse de la Suisse avec ses quatre cultures, ses 26 cantons, ses plus de 160 ans de paix, enfonçant le clou avec une Confédération reste pour beaucoup un exemple de ce que l'Union européenne essaie en vain de créer.
L’heddo continue en citant toujours : "– J'ai toujours exigé de mes interlocuteurs, y compris des plus puissants, le même respect que je leur accordais", indique celui qui nourrissait des relations privilégiées avec Jacques Chirac et François Mitterrand." "– Oui, la Suisse ne doit jamais se laisser marcher sur les pieds. Nous devons discuter d'égal à égal avec tout le monde", assène-t-il pour terminer.
On monte manifestement d’un cran.

Et maintenant, qu’en pensent les Suisses ?
Le journal Le Matin titre : "Adolf Ogi cloue le bec de Sarkozy. Chamailleries entre deux ex-présidents : invité en Suisse, Nicolas Sarkozy dit tout le mal qu’il pense du système helvétique. Parlant d’irrespect, Adolf Ogi le coupe.
Là, c’est tout autre chose. Monsieur l’ex s’est fait couper la chique par quelqu’un qui n’en pouvait plus de l’entendre raconter ses salades au nom d’une gloire dont il ne peut se prévaloir et d’un mépris dont il a fait un système de gouvernement.
Comme le précise un autre journal, le SonntagsBlick, Adolf Ogi a renvoyé Nicolas Sarkozy à ses études, qui en profitait pour demander quelle mouche l’avait piqué pour qu’il se méconduise de la sorte ! les Helvètes rapportent les prétentions outrancières de celui qui a ordonné qu’il n’y ait ni caméra ni photos durant son intervention, et aucune question sur la politique intérieure française. À se demander pourquoi il était venu…
Puis, alors que Monsieur l’ex a pris un peu de repos, manifestement pas très réparateur, il revient à la tribune pour un débat avec une vingtaine de personnalités et sponsors. Mais il avait "superactif" à l’œil, heureusement. Constatant que "hyper-Sarko" profitait de l’occasion pour refaire son show, en expliquant que la Suisse devait entrer dans l’Union européenne, qu’un pays ne peut pas être gouverné par un président qui change chaque année, ou que notre système avec sept conseillers fédéraux est inefficace et désuet, il a considéré à juste titre, qu’il allait trop loin et que les règles de l’hospitalité ne contraignent pas à se faire humilié par son hôte. Il l’a donc interrompu parce qu’il manquait au devoir de respect de l’invité. "– Si une personne se montre irrespectueuse envers notre pays, je ne laisse pas passer. C’était le cas lorsque j’étais au Conseil fédéral. C’est toujours le cas aujourd’hui. Et ce le sera demain.", a encore tenu à préciser que la petite Suisse n’avait à courber l’échine devant personne.
Autant de formulations dont on n’a pas trouvé trace dans les commentaires et comptes rendus des chers confrères hexagonaux, qui tiennent avant tout à ménager celui dont ils s’apprêtent sans doute déjà à faire la promotion.

Mais le meilleur était encore à venir, avec cet éditorial du rédacteur en chef-adjoint du Matin qui démarre en trombe : "Ogi a-t-il eu raison de clouer le bec à Sarkozy ? C’est l’histoire du montagnard qui rabat le caquet au Parisien !" Alors, on est carrément dans le lourd, avec quelques formules de derrière les fagots comme nous n’avons plus l’habitude d’en lire dans notre libre, libre, libre.
Citons-le : "Nicolas a fait son Sarkozy, son citadin, son Parisien oubliant qu’avant d’être à un forum économique, il était à Interlaken, dans le canton de Berne, où c’est l’air, l’oxygène, l’alpha et l’oméga, bref, le paradis d’Adolf Ogi."
Et de continuer que "lorsque l’on vient à Interlaken devant Adolf Ogi, on se tient comme il faut, on essuie ses talonnettes avant d’entrer et on ne pisse pas contre les sapins. Et pourtant Nicolas Sarkozy a fait des caprices. […] Pourquoi pas, après tout, un caprice n’est-il pas constitutif du potentiel comique d’une star ? […] Le formidable [ au vrai sens du terme, c-à-d redoutable, ndlr ] Bernois ne l’a pas entendu de cette oreille. […] Il a mis fin au monologue et au caprice. Il a rappelé l’osmose entre la démocratie directe suisse et son système politique. Bref, il a rappelé que ce qui faisait de ce pays une magnifique exception dans le paysage civique mondial apportait de la sérénité."
Pour terminer dans le lyrisme sans emphase : "Ça fait du bien de savoir qu’il existe encore de vrais patriotes sur le chemin des nationalistes. Le patriotisme, c’est l’amour simple et entier des siens. Tandis que le nationalisme, c’est l’opposition des siens aux autres. Vendredi matin, le président montagnard comme un Parisien l’a clairement démontré au président parisien comme un montagnard"
Ça fait du bien de savoir qu’il existe encore de vrais patriotes sur le chemin des nationalistes. Le patriotisme, c’est l’amour simple et entier des siens. Tandis que le nationalisme, c’est l’opposition des siens aux autres. Vendredi matin, le président montagnard comme un Parisien l’a clairement démontré au président parisien comme un montagnard."
Ça valait tout de même le coup d’en parler, non ?

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