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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

semaine 56 – 1805 ± 7 – séance calamiteuse du conseil municipal

Comment qualifier autrement cette pénible et douloureuse séance du conseil municipal ? Tout a très mal commencé après qu’une conseillère d’opposition s’est étonnée que le compte rendu de la précédente cérémonie ne fasse mention ni des interventions des conseillers ni du débat qui s’était déroulé. On lui a objecté on ne sait quel article de l’inévitable code des collectivités territoriales, manière de montrer que l’on est super réactif. D’ailleurs, c’est surprenant cette capacité de réaction, au quart de tour, avec les textes, les références, les documents, les dates, comme si on avait un accès direct à quelque banque de données pilotée par quelque lutin toujours prompt à répondre aux sollicitations. On en saura sans doute un peu plus sur le sujet quand il sera là, le temps des cerises…
La malheureuse n’a pas été la seule à se faire remballer sur un ton dont on se demande si celui qui l’emploie prend bien la mesure de sa muflerie.
Ainsi, en fin de partie, à une autre conseillère d’opposition qui demandait si les économies que l’on avait réalisées sur l’aménagement du lotissement du Gumberle ne pouvaient être consacrées à la remise en état de la voierie à Weiler. Là, ça a été, et on cite : "– Mais Madame, il serait temps que vous preniez rendez-vous avec le directeur général des services et le directeur financier pour qu’ils vous expliquent comment fonctionnent les finances communales !"
Ces deux interventions qui ne figureront dans aucun compte rendu ont tout de même été entendues par la quinzaine de personnes d’un public qui rassemblait une grande partie des assesseurs dévoués à la cause de l’organisation des élections [ les élections, c’est quand le secrétaire général décide de dissoudre le Peuple pour en élire un autre… ].
Bref, on est passé, au pas de charge, à l’examen de la bonne vingtaine de points figurant à l’ordre du jour.
Le budget ? Après la petite pleurnicherie d’usage sur cet État qui nous coupe les vivres, on est vivement passé au vote : unanimité moins 6 voix, celles du groupe "Ambition 2020", le candidat "mains propres et tête haute" décidant de conforter la majorité municipale, pourtant soi-disant "divers gauche" [ en fait, "divers tout" puisque le maire, quand il était candidat aux cantonales en 2011 était étiqueté "divers droite", ce qui ne l’a pas empêché d’être largement distancé tant le candidat "droite dure" que par le candidat "mains propres et tête haute", comprenne qui pourra… ]. Idem pour l’indépendant [ qui a fait élire le maire Ric-Rac ] que l’on n’a pas entendu du tout.
Les taux ? Petit détour par la sophistique pour prétendre qu’ils n’augmentent pas "comme nous nous y sommes engagés" alors que l’on rogne sur les abattements, augmentant la pression fiscale de 4%.
Vite on continue avec les cotisations à divers organismes qui font l’unanimité, ce qui n’a pas été le cas de la distribution de topinambours, on parle bien entendu des subventions aux associations. Que penser des € 20 000,00 versés au pétanque-club pour ce master qui n’intéresse que les pétanqueurs, et encore, un sur deux, que l’on justifie par les € 23 000,00 que l’on ne donne pas au ciné-club ? Pas vraiment convainquant puisque la bande des six s’est abstenue, le candidat "mains propres et tête haute" décidant de conforter la majorité municipale… etc.
On a continué ainsi avec les budgets annexes, "Ambition 2020" s’abstenant systématiquement. Mais tout a été expédié à une vitesse invraisemblable, comme si on avait envie d’en finir au plus tôt. D’ailleurs, la gestuelle manifestait un certain ennui, quand on est obligé de supporter la compagnie de tous ces ignorants à qui il faut tout expliquer, alors que lui, il sait, tout même, y compris que c’est en construisant des logements que l’on va installer des entreprises à haute valeur ajoutée. Il le sait, lui, seul contre tous, comme il sait très bien que deux et deux font cinq, et qu’il est particulièrement contrarié de devoir s’infliger tous ces gens qui prétendent, contre toute évidence que deux et deux font quatre.
Arriva le point 12, celui du Steinbaechel. Eh bien, tranquillisons-nous, tout va bien. La mairie a perdu, tant mieux, et d’ailleurs, ça ne change rien. Et quand on lui pose la question de ce que ça a coûté à la mairie, donc à la collectivité, donc à nous, eh bien, rien du tout, puisque l’assurance juridique de la commune [ qui dispose d’un service juridique ] couvre tout. Y compris le Conseil d’État ?
Comme on n’avait besoin d’un coup de pouce, il est venu du candidat "mains propres et tête haute" qui a manifestement décidé de conforter la majorité municipale : "– Alors on abandonne, ou s’agit-il d’un projet à long terme ?" a-t-il demandé ingénument et en toute innocence, naturellement. Cette providentielle relance de la part de son nouvel allié a permis au maire d’en remettre une couche sur les juges [ bien qu’il ait eu la prudence de préciser qu’il n’allait pas commenter la décision, ça tombe bien, c’est interdit, et il aurait pu le rappeler ], sur tout ce qu’il a fait, sur l’historique [ c’est vrai qu’en 1992, lors de la révision du POS, il était super impliqué dans la gestion municipale… ], etc., etc., et on vote : 6 contre et une abstention, celle de l’indépendant [ qui a fait élire le maire Ric-Rac ].
Soit dit en passant, quelle aurait été la réaction de la mairie si la cour d’appel de Nancy lui avait donné raison ?
Et on repart jusqu’au point 16, celui de l’ex-relais ex-culturel où on nous parle maintenant de la "… création le cas échéant d’un budget annexe…". Au fait, tout va bien, les pratiquement 2 000 signataires de la pétition n’existent même pas, une commission technique s’est réunie et a donné un avis favorable…
Question de l’opposition : y a-t-il une copie du compte-rendu de la réunion qui s’est tenue ?
Réponse du maire : on vous en enverra une lundi.
… mais on ne va plus faire de commentaire car on est dans l’émotionnel [ ah, c’est sans doute sous le coup de l’émotion, que trop ému, le maire émotif refuse de laisser paraître qu’il est émotionné… ], et puis le maire a vu son collègue de Soultz-sous-Forêts, celui qui est élu avec le soutien massif de la population, et il lui a dit que ce serait bien de profiter du prochain départ de la directrice du relais de là-bas pour grouper les deux directions d’ici deux ans. Et son collègue de Soultz-sous-Forêts, celui qui est élu avec le soutien massif de la population, lui a dit que c’était une très bonne idée.
Question : le maire de Soultz-sous-Forêts sait-il qu’il a été partie prenante d’un débat qui est loin d’être clos à Wissembourg ?
Mais foin de procédures et de parlotes en tous genres, soyons efficaces, et on vote : six contre.
Puis se tournant vers la conseillère d’opposition qui persiste à ne pas comprendre pourquoi il fallait changer quelque chose qui fonctionnait : "– Vous êtes dans votre rôle, parfaite comme d’habitude !" avec un sourire d’une sincérité renversante. Glisserait-on de la muflerie à la goujaterie ?

Les autres points ont été expédiés à la vitesse grand V jusqu’au point "divers" qui devait clore l’affaire.
Prochains conseils municipaux les 29 mai et 26 juin, qu’on se le dise, puis le chef de file du groupe "Ambition 2020" demande la parole pour exposer d’abord une demande [ que l’on puisse poser des questions orales libres à l’issue des conseils : sera vraisemblablement refusé ] et puisqu’il a la parole demande comment ça se passe avec les anciens services techniques et le terrain attenant. Là, on a passé un bon moment. Visiblement pris au dépourvu, et alors que le lutin toujours prompt à répondre aux sollicitations cherchait un argumentaire, le maire a sorti les rames pour gagner un peu de temps, mais c’était long, long, long, très long. De son "explication" pour le moins emberlificotée, il est ressorti que l’ensemble n’a pas été vendu en une seule fois comme cela avait été dit, et qu’il reste un engagement prioritaire d’achat sur le bâtiment [ à € 150 000,00, celui qui met € 151 000,00 peut l’acquérir, avis aux amateurs ] de la part du spéculateur foncier, euh pardon, du promoteur, du lotisseur, du philanthrope qui a déjà construit ce qui sera un ensemble pour professions de santé. On a bien compris : il y a trop à faire, et donc à perdre,  dans les bâtiments existants, et tant à gagner dans la nouvelle construction. Merci.
Autre question sur le modèle de tuiles : à Wissembourg c’est tuiles Bieberschwanz sans tuiles de rives sinon rien, du moins pour les particuliers. Là, c’est un autre genre, agréé par l’architecte des bâtiments de France, qui a même permis les tuiles de rive. Comprenne qui pourra.

Globalement, l’ambiance reste détestable et conflictuelle. Le maire sait très bien qu’il ne représente pas grand monde à Wissembourg, mais il fait comme si. Comme cela lui a déjà été dit, s'il a la légitimité formelle, il n'a pas la légitimité populaire, et doit tenir compte du fait que plus de 60% des électeurs qui se sont déplacés n'ont pas voté pour lui. Que lui coûterait d'en rabattre un peu et de cesser de considérer les autres comme des ennemis, reproduisant à l'identique le comportement de son prédécesseur ?

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