Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 22 – 2039 ± 7 – "réforme territoriale": et c’est là que les ennuis commencent !…

… pour tout le monde.

Le président du Conseil général de la Moselle, Monsieur P. Weiten, s'en prend ouvertement à la réforme du territoire voulue par François Hollande, dans des termes choisis : "Au lieu d'aller vers la cohésion territoriale et donc sociale, nous nous acheminons vers l'éclatement de celle-ci."
C’est ce que nous apprend l’édition électronique du "gratuit" luxembourgeois, L’Essentiel.

Notre homme n’est semble-t-il pas du tout du même avis que son collègue président de la région Lorraine, et encore moins de celui du Boulanger de Wimmenau, celui qui se voit déjà en Charlemagne du XXIème siècle.
Reprenant l’argumentaire bien connu de la proximité des élus départementaux par rapport à leurs administrés, il se fend d’une lettre ouverte de trois pages adressée ces derniers jours aux media. Passons sur le proverbe chinois appelé à la rescousse dont on se sait s’il veut faire rire ou pleurer [ le sage, le président de la République, qui montre la lune et l'idiot, l’élu local, regarde le doigt ], ou s’il faut le prendre au second degré.
Si on le comprend bien, il aurait voulu réformer en douceur et en "laissant du temps au temps", comme disait un ancien président de la république.
Plaidoyer pro domo, il s’agit de rappeler que les départements ont un rôle irremplaçable [ surtout pour les conseillers futurs ex-généraux et toute la structure qui les entoure, ndlr ] quand il s’agit de décider de tel nouvel équipement ou de penser l’avenir d’un bloc infrarégional. C’est vrai que lorsque l’on voit comment ça marche déjà, on ne peut être qu’inquiet lorsque des fiefs, de taille pertinente comme ils disent tous, auront été constitués et que comtes et ducs y règneront sans partage ni contrôle, en interprétant le droit [ du travail par exemple ] et la loi [ selon laquelle les citoyens sont traités sur le principe de l’égalité des droits ] selon les sacro-saintes spécificités locales. On va bien rigoler lorsque le droit local ne s’exercera que sur trois des dix futurs ex-départements de la maxi-région Alsace-Ardennes-Champagne-Lorraine ; et d’ailleurs pour combien de temps encore ?
Un truc drôle, pour Monsieur P. Weiten, le chef-lieu de cette nouvelle entité sera sans doute à Strasbourg, les autres sont prévenus.
Il tire évidemment la sonnette d’alarme de la dévitalisation territoriale qui ne laisserait aux habitants que l’écume de la vague, et encore.

Malheureusement pour Monsieur P. Weiten, Monsieur J.-P. Masseret, président de la Lorraine n’est pas tout-à-fait du même avis, il voit dans ces agglomérations un potentiel qu’il convient d’exploiter. Nous faisant le coup de la superficie [ près de 32 000 km² ], de la population [ plus de 5 millions d’habitants, qu’il suffit d’ajouter les uns aux autres pour en faire une entité cohérente et solidaire, tout le monde sait ça, ben voyons ] et enfonçant le clou du PIB [ 150 milliards d’euros ] sans trop préciser à quoi tout cela correspond, il veut démontrer l’utilité de cette construction pour les gens [ ? ], pour les entreprises lorraines [ ?? ], pour les innovations [ ??? ], pour les prises de positions dans la compétition internationale [ ???? ], en n’omettant pas de préciser que selon lui, es administrations seraient réparties sur tout le nouveau territoire, de façon à éviter le déclassement de Metz [ car chacun sait qu’il est capital d’être capitale ! ].
Sans oublier la résurgence des vieilles rancœurs, avec Monsieur F. Grosdidier, sénateur-maire UMP de Woippy qui, avec ses gros sabots, ne manque pas de rappeler l’Alsace-Lorraine n’a jamais été une communauté de destin choisie par ses habitants mais plutôt l’association temporaire et de fait d’un sort commun imposé par les diktats des défaites de 1870 dans un premier temps et de 1940 dans un second. Il y a déjà une bonne ambiance !

Tout ce ramdam au nom de l’allègement du coût du millefeuille territorial, de la simplification et de la modernisation alors que l’on ne sait plus si l’on va économiser 5% [ 12 milliards ] ou 10% [ 25 milliards ] du budget global des collectivités concernées grâce à ce big-bang territorial.

Le millefeuille, quel millefeuille ?

Le millefeuille, quel millefeuille ?

Voir en complément le très intéressant article de Rue89-Strasbourg, "Politique en Lorraine : on s’aime au moins autant qu’en Alsace".

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article