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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

29-10-09 : réunion du quartier d' “ l’épicentre ” (!)

Comme j’avais été destinataire d’une invitation à la réunion de quartier de  “ l’épicentre ”, comme dirait le “ journaliste ” de l’excellente rédaction locale du plus grand quotidien d’Alsace, j’ai fait, comme une petite centaine de mes concitoyens, le déplacement jusqu’à la salle Jean-Monnet, ce soir 29 octobre à 18h00, un peu en retard puisque les festivités avaient déjà commencé. On en était à la présentation de l’épicerie sociale [ une bonne idée, saluée comme telle dans ces colonnes lors de sa présentation au conseil municipal. ]. Bon, là, c’est au-delà du résumé, puisque rien ne nous est épargné du nombre de bénévoles [ 40 ] qui assurent son fonctionnement, de celui des familles [ une petite quarantaine ] qui bénéficient de la prise en charge, du montant des travaux, du projet de maison de la Solidarité dans le reste du bâtiment, et tutti quanti.
On dira ce qu’on voudra, mais alors que le palais du tribunal se libère, il est temps d’en décider la réquisition, au profit des malheureux, pour qu’ils aient autre chose qu’un local excentré pour bénéficier de l’attention de la société. Mais je l’ai gardé pour moi, car j’avais décidé de ne pas prendre la parole.

Puis c’est le tour des travaux au Relais culturel. Là, je m’aperçois que l’on est dans la même configuration qu’avec les autres, c’est-à-dire qu’il va falloir s’infuser le catalogue des réussites pour avoir un peu de temps pour en placer une. C’est en fait tout le contraire de la démocratie directe [ chez branché-branchouille, on parle de démocratie participative. ], et c’est plutôt contrariant. Le relais rouvrira en octobre 2010, acceptons-en l’augure. Et si j’ai bien compris, en faisant la somme des subventions, c’est tout juste si on ne donne pas de l’argent à Wissembourg pour qu’il rénove une structure construite il y a moins de 30 ans ! Si les Egyptiens avaient raisonné de la même façon, que resterait-il de leurs pyramides ?

Vient le tour des travaux à la mairie, notre maison commune, celles de tous les habitants, citoyens ou non, contribuables ou non, majeurs ou non. Même chose que pour le relais, ça ne nous coûte presque rien, ou si peu, qu’il aurait été dommage de se gêner.

Pour filer la métaphore météorologique, on entre ensuite dans les zones de turbulence avec le chapitre “ zone de rencontre ”. Alors que le maire poursuit imperturbablement la présentation des réussites de ce début de mandature [ mais, quand parlera-t-on du quartier ? ], il est interrompu par une Citoyenne qui est riveraine de la zone et qui n’a constaté aucun ralentissement de la vitesse quand en revanche le bruit généré par les “ beignets aplatis ” [ il s’agit en fait des “ coussins berlinois ”, que je n’ai jamais vus à Berlin, mais chacun sait qu’un “ Berliner ”, c’est un beignet, d’où l’éclat de rire quand Kennedy s’est exclamé : Ich bin ein Berliner ! ] est insupportable, à cause de la vitesse excessive des automobilistes. Le maire lui répond alors que l’on teste, que l’on n’imposera rien, que l’on peut modifier, et que l’objectif est bien de trouver une solution pour faire rouler moins vite.
Probablement enhardi par cette intervention intempestive, un autre Citoyen prend alors la parole pour demander, exiger, que l’on s’occupe du bassin à poissons rouges du parc von Stichaner, en enlevant les sapins dont les aiguilles souillent l’eau, ou quelque chose comme ça. Il est renvoyé vers l’adjointe au cadre de vie qui devrait l’inviter à participer à la prochaine commission. Notre homme embraie aussi sec sur la question du non-ramassage de sa poubelle par les services de nettoiement, alors qu’il paie sa redevance comme tout le monde. Le maire lui répond alors que la collecte ne représente que 30% du prix payé pour les ordures ménagères, ce qui tendrait à laisser supposer que peu importe que l’on prenne ou non notre poubelle, ça sera toujours hors de prix.
Petite incise d’un autre Citoyen qui a constaté que les automobilistes empiètent sur la voie cyclable de la rue Nationale pour éviter le “ beignet aplati ”. Sans réponse, mais il semble que cela ait été noté par les techniciens présents.

Nous continuons avec l’exposé de réussite municipale qui cette fois s’appelle “ chèque culture sport loisir ”. Bonne idée qui a déjà une bonne cinquantaine de bénéficiaires qui consiste à aider, proportionnellement et progressivement en fonction de leurs revenus celles et ceux qui veulent s’impliquer dans la vie locale associative et culturelle. Des prises en charge allant de 20% à 80% sont possibles. Cette initiative est évidemment la bienvenue en période de croissance négative, à moins qu’il ne s’agisse de récession positive, comme dirait Madame la ministre de l’économie.

Terminons maintenant avec l’arrivée de la TNT [ non, il ne s’agit pas de 3(NO2)-C6H2-CH3, le trinitrotoluène, mais bien de la télévision numérique terrestre. ]. Ça doit être un sujet, puisqu’il y aura même un camion expo pour nous en parler sur le marché, et que cela fera l’objet d’une communication dans l’un des prochains “ journaux municipaux ”.

Juste le temps de nous dire que le musée Westercamp rouvrira(it ?) pour son centenaire, en 2013, et un Citoyen demande simplement qu’après une heure de monologue, la parole soit donnée à l’assistance. Bonne idée qui détend un peu l’atmosphère.

Pas pour très longtemps puisque la première intervention porte sur les désordres permanents place du Marché-aux-Choux, aux abords du pub. La Citoyenne qui prend la parole est celle qui s’est déjà exprimée, en termes identiques, lors de la réunion du 6 mai 2009 intitulée “ votre sécurité, vos libertés ” organisée par le ministère de l’Intérieur. Pumpernickel a fait une relation de cette soirée, affligeante de banalité et consternante de platitude, sur fond de mise en place de sécuritarisme tout-à-fait inquiétant. Vous pouvez retrouver ce compte-rendu sur le blog de Pumpernickel à la page du 6 mai 2009 [ clic sur ce lien ] et en particulier l’intervention de cette dame, ainsi que la teneur des réponses lénifiantes et convenues qui lui ont été faites :
“ […] Puis, c’est le commandant de la brigade qui démarre, sans prétérition, pour 40 minutes d’un exposé rehaussé de l’incontournable “ PowerPoint ” qui ne va pas nous quitter de la soirée. Pour résumer, ils ne sont qu’une petite centaine sur le secteur, mais ils travaillent près de 9 heures par jour, sans compter les astreintes, et les délinquants n’ont plus qu’à bien se tenir. Pour faire des économies, ils se sont mis à OpenOffice et à Linux [ comme quoi, l’anticonformisme a tout de même du bon ] et résolvent [ solutionner ] près des ¾ des affaires.
Quand c’est enfin fini, quelques flagorneurs prennent la parole pour se féliciter des excellentes relations qu’ils ont avec la gendarmerie. Puis vient la fausse note, avec cette dame qui n’en peut plus du vacarme qui lui est imposé, de la grossièreté infligée à ses enfants, ou des menaces à peine voilées qu’elle doit subir de la part des clients avinés du débit de boisson situé sous ses fenêtres. Tout cela lui pourrit la vie. Elle a pourtant fait appel à la gendarmerie, mais cela ne sert à rien, elle a l’impression d’être immolée sur l’autel d’on ne sait quel idole. Là, tout le monde est un peu gêné, parce qu’on ne va tout de même pas couper la parole à une représentante de la majorité silencieuse qui a le courage de dénoncer autant l’inconduite de mal-élevés que l’inconsistance de l’intervention de forces de l'ordre qui savent bien par ailleurs montrer qu’elles ont les moyens d’être redoutées. Pauvre femme, on lui répond dans le registre bien connu puisé aux meilleures sources de la langue de bois : dialogue, écoute, rendez-vous, plainte, tout y passe, et l’ancien maire de Wissembourg ne peut retenir un sourire de délectation en entendant son successeur justifier les autorisations exceptionnelles d’ouverture qu’il a données, et reconduites.

18h20, lapresse.com prend une photo. On aura évidemment eu droit aux vélos qui roulent sur les trottoirs et aux cyclistes qui font des réflexions, mais c’est un classique du genre.
[…] ”

Le problème, c’est que ce soir, le maire était prêt à renouveler l’exercice, du genre, j’ai bien entendu le message, je vais en parler, écrivez-moi, faites le 17, il faut bien que les jeunes soient quelque part, c’est embêtant, et d’ailleurs je ne suis pas responsable de tout.
Le problème, et c’était la raison de mon intervention [ puisque, malgré ma résolution, je l'ai tout de même ouverte ] que l’on a qualifiée de passionnée, et c’est tant mieux, c’est que ce genre de propos, que l’on peut qualifier de dilatoires, a déjà été tenu il y a 6 mois, et que depuis, rien n’a été fait.
Pendant cette demi-année, des riverains ont souffert, ils ont été privés de sommeil, des enfants ont dû subir le spectacle outrageant de personnages, dont quelques-uns sont mineurs, en état d’ébriété avancée, proférant menaces et grossièretés envers quiconque s’aviserait de les empêcher de poursuivre leur désolante entreprise.
Pendant cette demi-année, des “ forces de l’ordre ” n’ont pas eu l’idée ni le temps ni l’audace de faire le dixième de ce qu’elles nous montrent en d’autres occasions pour mettre à la raison un groupe plus ou moins constitué de vilains garnements plus ou moins délurés.
Pendant cette demi-année, la municipalité n’a pas eu l’idée d’envoyer quelques-uns de ses uniformes bleu marine pour informer les responsables du pub qu’un problème était en train de se créer et qu’il était de l’intérêt de tous que chacun cherche à y apporter une solution.
Pendant cette demi-année, la municipalité n’a pas eu l’idée de déléguer l’un des siens pour conduire avec les riverains concernés, les responsables du pub et la clientèle l’action de prévention qui aurait permis de remettre un peu d’ordre dans ce chaos.
Il ne s’agit évidemment pas de demander plus de répression, ou plus d’uniformes, il s’agit d’exiger que les uns et les autres fassent leur travail, tout leur travail, et rien que leur travail.
On est ensuite passé aux choses sérieuses avec le problème d’accès à un garage pour cause de stationnement sauvage qui ne doit pas excéder 7 jours [ qu’on se le dise ! ], permettant au maire d’annoncer que le parking de l’ex-Tribunal sera bientôt payant [ ça va faire des heureux
! ], ou encore la question des crottes de chien qui pourrissent la vie des riverains des petites rues en même temps qu’elles souillent les semelles de leurs chaussures. Que dire des maîtres de “ nos amies les bêtes ” sinon qu’ils manquent singulièrement d’éducation, qu’ils ignorent le respect des autres et qu’ils n’ont en fait aucune dignité d’eux-mêmes.

Comme il était 19h45, et que l’on m’attendait à la maison, j’ai pris congé de l’assemblée, apprenant par la suite que tout s’était prolongé encore un quart d’heure.

A vrai dire, si l’on met de côté l’aspect décontracté de cette soirée, je vois peu de différence entre les deux exercices que j’ai connus. Il faut à tout prix en finir avec ces interventions interminables qui lassent l’auditoire que l’on assomme. L’idée ne devrait pas être de faire un numéro devant un parterre, mais bien de s’effacer, pour une fois, en acceptant que les rôles soient inversés : que les élus se taisent, et que le peuple des Citoyens s’empare de la parole.

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