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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 31 – 1978 ± 7 – "forum libé" mulhouse – 3

J – 2 avant les trois coups de ce qui n’est en fait que le deuxième temps d’une vaste opération de promotion d’un maire qui a manifestement les crocs. Sa stratégie commence effectivement à être nettement plus claire.

Tout commence avec cette histoire de conseil d’Alsace qui le met en opposition avec son collègue colmarien et le président du conseil général du Haut-Rhin. Prenant fait et cause pour la Boulangie, il est le pendant méridional des mitrons du septentrion régional. Sauf que le Boulanger d’Ingwiller n’a pas compris que l’étreinte de l’ambitieux du Bollwerk visait plus à l’étouffer qu’à lui manifester son affection.
Saisissant le énième épisode du feuilleton de regroupement des régions, il lance sa pétition et dit avoir recueilli 60 000 signatures. Cela lui donne suffisamment de poids pour intervenir bruyamment début octobre [ mais qui s’en souvient ? ] place de Bordeaux, à Strasbourg, au milieu des nostalgiques d’une Alsace culturellement pure, et fière [ ? ] de son identité.
Rien en revanche sur la langue parlée par les enfants de tous ceux qui agitaient les drapeaux rouge et blanc en applaudissant Babeth Z’Vatenguerre, nouvelle égérie de la cause localiste. Pour qui a eu le privilège de rencontrer Claude Vigée ou Sylvie Reff, cette démonstration frisait l’obscénité.

Vient ensuite cette opération dont on ne sait plus maintenant combien elle coûter au contribuable [ à qui on ne ménage jamais les conseils de tempérance financière, cet étourdi qui ne sait même pas qu’il vit au-dessus de ses moyens… ]. Il ne reste qu’un espoir aux Mulhousiens, c’est qu’elle ne soit pas organisée par les héritiers de la maison Bygmalion… Un quart, un tiers ou un demi-million d’euros, on ne sait trop, mais on sait seulement que cela ne sera pas gratuit, et que dans le même temps, on cherchera des noises aux associations qui viendront demander quelques centaines d’euros pour financer partiellement des activités au service de chacun d’entre nous.
Que veulent dire ces formules puisées dans les aide-mémoire des boîtes de com’ ? Citons-le : "donner goût au sens du bien commun", "permettre à la citoyenneté de s’épanouir", "débattre du périmètre du débat démocratique", "être en capacité de chasser la morosité", "territoires hautement citoyens" [ !? ] et malheureusement pour nous, et cetera !

[ on signalera au passage les fautes de français impardonnables commises par ces personnages qui feignent d’avoir oublié que l’on dit : "avoir la capacité de…", tout comme "on a la charge de…" et non "on est en charge de…" ]

Bref, s’acoquinant avec l’icône finissante d’un journalisme de salon, notre homme se lance dans le grand spectacle, jouant du carnet d’adresses d’un Saint-Germain-des-Prés sur le retour.
Il n’avait pas prévu la riposte d’une poignée de citoyens qui n’ont pas besoin des leçons de l’immense Armel le Coz qui montre qu’il a une opinion très favorable de sa modeste personne quand il se décrit, à la troisième personne, sur le site de "sa boîte" :
Designer de services indépendant, Armel est passionné par la conception de politiques participatives innovantes. Il intervient en tant que consultant pour des collectivités, des associations et des entreprises dans les domaines de la démocratie participative et dans l'industrie du service (public ou privé).
Dans sa boîte à outils/pratiques : Design de services, Schématisation de la complexité, Conception de dispositifs participatifs, Cartographie d'acteurs, Construction de scénarios prospectifs, Conception & animation de workshops créatifs.
Partenaire régulier de la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), il est particulièrement impliqué dans le programme Innovations DémocraTIC. Il a conçu et il anime la boîte démocraTIC : boîte-democraTIC.fr (boîte à outils, à expériences et à idées de la démocratie participative numérique). Formé aux métiers de l’innovation en France et au Canada, il a aussi participé à des missions de prospective pour des entreprises françaises et internationales.

Voir ci-dessous le catalogue de banalités pondu par ce penseur néo-postmoderniste intitulé, en toute humilité, "Appel à des Territoires Hautement Citoyens" qu’il a l’imprudence d'appeler, à moins que ce ne soit freudien, THC !

Ce genre de pseudo-rublion, sophistiqué jusque dans le négligé, inscrit dans le jeu institutionnel, est nécessaire au pouvoir, comme les monarques ont besoin d’un fou qui pratique la dérision contrôlée. On offre aussi Carnaval au Peuple, ça sert de soupape tant aux exploiteurs qu’aux exploités.
Parlons donc de ces amis qui se sont démenés, obligeant ceux qui commencent à être inquiets de tous les parasites qui viennent leur plomber l’ambiance à tenir compte de ces citoyens dont ils veulent faire le bonheur, de préférence malgré eux. Multipliant les démarches, ils ont obtenu la mise en place d'une table de presse, avec tracts et affiches pour les associations et les groupements politiquement incorrects. Il leur a été confirmé que cette fois la Police ne serait pas appelée à la rescousse comme cela a été le cas le 21 juin dernier quand la municipalité a envoyé "les forces de l’ordre" contre des militant-e-s du CP68 (Conseil Populaire 68 pour l’Abolition des Dettes Publiques) qui cherchaient à informer les parents d’élèves des conséquences pour leurs enfants des difficultés budgétaires de la Ville de Mulhouse. Il est même question qu’une salle d’une cinquantaine de places soit mise à la disposition de l’IPDC [ information / pluralisme / débat citoyen ] pour qu’elle puisse organiser une causerie autour de ses propositions. Il a même été question, lors des conversations menées avec l’adjoint responsable de l’opération publicitaire, de la mise sur pied d'un forum-bilan – rebelle et constructif – d'ici un mois. Comme quoi, quand on a un peu de pression, on est capable de tenir compte des autres. Mais il a un "mais"…

Eh oui, et on arrive au troisième étage de la fusée "Rottner" avec ce soutien à la candidature d’un ancien président de la République qui nous avait juré, croix de bois croix de fer, qu’il se retirerait de la politique s’il était battu au printemps 2012… Hum, hum, il prend des risques !
Oui, car le 19 novembre, il y aura un autre "raout hautement tout et le reste" autour de la personne de Nicolas S., cet homme dont on associe trop souvent le nom à des histoires mêlant des genres et des ordres de grandeur qui sont inconnus à la plupart d’entre nous. Apprendre par exemple qu’un ancien domestique de l’Élysée, préposé aux çondages et adepte de l’écoute indiscrète des conversations privées, touchait par mois plus qu’un instituteur par an a de quoi décontenancer, tout comme ces cachets en centaines de milliers versés pour une petite heure de bavardage à bâtons rompus.
Mais le maire de Mulhouse n’en a cure et il soutient cette personne, vis-à-vis de laquelle il est bon de se munir d’une longue cuiller.

Pendant ce temps-là, et alors que les anciennes connaissances de Monsieur Ch. De Margerie, membres comme lui du club Bilderberg session 2008 …

[ on cite : Nicolas Bazire, Henri de Castries, Bertrand Collomb, Jean-Pierre Jouyet, Bassma Kodmani, Thierry de Montbrial, Christine Ockrent, François Pérol, Manuel Valls et Hubert Védrine ; et on n’oublie pas les autres Français, Christophe Béchu, Alexandre Bompard, Pierre André de Chalendar, Erik Izraelewicz, Anousheh Karvar, Christine Lagarde, Anne Lauvergeon, Maurice Lévy, Denis Olivennes, Frédéric Oudéa, Bernard Ramanantsoa, Olivier Roy et Jean-Dominique Senard ]

… n’en finissent pas de rappeler le souvenir de celui qui était le plus grand ami de tout le monde, la roue tourne pour les héroïques défenseurs de Kobané, chichement ravitaillés par une coalition que l’on a connu plus réactive quand il s’est agi de "sauver le système bancaire". Cela rappelle cette voiture qui circule ici sur la vitre arrière de laquelle on peut lire ceci : "Wäre die Welt eine Bank, hättet Ihr sie schon längst gerettet", ce qui signifie que si la Terre avait été une banque, il y a longtemps qu’elle aurait été sauvée !
Que se passe-t-il encore ? Ah oui, les personnels navigants de la Lufthansa durcissent le mouvement, et ce juste après que les personnels roulants de la Deutsche Bahn ont fait grève : encore des grogneurs corporatistes, des frondeurs conservateurs, des crispés de l’acquis social arcboutés à leurs privilèges indus !
Autre chose ? C’est en bravant l’indifférence que les plus attentifs d’entre nous auront appris que l’État libre de Thuringe vient de se doter d’une coalition rouge-rose-verte, dirigée par la gauche radicale de "Die Linke", Bodo Ramelow devenant Ministre-Président. C’est une première pour cette ancienne région méridionale de l’ex-RDA tenue depuis 1990 par la CDU, qui, cette fois, n’a pas trouvé d’allié : grand succès donc pour la chancelière.
Et on termine avec la commission Juncker qui vient d’être intronisée par le parlement européen. Elle compte en son sein un certain nombre d’individualités qui vont des liberticides [ le Hongrois Tibor Navracsics, provocation à l’état pur ] aux conflits d’intérêts [ l’Espagnol Miguel Arias Cañete, provocation à l’état pur ] en passant par le chamanisme et la marche sur les braises [ la Slovène Vileta Bulc, ex-grande joueuse de basketball et ceinture noire de taekwondo ]. Les nombreuses tractations entre les grands groupes politiques du parlement européen qui ont mené à ce que l’on appelle un compromis ont fait dire à Marie-Christine Vergiat, eurodéputée Front de gauche élue depuis 2009, que cette institution s’était ridiculisée durant les auditions et que cela augurait son affaiblissement. Selon elle, le PPE a senti que les candidats espagnol et hongrois étaient menacés pour des raisons de fond. Il a joué la carte du chantage en prenant les candidats socialistes tchèque et français en otage. Les petits arrangements entre amis ont dominé
.

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Appel à des Territoires Hautement Citoyens [ THC ]
En 2012, nous lancions Démocratie Ouverte, un collectif regroupant des élus et des citoyens porteurs d’alternatives démocratiques visant à installer une gouvernance plus transparente, participative et collaborative.
Début 2013, nous lancions Parlement & Citoyens, une plateforme web expérimentant la co-construction de propositions de lois avec les citoyens et des députés et sénateurs de toutes les formations politiques Françaises.
Mi 2013, nous lancions Candidat & Citoyens, une plateforme web pour co-construire des programmes politiques. En parallèle, nous lancions aussi le Tour des candidats et maires de France : 6 mois plongés au cœur de la campagne des municipales, à la rencontre des innovations démocratiques avec plus de 111 candidats et élus interviewés sur leur vision d’une démocratie idéale.
Suite à ces différentes aventures, nous lançons aujourd’hui un appel à initier ensemble une transition démocratique vers des Territoires Hautement Citoyens.
Cet appel est destiné aux élus de nos collectivités mais aussi à tous les citoyens qui veulent jouer un rôle concret pour un renouveau démocratique de leur territoire.
Un Territoire Hautement Citoyen (ou THC) est un lieu sur lequel représentants, citoyens et société civile réussissent à collaborer pour mettre en place et faire vivre une démocratie ouverte, transparente et collaborative.
L’objectif d’un THC est la participation effective d’un grand nombre d’habitants à la mise en œuvre de services leur permettant de vivre heureux et épanouis sur leur territoire.
Les indicateurs pris en compte sur un THC sont volontairement ceux du bonheur, de la vitalité citoyenne et de l’épanouissement personnel et collectif plutôt que ceux du PIB, de la consommation ou de l’emploi.
Un THC nécessite la mise en place de nouvelles règles du jeu, partagées par tous. Un contrat social et citoyen y est co-construit. Cette forme de constitution locale est signée par les acteurs engagés du territoire : représentants, associations, entreprises, citoyens.
Un THC est caractérisé par une posture d’humilité et d’ouverture de la part des représentants qui acceptent de partager leur pouvoir, de compter sur les ressources de leur territoire et de se placer en animateurs des dynamiques locales plutôt qu’en décideurs autoritaires.
Un THC est un territoire de liberté et d’expérimentation permanente ou tout le monde a le droit à l’erreur, le droit d’entreprendre et de porter des projets. Des méthodes et outils innovants et en perpétuelle amélioration y permettent la participation effective d’un maximum d’habitants.
Un THC est une zone sur laquelle un nouveau cadre de confiance est créé et garanti par des tiers de confiance indépendants, des contre-pouvoirs efficaces et une éducation citoyenne continue. La place des médias et d’autres instances de veille citoyenne, de transparence et de pédagogie y est garantie.
Un THC s’appuie sur une logique horizontale et ouverte, il préfère un fonctionnement décentralisé “en réseau” et met en place des circuits courts. Le numérique y est utilisé en particulier dans ses logiques de logiciels libres, d’ouverture des données, d’ouverture des codes source et de coproduction et diffusion de biens communs.
Un THC est un territoire ou “l’être” est préféré à “l’avoir” et ou le “faire” est valorisé. La coopération est privilégiée à la compétition. L’impôt n’est plus le seul moyen de contribuer au fonctionnement de la société.
Un THC est un territoire sur lequel l’argent n’est plus au cœur des échanges. D’autres types d’échanges y sont promus et expérimentés : accorderies, banques de temps, don, zones de gratuité, échanges pairs à pairs, monnaies complémentaires…
Un THC est un territoire qui pense collectivement son avenir, qui cherche à mettre en place des futurs souhaitables et durables. C’est une zone considérée comme un écosystème où les gens dépendent directement de leur environnement, qu’ils cherchent à comprendre, à préserver et à respecter.
Un THC est un territoire de débats, où est pratiqué une citoyenneté active. Une éducation populaire continue permet aux habitants de se former mutuellement et de devenir des citoyens responsables, autonomes et capables de s’impliquer dans la vie de leur territoire.
De la théorie à l’action
Voilà donc les grands principes d’un Territoire Hautement Citoyen.
Au delà de la théorie, nous proposons aux collectivités qui le souhaitent de réfléchir ensemble à la manière d’accélérer leur mutation citoyenne. Nous recherchons donc des élus qui ont un réel courage politique : il leur faudra porter la démarche THC de manière engagée et ambitieuse, avec une motivation profonde pour co-construire une forme de gouvernance alternative au modèle pyramidal dominant. L’appel est lancé.
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THC : Tétrahydrocannabinol, molécule la plus connue contenue dans le cannabis qui possède un caractère psychotrope.

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