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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

28 mai 2010 : soirée de gala à l’Hôtel de ville

Certains membres du conseil municipal avaient décidé de mettre les petits plats dans les grands pour ce qui ressemblait à une reprise, après les réunions publiques à Altenstadt et rue du Nord. Arrivé avec quelques minutes de retard, je suis tombé dans une sorte de pugilat entre les uns, à ma gauche, et quelques autres, à ma droite. Il s’agissait de contester le compte-rendu du précédent conseil durant lequel celui qu’il convient maintenant d’appeler Monsieur le S.T.C. [ comprendre “ subjonctif territorial conditionnel ” ]  a envoyé une charge indignée à l’encontre d’une municipalité que manifestement il ne supporte plus. Il s’agissait de la dilapidation des deniers publics par des gens qui en prennent à leur aise avec le montant des adjudications (l’une d’entre a été gonflée de 15 000 €, et cela ne plaît pas à Monsieur le S.T.C.), ou qui renoncent à faire payer l’entrée en ville pour la Pentecôte (qui a été un succès, malgré les centaines de cierges que Monsieur le S.T.C. semble avoir fait brûler pour que la pluie ruine le weekend). Il a ensuite joint sa voix à celle du colportage de cancans en rapportant qu’il a entendu dire par quelqu’un qui l’a entendu lui-même que le maire aurait [ “ – et j’emploie bien … euh, le … euh, … subjonctif (sic !) … euh, le … conditionnel ” ] déclaré à une personne âgée [ riveraine du futur immeuble construit sur terrain vendu par l’ancienne adjointe à la culture ] que compte tenu de son âge, elle n’aurait plus longtemps à subir la nuisance qu’elle dénonce [ il faut dire que si c’est vrai, c’est inadmissible, et que si c’est faux, il est inadmissible de répéter ce genre d’ânerie ]. Dénégations du maire, puis le second adjoint prend la parole, suivi de la première adjointe [ qui a utilisé le terme de vacuité pour qualifier les propos de Monsieur le S.T.C., ce qui est bien trouvé ], l’un et l’autre drapés dans leur légitimité démocratique pour dénoncer les errements et les débordements verbaux [ en fait on devrait dire verbeux ] d’un gars qui ne se remet pas d’avoir perdu et qui envoie ses chevau-légers, ancien adjoint aux permis de construire en tête, faire ce qu’ils prennent pour des mots d’esprit, eux qui en semblent dramatiquement dépourvus. C’est vrai que forfaiture pour un budget municipal est largement excessif, et semble émaner d’une individualité qui voudrait se pousser un peu du col en utilisant un vocabulaire qu’elle ne maîtrise pas, posant alors un acte … de forfanterie ! Quant à entrer en résistance, on est carrément dans la démesure, car l’utilisation de ce registre de vocabulaire dans ce contexte est complètement décalée. C’était la teneur des interventions des majoritaires qui n’ont pas hésité à en faire des tonnes en en appelant à l’état de droit, à la République, à la démocratie, à la légalité, et tutti quanti. Il aurait été si simple de dire à Monsieur le S.T.C. qu’une plainte en diffamation lui pendait au nez pour ses propos injurieux, insultant et mettant en doute l’honorabilité de la municipalité. Il aurait sans doute été d’accord, lui qui n’hésitait à faire condamner l’un de ses administrés pour 4 mots de travers. Et ce n’est pas le maire-délégué d’Altenstadt qui aurait dit le contraire, lui qui s’était mué en procureur de mauvaise opérette pour désigner la future victime à la vindicte.
Tout cela est bien dommage, toute cette énergie gaspillée en pure perte lors d’un combat stupide bien éloigné des préoccupations des Wissembourgeois confrontés à la raréfaction de l’emploi et à l’incertitude de l’avenir. Sans oublier les atteintes au droit du travail dont les amis politiques de Monsieur le S.T.C. se sont fait une spécialité pour complaire à leurs mandants du patronat et de la finance.
Tout cela est d’autant plus dommage qu’après avoir envoyé force boulets ramés contre un maire qui est aussi accusé d’avoir accordé une autorisation de tuyau d’évacuation sans déclaration de travaux[ “ – est-ce parce que c’est un ami ? ” ne manque pas de demander l’ancien adjoint aux permis de construire, qui vérifie aussitôt, d’un regard circulaire, s’il a l’approbation du public, raté ! ], notre opposition, pourtant très remontée, ne vote même pas contre un compte-rendu qu’elle a vilipendé ! Elle s’abstient, oui, vous avez bien lu, elle s’abstient ! Et tout le monde sait que lorsque l’opposition s’abstient, c’est qu’elle est d’accord. Et en l’occurrence, c’est n’importe quoi, et surtout, elle apparaît après cette comédie en fait indigne, intégralement disqualifiée, et il est permis d'ajouter ridicule.
Le reste sera à l’avenant, puisque la quasi-totalité des points abordés seront adoptés à unanimité sans qu'il y ait vraiment débat, discussion ou interrogation. La subvention de 1 000 € à la base aérienne de Drachenbronn, qu’il serait bon de caresser dans le sens du poil parce que l’une de ses sections s’appelle Wissembourg aura tout de même une voix contre et une abstention, la remise gracieuse de pénalités de retard [ une petite centaine d’euros ] deux abstentions, et tout à l’avenant.

On reviendra néanmoins sur le point 11, celui d’une servitude passage accordée à un habitant d’Altenstadt qui a eu la mauvaise manière de traiter en dehors des élus, a fait remarquer, relativement courroucé, le maire-délégué. Il s’est cru obligé d’ajouter que l’on comprendrait alors qu’il s’abstînt lors du vote [ l’imparfait du subjonctif, c’est moi ]. Et là, on est dans un cas d’école où les élus s’entre répondent d’un air entendu sur un sujet qu’ils sont seuls à connaître et qu’ils ne veulent pas partager avec le public, pourtant nombreux, une fois de plus. Ce comportement de secret, à la limite de l’immaturité, est désobligeant pour les citoyens traités en êtres mineurs qui n’ont pas à connaître des détails des petits secrets de ceux qui ne tiennent leur petit pouvoir que de l’ignorance dans laquelle ils maintiennent leurs administrés. Car si l’on cache les raisons du différend entre un particulier et la commune, il est permis de penser que l’on sait aussi cacher plus fondamental. Et cela, c’est insupportable. Ce n’est pas surprenant quand cela vient du maire-délégué d’Altenstadt qui n’hésitait pas il y a 26 ans à faire la morale à l’un de ses administrés qui avait eu l’insolence de lancer une pétition dans le village sans lui en parler au préalable ; que le maire de Wissembourg se prête au jeu est on ne peut plus dommage.

Au chapitre des informations qui clôt la séance, on donne une sorte de résumé des diverses animations plus ou moins socio-culturelles à venir. C’est à ce titre qu’il a été fait mention de l’exposition Caravage dont la première-adjointe, intervenant après le maire, a tenu à préciser que la paternité, l’initiative, et on peut dire la réalisation tout entière revient à Hubert Wendel, grand ordonnateur du festival de musique de Wissembourg. Merci pour lui, et rendez-vous dans le prochain numéro de Pumpernickel qui n’attend plus que les illustrations pour paraître.

Voilà, c’est tout ce que j’ai retenu de cette séance, en priant le Ciel qu’il se dégage un peu d’ici le prochain conseil, le 25 juin.

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