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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

1er mai, quand tu nous tiens

Généralement bien renseigné et digne de foi, le site "herodote.net" qui en connaît plus qu’un rayon sur l’Histoire, donne des éléments sur les grandes dates que nous avons bien souvent oubliées. Quand nous ne commettons pas des erreurs ou des amalgames au prétexte que le "qu’en dira-t-on" en vogue s’est chargé de mettre en musique telle contre-vérité ou tel stéréotype facile.

Ainsi est-il commun d’attribuer au régime de Vichy l’institution de la fête de mères alors qu’elle nous vient … des Etats-Unis et date de la fin du XIXème siècle quand on la fixe au deuxième dimanche de mai [ c’est d’ailleurs la date qui est retenue dans la plupart des pays européens, à l’exception de la France. La grande saignée passée, on décide de d’accommoder cette fête des mères à l’urgence nationale qui commande de combler ces morts, ces blessés, ces mutilés, par millions, qui ont payé le tribut imposé par leurs dirigeants. À ce propos, on n’en finit pas de s’étonner de la dévotion dont Clémenceau est l’objet, "Le Tigre", "Le Père La victoire" et autres mythes, alors que bien peu de cas est fait, d’une manière générale, des actions  entreprises par le Saint-Siège, en 1917, pour tenter de mettre un terme à la boucherie. C’est en pleine guerre que la municipalité parisienne organise une "fête des familles nombreuses", puis les "fêtes" glorifiant les femmes qui ont le bon goût de repeupler un pays que généraux et stratèges ont rendu exsangue. À ce propos, on rappellera cette saillie de Napoléon au soir de la Bataille d’Eylau [ qui a donné son nom à l’une des avenues qui aboutit au parvis des Droits de l’Homme ], 27 000 morts : " – Paris refera ça en une nuit ! " C’est en 1928 que l’on institue une "Journée des mères" qui fera l’objet d’une loi en 1950, la fixant au dernier dimanche de mai. Bien entendu, Vichy s’est emparé entretemps de cette affaire, louant jusqu’à la nausée, ces mères dont le ventre était fécond.

Mais l’heure n’est pas à la fête des mamans, aussi méritantes et dévouées soient-elles. Ce jour, c’est le 1er mai que la droite se met dans la poche, nous les faisant une fois de plus, pour semer le doute et la confusion dans les esprits. Ça remonte à 1988 quand le responsable d’un parti d’extrême-droite que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici déplace arbitrairement le 8 mai 1429 au 1er mai pour pouvoir occuper le pavé parisien que les bolcho-socialo-partageux arpentent depuis pas moins d’un siècle ! Il est vrai que, pour les partisans de la suppression des élections, manifester le jour la capitulation de l’Allemagne nazie peut provoquer quelques irritations. On aurait pu espérer que l’encore [ pour quelques jours ? ] président de la République ait pu nous épargner cette énième manifestation de revanchisme et de frustration, en faisant cette course indigne, pitoyable et pathétique à la remorque des tenants bleu-blanc-rougeauds de la "préférence nationale", du "droit du sang" ou des apéros saucisson-vin rouge. Que nenni, utilisant au grand jour les formulations qu’ils affectionnent quand ils sont  entre eux, Monsieur l’encore président de la République la ramène avec un " vrai travail " [ ? ] qui serait fêté le 1er mai ! En, il n’en est rien. On ne fête rien le 1er mai, on commémore la victoire d’ouvriers états-uniens, réunis dans leur syndicat, qui obtiennent enfin la journée de huit heures de travail. On est en 1886. Trois ans plus tard, l’Internationale socialiste décide de suivre l’AFL, la grande centrale syndicale états-unienne, et se joint à la date du 1er mai 1990 pour appuyer la revendication des huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de loisir. On arbore alors la fleur d’églantine rouge, ou plutôt le fruit de l’aubépine, y compris à Fourmies, en 1991 quand Marie Blondeau est assassinée par la troupe envoyée pour "maintenir l’ordre" comme on aime à le dire quand on appartient au camp de ceux qui proposent le "savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité", comme l’a dit fort à propos Madame M. Alliot-Marie lorsqu’elle essayait de se dépêtrer du mauvais pas tunisien dans lequel elle s’était mise.

Le gouvernement fantoche et collaborateur de Vichy se met au diapason de Monsieur A. Hitler qui avait lui aussi fait main basse dès 1933 sur cette journée de lutte et de revendication. On en fait une "Fête du Travail et de la Concorde sociale". Histoire de brouiller encore un peu le message, c’est un ancien de la CGT qui s’est chargé du forfait, pour lui donner un semblant de crédibilité !

À la Libération, on officialise cette "fête du travail", fériée et payée, dont l’appellation n’et que coutumière. Avec tout ça, on cherche en vain, à part les périodes de dictature et ces 25 dernières années avec la famille qui amène le pire, quand la droite telle qu’on la connaît, a défilé le 1er mai.

Et puis, on n'oubliera cette belle chanson des années '50 écrite et interprétée par Pierre Destailles, "Tout ça parce qu'au bois de Chaville y'avait du muguet" qui a déjà été honorée ici, c'était le 16 novembre 2010, mais c'était une autre histoire.

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Régis Hulot 02/05/2012 08:48


Un petit mot sur les 200.000 personnes rassemblées Place du Trocadero le 1er
mai.


 


La Place du Trocadero et du 11 novembre, située à Paris dans le 16ème arrondissement, est une place semi-circulaire bordée au sud-est par le Palais de Chaillot, construit (dans
un style typiquement monumentaliste-néo-classique très "mussolino-staliniste") pour l'exposition universelle de 1937, remplaçant le Palais du Trocadero
construit pour l'exposition universelle de 1878. Son diamètre est d'environ 160 mètres.


Débouchent sur cette place, où se trouve la statue équestre du Maréchal Foch, Maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne, plusieurs avenues. Dans le sens horaire, à partir du sud-ouest,
l'Avenue Paul-Doumer, la très chic Avenue Georges-Mandel, l'Avenue d'Eylau, l'Avenue Raymond-Poincaré, l'Avenue Kléber qui va jusqu'à la Place de l'Etoile (devenue Place Charles-de-Gaulle en
1970), et l'Avenue du Président-Wilson qui longe les jardins en direction du nord-est.


 


La surface de cette place est d'environ 2 hectares (80x8Ox3,1416=20.106 m2). Les six avenues qui y débouchent, avec leurs contre-allées éventuelles, ont entre 10 et 20 mètres de large, soit un
total de 120 mètres au plus, et une surface d'environ 1 hectare si ces avenues ont été occupées su une centaine de mètres.


En tout, donc, 30.000 mètres carrés disponibles.


S'il y avait 200.000 personnes (selon Jean-François Copé), ou même 100.000 personnes (selon Le Figaro) pour écouter et acclamer Nicolas Sarkozy, cela signifie que chaque mètre carré disponible
devait être occupé par 3 personnes, voire 6 personnes... et on ne tient pas compte des arbres !


 


Une fois de plus, on s'incline devant le sérieux des évaluations de nos actuels dirigeants, et du premier d'entre eux.


Vivement dimanche, qu'on s'en débarrasse.


 


RH