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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

semaine 55 – 1812 ± 7 – wissembourg s.a., prestation de services

Les jours se suivent et se ressemblent. Ils nous ramènent inlassablement à cette réflexion d'un concitoyen, conseiller municipal, lorsque l'on parlait de la manière dont la mairie "continuons ensemble" [ mais surtout pas "autrement", car cela impliquerait tant de renoncements, forcément déchirants… ] gérait la commune, à la manière d'une société anonyme de prestation de services : "– Ah bon, parce que c'est sa boîte !"… Il ajoutait un peu malicieux qu’en plus tout va bien, puisque les banquiers, c’est nous ! Le rêve en quelque sorte de celui qui s’entête à se prendre pour un gestionnaire, qui est au plus un gérant, et dont on attend, en vain, qu’il fasse ses preuves [ à moins que ce ne soit déjà fait, et qu’elles l’accablent ].
Les avant-dernières idées, c’était de tout faire payer, par ceux qui ont déjà payé. On ponctionne par le biais des impôts pour construire ou aménager ci, ça et l’autre et lorsque l’un des contribuables veut utiliser ce qu’il a contribué à financer, on lui demande une location. Un peu comme le gars qui vous propose de lui confier votre parapluie pour le garder au sec, et qui vous le loue dès qu’il pleut.
De quoi s’agissait-il ? Prenons un exemple.
Vous êtes une association qui assure une animation semestrielle en utilisant le domaine public [ qui vous apparient, puisque le public, c’est vous, jusqu’à plus ample informé ]. Pour ce faire, vous demandez au gestionnaire du domaine public [ compte tenu de l’évolution des mœurs, ne devrait-on pas parler, hélas, d’opérateur du domaine public ? ] une autorisation d’utilisation pour l’instant encore gratuite. Puisque vous assurez l’animation de la collectivité, vous pensez pouvoir prétendre à une subvention. Elle vous sera sans doute accordée, mais vous recevrez en même temps une facture prévisionnelle visant à régler l’intervention du personnel municipal qui serait mis à votre service [ mais au service de qui si ce n’est celui des Wissembourgeois ? ]. Et là, surprise, le montant de la subvention ne suffira pas à régler le tiers de ce que l’on vous demande au titre de la "prestation de service" des employés municipaux. Bref, vous décidez de ne demander que la subvention et vous vous arrangez pour vous organiser aussi bien pour bien moins cher que ne le demande la "commune de Wissembourg-S.A.".
Mais ça, c’était avant.
Maintenant, c’est "continuons", avec le nouveau système, bien plus évolué, dénoncé par les associations qui y voient une mainmise du pouvoir et une remise en cause de leur indépendance.
De quoi s’agit-il ? Reprenons notre exemple.
Vous êtes une association qui assure une animation semestrielle en utilisant le domaine public etc. et vous pensez que tout va bien. En prévision de la prochaine saison estivale, vous demandez une subvention en plus du "droit d’occupation du domaine public" [ qui vous appartient, voir ci-dessus ]. Et là, surprise ! Vous recevez un document vous "proposant" une convention de prestation de service pour une année, à raison de deux fois par an, une fois en juillet, l’autre fois en décembre. Il vous suffit d’être d’accord et ainsi serez-vous assuré d’être susceptible [ ils disent "éligibles" dans leur jargonnage ] de recevoir une subvention d’un ou deux milliers d’euros, à condition bien entendu de vous engager pour l’année. Ainsi vous fixe-t-on des objectifs et viendra bientôt le temps où les présidents d’association seront convoqués dans le bureau de quelque pseudo-directeur plus ou moins d'opérette pour un entretien annuel visant à vérifier qu’ils ont rempli toutes les conditions requises pour solliciter à nouveau de nouvelles subventions. Durant cet instant délicieux, il pourra alors être question du thème du précédent spectacle, s’il s’agit de théâtre, des propos tenus lors de la dernière assemblée générale, ou de la conduite de tel ou telle membre de l’association, le tout afin de donner une cohérence municipalisée à l’action associative tout en accentuant encore un peu le contrôle social sur les associations et les bénévoles qui les font vivre.

Et maintenant, que se passera-t-il lorsque ceux qui, mutiques au conseil municipal, incapables d’énoncer une idée lors d’un débat et confits dans leur haine de l’autre seront aux manettes et n’auront plus qu’à se couler dans le moule qui leur aura été ajusté, sur mesure, par leurs prédécesseurs ?

Sommes-nous prévenus ?

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