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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Semaine 32 – 1975 ± 7 – "La ville fait un peu de cinéma…"

[ le maire, au conseil municipal du 24 octobre 2014, alors que l’on examinait le point numéro 4 ]

Mais on peut dire que le scénario manque singulièrement d’inattendu et qu’il n’y a aucun suspense, tant les personnages principaux sont prévisibles. Est-ce bien à leur avantage ?

Une quinzaine de points, donc, et, pour la plupart d’entre eux, une belle unanimité qui fait plaisir à voir. même le représentant du parti de la tête haute et mains propres est d’accord avec tout, et quand il prend la parole, c’est toujours pour montrer qu’il est peu au fait des arcannes de la gestion municipale.

Légère discussion au point numéro 4 quand on a voté pour demander d’une part la reconduction des licences 1 & 3 d’organisateur de spectacle, et d’autre part l’attribution de la licence 2 puisque la ville fait un peu de cinéma, et surtout organise plus de six représentations par an. Et comme c’est le régisseur municipal qui l’a demandé et que le maire "fait confiance à nos professionnels" et qu’il certifie qu’il n’y a rien derrière, tout était en place pour que l’unanimité se fasse une fois de plus, une fois encore.

Le point 5 a été toutefois l’occasion de montrer que l’opposition n’entendait se refaire promener comme cela a été le cas cette fois. En effet, au lieu d’examiner les cinq points prévus, c’est une sorte de note de synthèse-bis qui a été remise, en douze points, avec en prime une annexe de clauses particulières, lues par la chargé de mission natura 2000, commise d’office pour se taper le pensum. En plus elle venait après un confus et interminable monologue de Sa Majesté Funambule 1er qui s’est cru obligé de nous détailler par le menu et jusqu’au confins de l’insupportable les détails insignifiants de la répartition des lots de chasse. Il aurait voulu nous fatiguer qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Tout ce qu’il y a gagné, c’est une flopée d’abstentions auxquelles il ne comprenait rien, ce qui n’est pas grave puisque nous, nous n’avons rien compris à ce qu’il a présenté.
L’opposition a alors pris deux fois la parole pour protester contre la mise devant le fait accompli qui empêche un examen sérieux. Mais comme SMF 1er a réponse à tout, et surtout au reste, il a prestement répondu qu’il ne pouvait pas faire autrement [ on ne sait précisément pas pourquoi il fallait se précipiter alors qu’on aurait sûrement pu attendre un mois, le temps que ça se décante, non ? ] et on est passé au vote … unanime !

L’opposition aurait dû demander une suspension de séance d'un quart d'heure pour avoir le temps d'étudier ; dommage qu'elle n'en ait pas eu l'idée.

Décision budgétaire modificative de € 7 000,00 qui permet de trouver un peu d’argent en allant puiser dans les dépenses extraordinaires pour financer les points 7 et 8, comme cela a été implicitement déclaré, on croit rêver.
Ben oui, puisqu’il s’agit de dépenses ordinaires, le remboursement de la taxe d’habitation de l’hippodrome …
[ on a entendu que c’était une idiotie parce que la commune en étant propriétaire, ce serait à elle de la payer ; mais cela fait des années que c’est la société des courses qui l’acquitte, se faisant rembourser par la suite ; et ça fait des années et des années que ça dure, au moins depuis six ans, non ? fin de l’idiotie donc, on respire ! ]
… ou des prix aux lauréats du concours de fleurissement …
[ là aussi, il s’agit d’un marronnier municipal, largement prévisible ]

Mais, pas de problème, pas d’état d’âme, l’unanimité qui va même jusqu’au point 10 lorsque l’on désigne les représentants du conseil municipal au comité de l’office de tourisme : cinq "majo" et un "mino".
Avec un gag en prime, celui du maire qui se transforme en vaguemestre du président de l’office de tourisme, annonçant que les nouveaux membres du comité vont recevoir une convocation pour une prochaine réunion : quand on vous disait que les liens entre conseil municipal et office de tourisme se resserraient, malgré les apparences…
Unanimité pour la commission "accessibilité", mais sans que le bilan de la précédente soit évoqué, sinon pour dire que son "référent" [ on doit vouloir parler d’un responsable ] a fait un excellent travail. Rien naturellement sur cette lettre de démission envoyée en 2009 à laquelle l’expéditeur n’a reçu d’autres réponses que des convocations pour les quelques réunions qui se sont tenues ultérieurement.

Vient le point 12 qui n’a réservé aucune surprise, si ce n’est que les commissions ouvertes, c’est fini. Les membres sont désignés au conseil et par le conseil, on fera appel à des personnalités qualifiées cooptées, tout est bouclé, fermé, bétonné. Ce qui n’empêche pas une belle unanimité, au nom probablement du pragmatisme dont chacun doit faire preuve pour se donner un air de sérieux et de crédibilité.
On a eu droit à une démonstration des talents de xyloglotte de chacun des futurs présidents qui se sont escrimés à nous convaincre qu’ils allaient être actifs comme on ne l’imaginait pas, sûrement autant qu’ils avaient laissé filer le temps durant la dernière mandature. Mention spéciale pour une présidente de "patrimoine & culture" qui parvient, durant son intervention à ne jamais prononcer le nom de Westercamp, ni même de faire allusion à la réouverture du musée : bravo, l’artiste !
Le summum a été atteint avec les deux grosses commissions présidées par SMF 1er en personne, "ville et entreprise" et "projet de ville". Personne n’est d’ailleurs en mesure de faire la différence entre l’une et l’autre.
La première réunira des gens pour faire le rituel état des lieux et écouter leurs demandes [ s’agissant de chef d’entreprises, il ne s’agit naturellement pas de doléances… ; il s’agira d’une sorte de forum de rencontre pour que celles et ceux qui ont tendance à dire que "quels que soient les corps institués (sic), on nous écoute pas ! (re-sic)" ] en ne perdant pas de vue que "l’objectif, c’est de gagner de l’argent ! (re-re-sic)". SMF 1er s’envisage comme un animateur du développement économique, sachant qu’il n’est pas de ceux, "démagogues et menteurs, qui prétendent que ce sont les élus qui installent et font prospérer les entreprises, le rôle des élus étant celui de facilitateurs d’installation". On ignore à qui il faisait allusion, mais on n’aimerait pas être l’un de ces "démagogues et menteurs" !
Il y a eu deux interventions de deux des fractions de l’opposition pour dire qu’il ne fallait pas que les commissions municipale et communautaire se télescopent, suivies des assurances formelles, mais alors formelles de SMF 1er en personne, et on est passé au vote, l’opposition décrochant deux strapontins.
Puis est venue cette commission "projet de ville" qui ressemble à ce que mettrait un candidat en place s’il voulait préparer les prochaines échéances : on prendre de la hauteur, et on va parler de tout les sujets de manières sectorielle et thématique. Ce sera surtout une sorte d’agora fermée qui pourra réfléchir sur des aménagements et aller voir ailleurs si d’autres, qui ont eu les mêmes idées, les ont déjà mises en œuvre. Ainsi imagine-t-on cette grosse commission aller là où une monnaie complémentaire a été mise en place parce qu’elle aura eu l’idée de l’implanter à Wissembourg, c’est une idée parmi d’autres qui n’a pas été proposée par SMF 1er, mais ce doit être une omission. Cette commission pourra déboucher sur des commissions temporaires spécifiques… On commence à s’y perdre. Mais là aussi, unanimité d’autant plus facile à obtenir qu’il n’y a pas eu de vote.
En incise, et presque par hasard, il a été promis, mais qui se le rappellera, que des comptes rendus seront faits épisodiquement, mais sans engagement précis, évidemment.
On a appris au passage qu’Altenstadt s’est aussi dotée d’une commission "village" comprenant quatre conseillers municipaux et une dizaine de membres cooptés : là-bas aussi, on a bien du mal avec la démocratie de base.
Bref, tout cela est dérisoire et manifeste une grande improvisation doublée d’un manque patent d’imagination, surtout si l’on sait que l’on nous a ingénument annoncé que les commissions allaient se mettre au travail, attention, on se pince pour y croire, … en janvier ! Sans commentaire.

Unanimité pour la énième modification des horaires de l’école de musique, ce n’est même plus le gag de la séance puisque ça revient à chaque fois, c’est tout simplement incroyable.

Puis est venu le point "info" avec le détail des sommes que SMF 1er a engagées et dont il fait part a posteriori.
"– oui, c’est vrai, pour l’étude hydraulique sur les mesures de restauration et de continuité écologique de la Lauter [ € 38 650,00 ], on aurait dû en parler au conseil municipal, mais… " Oui, c’est vrai, on aurait pu.
On a aussi marmonné sur l’étude de conservation préventive pour la mise en réserve des collections du musée Westercamp [ € 6 400,00 ] sans que quiconque ne s’en émeuve, signe que tout va pour le mieux.
Et puis il y a eu la charge contre les amis du Steinbaechel : manifestement, ce n’est plus une affaire communale, c’est une affaire personnelle que le maire entend régler face d’une part à une association qu’il honnit et d’autre à un juge qui a rendu une décision politique en alignant de faux arguments et en ne disant pas le droit, scrogneugneu. Le maire s’est offert le luxe de m’interpeller directement par mon nom au prétexte que je rigolais d’un air narquois, et que cela avait le don de l’exaspérer. Le problème, c’est que comme je n’ai pas le droit de lui répondre, qu’il sache qu’il n’a par conséquent pas le droit de m’interpeller. Mais ça me rappelle le temps de son prédécesseur, et on ne peut pas dire que ça se soit si bien terminé pour lui, politiquement bien entendu.

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