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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 31 – 1982 ± 7 – "la base"

À les entendre, les différents représentants d’une droite locale plus ou moins assumée [ elle apparaît parfois avec l’étiquette "sans étiquette" ou alors sous le label "divers gauche" ] sont stupéfaits de ce qui arrive à la base "Riesling Radar" de Drachenbronn. Nous aussi, ça tombe bien, puisque nous ne disposons d’aucun relais, d’aucune information, d’aucune entrée dans des ministères, d’aucun interlocuteur bien placé qui pourrait nous aider à anticiper une décision forcément brutale et injuste synonyme de catastrophe qui va engendrer un séisme "en termes d’empli et de développement du territoire" pour causer comme ils jargonnent.
Oui, mais, il y a un ou deux mais qui réduisent à néant les tortillages de phrases et les protestations de bonne volonté, quand ce ne sont des attaques frontales de ce pouvoir parisien que l’on dit honnir ici autant qu’on le cajole quand on doit l’affronter.
Car ce ne sont pas les occasions qui ont manqué de se remuer un peu pour anticiper une surprise annoncée !
D’abord, il y a la désindustrialisation programmée par le maire du bourg-centre qui ne croit qu’aux magasins, surtout quand il les installe à la périphérie, histoire d’asphyxier le tissu commercial artisanal du centre-ville. Associée à cette production de logements qui confine à l’hystérie, on aboutit à un non-sens complet, total et destructeur. Le drame qui s’est encore joué cet été chez ex-Bürstner, l’entreprise n’étant même plus l’ombre de ce qu’elle était il y a trente ans, aurait dû mettre un semblant de plomb dans les cervelles de tous ces gens qui passent le plus clair de leur temps à nous donner des leçons en étalant leur science, manifestement approximative en l’occurrence.
À la décharge de tous ces prestigieux personnages, on part de loin, puisque la situation a commencé à se dégrader en 2007, avec Wimétal.
L’année suivante, tout allait encore à merveille et la base aérienne continuait à subventionner une édition locale de "lire en fête" qui faisait de la sous-région un territoire où le chargé de la culture portait un uniforme. On préfère généralement Melina Mercouri aux généraux grecs qu’elle a remplacés !
Transportons-nous maintenant quelques années plus tard, fin-janvier 2012, et c’est le dépité député qui parle. Et quoi parle-t-il ? De la fermeture prochaine de la base aérienne qu’il aurait apprise de la bouche du commandant lors de la cérémonie des vœux ! Bon, on veut bien lui accorder le bénéfice du doute pour janvier 2012, mais qu’il nous la resserve deux ans et demi plus tard est un peu fort de café.
En tout cas, à l’époque, il en voyait quand il parlait le " Pumpernickel " dans le texte : " … dans un arrondissement durement éprouvé ces dernières années : fermeture de Wimétal, perte du tribunal d’instance, de l’ONF, de la DDE, et on est en train de se battre pour la survie de l’hôpital … " mais oubliant le CIO [ c'est fait ], l’inspection primaire [ c'est en cours ], la sous-préfecture [ c'est fait maintenant ], la recette perception [ ça vient ], l’hôtel des impôts [ idem ] et le bureau de la sécurité sociale [ c'est à venir ] ; le pire, c’est que lorsque l’on écrit cela, ça paraît tellement vraisemblable qu’il faudra plus d’un démenti pour le contredire ! Et dire que ce qui précède a été écrit il y a plus de deux ans !
Au mois de mai de la même année, on en est aux préparatifs de l’accueil de l’enfant du pays, ce garçon qui, non content de rouler à tombeau ouvert sur des chemins de campagne trop étroits, au mépris de la vie des autres, donne en plus le mauvais exemple en habitant la Suisse pour échapper à l’impôt. Tiens, on aurait peut-être pu lui demander s’il avait une idée sur la réindustrialisation d’une région qu’il dévaste plus qu’il ne la promeut. Mais non, on a préféré faire semblant de faire la fête, un peu façon cigale.
C’est en juin qu’on a pu remettre le couvert avec le clap de fin de la perception de Mertzwiller. Là encore, concert de pleureuses, façon Calimero, "Ils sont grands, je suis petit, et ce n’est pas juste !" Dérisoire !
Fin septembre 2012, c’est au conseil municipal de Wissembourg que nous y avons eu droit, le maire confirmant les propos du commandant de la base lors de la cérémonie des vœux 2012 [ la base sera fermée entre 2016 et 2018 ] et infirmant ceux du député de la circonscription, délivrant au passage un surcroît de crédibilité à cette personne.
On termine avec ce que vous pouviez lire le 6 octobre dernier, il y a un an, sur ce blog qui se passe de commentaires. On peut toujours surjouer la stupéfaction, plaider l’ignorance, invoquer la trahison, on n’en est pas moins comptable de ses insuffisances, de son incompétence, de ses absences. On ne peut courir tous les lièvres à la fois, s’engager dans les aventures électorales ridicules ou se focaliser sur un adversaire dérisoire et prétendre s’occuper de la situation économique d’un ensemble de 15 000 habitants, fonction qui requiert un engagement constant de tous les instants, insensible aux modes, aux coups de publicité ou à l’affichage. Dans l’affaire, tout le monde est perdant, et s’ils avaient un semblant de dignité, celles et ceux qui ont manqué de l’essentiel devraient montrer, par l’effacement de leur personne, qu’il reste aussi quelque honneur.

Vous pouvez retrouver une partie des articles consacrés à l'affaire "Drachenbronn" sur ce blog en cliquant sur les liens ci-dessous :

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