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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 29 – 1990 ± 7 – la carpe et le lapin

Alors ça y est, les deux associations de commerçants de Wissembourg vont se réunir, et ensemble, vont agir autrement qu’elles ne l’ont fait jusque-là, en ayant chacune sa petite initiative, son petit logo, son petit comité, et surtout, son président ou sa présidente en l’occurrence.
Au-delà du fait lui-même qui ne va sans doute rien changer à la situation économique et sociale de feu la sous-préfecture, on est frappé de la concomitance des événements qui se sont bousculés ces derniers mois.
Outre le fait que tout le monde se rappelle le soutien que le "pâtissier wissembourgeois Laurent Criqui" avait apporté, il y a six ans et demi, à celui qui se présentait comme le candidat de "ensemble autrement", on ne peut manquer de rappeler sa déception qui s’est exprimée dès les premiers mois d’un mandat qui s’est joué sur le thème du ""tout seul et pareil" ; est-ce un réconfort, peut-on ajouter qu’il n’a pas été le seul à avoir du mal à passer sous les portes, tant les cornes que l’on a mis au front étaient imposantes et lourdes à porter. Tout compte fait, le désaveu de mars dernier a été à la hauteur de l’espoir suscité, et trahi, puisque trois électeurs wissembourgeois sur cinq ont voté contre le maire malgré tout réélu, et encore est-ce par bienveillance que l’on s’en tient aux suffrages exprimés, car s’il fallait se référer aux électeurs inscrits, ce serait catastrophique pour le "pouvoir" en place.

À l’évidence, la divine surprise de la reconduction du funambulisme local a permis de démêler la situation. Le maintien du candidat soutenu par Laurent Criqui aidant, la liste minoritaire a réussi à tirer son épingle du jeu et surtout, à placer quelque part celle qui présidait l’alliance des commerçants wissembourgeois, et qui sera, du fait de la politique de promoteur d’espaces commerciaux du funambulisme municipal, leur fossoyeur. On en mesure déjà les effets avec la multiplication de ces enseignes plus ou moins décalées, vendant "pas cher" des produits fabriqués dans des pays où l’on paie les ouvriers "presque rien". La morale y trouve sans doute son compte. Mais qu’à cela ne tienne, s’étant trouvé un point de chute, et l’éventuel concurrent s’étant lui-même éliminé du jeu, on peut passer à autre chose en invoquant la concertation, la réflexion, la concrétisation, l’échelle pertinente [ ? ], le gagnant-gagnant, la compétence, le rapprochement et le périmètre [ ? ] de la future association des associations, autant de termes puisés dans le bréviaire des boîtes de com’ chères au courant funambuliste municipal et à ses conseillers de l’ombre.
En effet, la présidente casée avec un statut d’adjointe, même s’il se résume à un travail de chaisière les jours de Pentecôte, on peut se contenter d’une seule association qui s’occupera de rédiger la rubrique nécrologique du commerce de proximité.

On se rappelle avec quelle moue dubitative la présidente maintenant sur le départ avait accueilli celui qui venait lui présenter l’idée de la monnaie locale. En bonne apôtre de l’idéologie dominante, elle a immédiatement répondu que cela ne l’intéressait pas puisque son association avait opté pour une carte de fidélité, signe qu’elle avait tout compris, mais alors tout. Curieusement, elle ne nous a pas encore donné de bilan de la mise en place de cette mirifique carte de fidélité qu’elle partage avec ceux qui sont les concurrents, et dont on peine à croire qu’ils puissent avoir des intérêts convergents avec ceux qu’ils combattent. Mais peu importe, elle avait son avis.
Elle avait aussi, sans doute l’a-t-elle encore à s'en tenir aux brillants duos musicaux qui nous sont offerts, l’oreille du funambulisme municipal qui s’est comporté en véritable barbare quand il s’est agi de dénigrer un projet qu’il ne comprenait pas. On se rappelle cette bruyante interpellation [ Monnaie de singe ! ] venant de la salle du relais culturel lors de ce débat, voyage au bout de l’ennui, durant lequel il n’a pas hésité à envoyer l’un de ses chevau-légers donner toute la mesure de son ignorance. Cela faisait penser à ces gardiens de camps de prisonniers de guerre français qui cassaient les montres parce qu’ils les prenaient pour des boussoles qui ne fonctionnaient pas [ "anecdote" véridique vécue par l’un des membres de ma famille, interné en camp de représailles durant la première guerre mondiale ].
C’est sans doute pour faire bonne mesure que l’encore président de l’association adverse avait répondu de la même manière à la même sollicitation, proposant lui aussi l’une de ces cartes dites de "fidélité" qui sont surtout des mises en cartes, au sens policier du terme, de leurs infortunés propriétaires. D’ailleurs, les promoteurs de ce type de document ne disent pas autre chose puisqu’ils se réjouissent d’avance, en combinant les deux cartes, de disposer d’un fichier client plus étoffé. On ne saurait être plus explicite. Mais pour comprendre cela, il faut sans doute préférer aller son pain chez le boulanger, son journal au dépôt de presse, ses primeurs au marché, son électroménager chez l’installateur local et, si l’on a encore l’imprudence de fumer, ses cigarettes au bureau de tabac de la commune que l’on habite.
Bref, on ne sait trop comment accueillir cette union annoncée alors que le jeu de chaises musicales est bien avancé avec ce déménagement d’un supermarché de bricolage qui rejoint une ci-devant zone artisanale, promue zone commerciale où trois ou quatre structures vendent les mêmes produits, aux mêmes prix dans les mêmes emballages, ce doit être l’une des facettes de la diversification de l’offre et l’élargissement de la panoplie des produits et services disponibles, près de chez nous, dans la meilleure vitrine de la grande compétence des professionnels du secteur. Il ne leur manque plus qu’une certaine dose de sens commun à défaut de bon sens.

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