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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

semaine 56 – 1801 ± 7 – le feu au lac ?

C’est probablement dans une certaine fébrilité que la cellule de la réclame municipale a fait paraître ces seize pages destinées à contrer le mécontentement qui sourd de tous les pores de la commune. Ainsi l’autre jour, cette conversation sur cette fameuse zone commerciale qui aura eu deux effets : le premier, dû à la curiosité, de drainer le chaland hors les murs de la commune [ depuis, l’enthousiasme semble bien être retombé… ] et le second d’avoir sonné le glas de quelques magasins supplémentaires. On ne dira rien de plus, pour ne pas attiser les oppositions ou risquer de proférer des mensonges, sur ces "enseignes" qui ont la particularité de vendre les mêmes produits pratiquement au même prix, c’est normal puisqu’ils sortent des mêmes conteneurs provenant des mêmes pays où les gens travaillent sous la contrainte pour des salaires de misère.
Fébrilité donc pour couper court à toutes les mauvaises nouvelles qui s’accumulent et achèvent, jour après jour, de porter atteinte au crédit d’une "majorité" toute relative, minant sa légitimité démocratique.
Passons sur cette photo voulant rappeler les soldats qui ont libéré Wissembourg, dont on ne sait s’il s’agit d’un montage ou d’un collage. Elle est pitoyable et donne de la bataille une image totalement brouillée. On doit déjà subir cette plaque qui voulait probablement s’inspirer de celle que les Maquisards ont déposée au monument au Morts lors du défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax : "les vainqueurs de demain à ceux de 14-18", le lyrisme et le génie en moins. Ce sont maintenant des figurants en treillis posant devant la mairie qu’il faut s’infuser. Au passage, pour celui qui excipait de son objection de conscience lors des élections de 2008, la mue a été rapide, avec entre autres ce jumelage avec la 3ème compagnie du 16ème bataillon de Chasseurs de Bitche, région que connaissent bien ceux qui ont fait leur service militaire. Tout change, tout change…
Seize pages n’auront pas été de trop pour tenter de convaincre que tous les jours, quel que soit le point de vue, la ville va de mieux en mieux, comme dirait le vieil Émile. Et l’on n’est pas avare de substantifs originaux : équilibre, continuité, changement, rigueur, responsabilité, fraternité, convivialité, mobilisation, réussite, nécessité, etc.
Feuilleter cet exercice d’auto persuasion requiert la prise d’une certaine distance et peut provoquer le fou-rire, tant la répétition, l’un des ressorts du comique, semble en avoir été le fil conducteur.
Passons sur cet éditorial convenu qui pourra servir la prochaine fois, il n'a aucun intérêt, sauf de constater que la charge personnelle d’une conseillère municipale est d’en faire le résumé en allemand, tâche éminente qui doit la dispenser d’assister assidûment au conseil municipal.
On a beaucoup aimé ce "retour sur… ça s’est passé ici" avec cette belle photo de la mobilisation des Wissembourgeois [ on en compte une quarantaine ] qui ressemble au dessin de "une" du dernier numéro de Pumpernickel ! Quand on vous disait que c’était drôle ! Et le texte qui fait allusion au grand concert organisé spontanément, il rappelle tout le charme, la distinction et l’à-propos dont cette manifestation a été le théâtre. Bien vu !
Il est intéressant de rappeler que la municipalité planche actuellement sur son projet ! C’est toujours page 4 avec une photo avantageuse du maire pérorant au relais l'autre soir, devant une trentaine de personnes, dont une quizaine en service commandé. Et page 5, l’inauguration du déménagement d’un magasin de bricolage valait bien une photo.
Ah oui, au fait, il y a eu des centaines de licenciements chez Bürstner, et si vous avez un projet créateur d’emplois, signalez-vous ! On croit rêver, alors que les employés qui n’ont pas encore été mis dehors sont maintenant soumis à un régime de travail invraisemblable, ceux qui en sont encore à se chercher un projet recourent aux petites annonces dans le journal que nous leur payons pour solliciter les bonnes volontés. Équilibre, continuité, changement, rigueur, responsabilité, fraternité, convivialité, mobilisation, réussite, nécessité, etc.
Les pages 6 et 7 sont le prétexte à retricoter tout ce qui nous a déjà été servi ces dernières semaines sur la baisse des dotations de l’État [ ah, l’État, quelle plaie, et ces socialistes ! En fait le maire est un alternatif, comme le courant, un coup il les soutient en figurant sur leur liste aux sénatoriales, un coup il les dénigre quand il préside le conseil municipal ], les recettes nouvelles [ dues au remplissage de la zone ci-devant artisanale désormais commerciale et aux constructions de logements… à venir ], aux économies en tous genres [ sur le dos des associations en particulier ], aux festivités de pentecôte [ qui rétrécissent comme peau de chagrin ] ainsi qu’à la main-basse sur le relais culturel [ dont le maire croit qu’il lui appartient en titre ], tout ça sur fond de gestion d’une commune comme s’il s’agissait d’une société de prestation de services. Nulle part, il n’est question de rogner sur les indemnités des uns et des autres ou de se séparer d’un directeur de cabinet qui officie comme un doublon par rapport au directeur général des services [ au passage, on économiserait quelques centaines de milliers d’euros par mandat, et on pourrait remettre un logement dans le circuit immobilier ].
Pas un mot sur les près de 2 000 signataires de la pétition "sauvons le relais culturel de Wissembourg" traités comme quantité négligeable, et encore moins sur l’arrêt de la cour d’appel administrative de Nancy qui annule la délibération portant création de la ZAC. Et dire que ce devait être LE grand projet urbain de la municipalité qui voulait en faire un "éco-quartier" sans savoir d’ailleurs vraiment ce que ça veut dire ni ce que ça implique, mais passons.
Et dire qu’il y a quelqu’un qui est payé pour écrire tout ça !
Les pages 8 et 9 sont de la même veine avec cinq colonnes à la gloire des investissements qui ne cessent de diminuer et d’une "explication" sur ces taux qui ne changent pas, sauf que les abattements ayant été réduits, la facture sera mécaniquement plus lourde.
Un mot aussi sur le montant de l’aménagement du Gumberlé : manifestement très au courant, le rédacteur, ou la rédactrice du follicule savait déjà, avant la réunion du conseil municipal, qu’il allait s’élever à un plus d’un million d’euros, soit 400 000 euros d’économie comme l’a entériné la commission d’appels d’offres la veille du conseil municipal.
[ on a tous remarqué que le chapeau de la page 6 est ainsi rédigé : "le 10 avril 2015, la ville de Wissembourg votera son budget pour l’année. " Outre que ce n’est pas vrai puisque c’est le conseil municipal qui vote, cela voudrait dire que la rédaction de cet impérissable monument d’objectivité a été rédigé antérieurement au conseil municipal et qu'elle savait déjà qu'on allait économiser 400 000 euros, on s’y perd ]
Si on a bien compris, les archives municipales ne sont pas encore installées dans l’ancienne synagogue, pas plus d’ailleurs qu’une partie des collections de l’infortuné musée Westercamp dont les travaux devaient commencer … en 2011 pour être terminés … en 2013. Un ange passe…
Télescopage : "zone artisanale allée des peupliers : les commerces s’implantent". Je dirais même plus : "zone commerciale allée des peupliers : les artisans s’implantent". Un ange passe…
En fait, en continuant à tourner les pages, on s’aperçoit qu’il s’agit du compte rendu du conseil municipal ou du délayage de la note de synthèse. Tout y passe, y compris les infos travaux, comme s’il fallait remplir à tout prix.
Une page 12 où tout est en vrac, y compris une petite annonce pour … l’école de musique, poste à risque, scoumoune à tous les étages, avec les grands chantiers en prévision, l’auditorium, rien de moins et les innombrables élèves, ah l’école de musique municipale…
On ne comprend pas bien la signification de cette carte blanche à celui qui a manifestement du mal avec la page blanche. Bref, ces souvenirs personnels en émouvront probablement quelques-uns, chacun pourra les compléter avec ceux qu’il a de ces trente dernières années : reniements, chausse-trapes, rumeurs et cancans, dénigrement, pompe à vide, fourberies en tous genres, mais on ne peut être déçu ou trahi que par ses amis. Quant à Monsieur Zoog, démissionnaire en 1987 pour raisons de santé, il n’est pas mort, comme c’est écrit, dans son bureau qui était occupé par Monsieur Andrès jusqu’en 1989 et par Monsieur Bertrand de 1989 à 2008 ! On espère que les autres souvenirs sont plus réels.
Comme on n’avait pas bien compris, on profite de la tribune pour remettre le couvert en repassant les plats, avec au passage une vacherie à l’encontre de tous ces vecteurs de lâcheté, ces apologues de la veulerie, ces paresseux, ces pisse-vinaigre et ces frustrés qui n’ont toujours pas compris comment fonctionne Wissembourg-S.A.
Au fait, c’était bien d’alternance dont il était question il y a sept ans ?

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