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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

11 septembre 2011 : 8èmes rencontres de Pumpernickel

Premier bilan

Ça ne s’est vraiment pas passé comme d’habitude : les amis sont arrivés dès 14h30, et une heure plus tard, nous étions déjà une bonne vingtaine ! Dominique a par conséquent sorti sa guitare pour nous en pousser quelques-unes. Il avait tenu à faire un tour rue Saint-Jean avant d’aller chanter à Surbourg. Ça, c’est un pote !

Puis la cour s’est remplie alors que le temps semblait démentir des prévisions météorologiques défavorables que les organisateurs, surtout un, n’ont cessé de consulter une semaine durant.
Vers 17h00, comme prévu, Georgio & Sergueï, les duettistes orientalo-jazzy se sont mis l’un au saxophone soprane et l’autre aux percussions pour nous interpréter une série de leurs improvisations qui ont pris la quasi-totalité des présents à contrepied. Ils jouaient dans un espace complètement remodelé, sur fond de tapis et de narguilé, alors que quelques comploteurs avaient investi le salon éponyme, mitoyen de la salle de spectacle, pour concocter quelque combinaison …

C’est à ce moment-là que les cieux ont décidé de démentir la règle non-écrite selon laquelle les fêtes de Pumpernickel se font sans eau [ on y boit d’ailleurs beaucoup de bière et de vin, mais comme il y a beaucoup de monde, la consommation reste modérée ] : trombes d’eau et rafales de vent ont vite eu raison du “ tarp ” mis gracieusement à la disposition de l’organisation par des amis wissembourgeois. Tout le monde aux abris, par conséquent reflux en bon ordre dans le garage, pour le plus grand bonheur des musiciens qui s’en sont donné à cœur-joie sur motivés par cette affluence joyeuse et bon enfant qui prenait tout ça avec sourire, distance et bonne humeur.

Quelques litres par m² en quelques minutes plus tard, tout pouvait reprendre un cours à peu près normal, en particulier la partie restauration assurée par les courageux bénévoles de l’ADSM [ association pour le développement de la solidarité dans le monde, engagée dans un projet d’école et d’éolienne au Togo ] qui ne s’en sont pas laissé compter. Insensibles à l’adversité, ils ont continué imperturbablement à faire chauffer les fours à tarte flambée qui n’ont pas arrêté de fonctionner, une bonne quarantaine de tartes durant, ce qui est une performance en soi, puisque la pluie a encouragé quelques convives à rentrer à la maison, et on les comprend. Sans oublier ceux qui sont partis vers 18h00 pour assister au dernier concert organisé par Hubert Wendel dans le cadre du festival de musique de chambre de Wissembourg.

Alors qu’il avait fallu revoir l’organisation spatiale de fond en comble [ en particulier tables dans le garage et dans le salon des comploteurs qui s’est métamorphosé en tripot, en tout bien tout honneur s’entend ], les copains de “ Roots Noise ” se mettaient en place pour une heure de blues et de rock. C’était bien plus qu’un intermède, et cela a été complété, un moment par un bœuf, avec nos duettistes.

PROZA1 

Question assistance, c’est en fait comme d’habitude, avec des amis qui viennent, et repartent. Au total une bonne centaine auront fait le déplacement pour apporter la manifestation d’un amical soutien au petit journal. On n’oublie pas Jean, alias Pröz, qui n’a pas quitté sa planche à dessin pour se laisser aller comme vous pouvez le constater.

C’est à une heure avancée que les uns et les autres ont pris, non sans avoir largement échangé sur les sujets d’actualité locaux, sans pour autant se prendre la tête avec ce qu’on entend des uns répétés par ceux qui le tiennent de quelqu’un qui l’a entendu dire.

De l’avis général, tout le monde a passé un bon moment, au milieu de ceux dont l’allure inspire la sympathie. Un petit coup de clavier, quelques accords de guitare, des notes au saxophone, des rythmes avec les percussions, un peu de va et de vient entre les formations, des contacts qui se nouent, l’alchimie de la musique qui fait le reste, le tout sans qu’il y ait autre chose que l’idée d’être ensemble, sans enjeu, pour le plaisir. C’était notre petite fête de la musique à nous, à eux, à tous ceux qui nous ont fait l’amitié de venir passer un moment pour les autres.

Vous trouverez quelques photos sur l'album en lien.

Vers 22h00, tout le monde est parti. On rangera demain les tables, les chaises, les verres, les tapis, les rallonges, les cendriers à vider, le tout à remettre en place, l’ultime coup de balai. A 23h00, c’est fini, tout est en ordre, avec l’idée qu’en se donnant un tout peu de mal, on arrive à se faire pas mal de bien.

On se donne rendez-vous pour l’année prochaine, pour une neuvième édition, les 17 ans de Pumpernickel. Ce sera le dimanche 9 septembre 2012. Qu’on se le dise, et venez nombreux !

17 ans ? 17 ans ! Mais on n’est pas sérieux quand on a 17 ans !

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants!
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin!
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière;
Le vent chargé de bruits, - la ville n'est pas loin, -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin! Dix-sept ans! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...

Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux-col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire!...

- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.

Rimbaud, "Poésies" - 1871

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