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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Ah ! Les Français de l’étranger ! – 2

Décidément, on ne se refait pas ! Et ce sont les media suisses, souvent bien au fait l'actualité hexagonale qui nous le disent : les Français, les bons Français, les vrais Français, les "bleu-blanc-rougeauds" tendance franco-franchouillarde sont inquiets depuis la défaite de leur champion, celui qui n'a eu de cesse de leur faire, un quinquennat durant, cadeaux, chèques et exemptions fiscales diverses. Il paraît que ça se chiffre en dizaines de milliards par an !
Que faire quand ce sont les partageux qui se trouvent dans la situation qu’a connu la droite quelques dizaines durant quand elles trustaient tous les leviers, tous les pouvoirs, toutes les courroies de transmission ? Si en plus d’être de droite, on n’a pas beaucoup de dignité ni de respect des autres, on passe une frontière et on va faire semblant de s’installer sous des cieux plus accueillants. C’est ce qui se passe actuellement, dans un double mouvement : d’une part, les exilés fiscaux en Suisse quittant ce pays, effrayés à l’idée que des accords puissent être conclus entre les deux gouvernements, helvétique et français, et d’autre part, ceux qui n’étaient pas encore partis prennent des contacts et se cherchent des points de chute d’où ils pourront, à l’instar de ce pauvre Mandrin, "regarder la France", mais là, ce ne sera pas du haut de leur potence, puisqu’ils seront assis sur leurs tas de billets d’argent forcément bien gagné, honnêtement gagné, durement gagné. Mais comme l’explique ingénument "lematin.ch" [ qui donnait les résultats de l’élection présidentielle dès 16h00 le 6 mai ], ce sont maintenant de nouveaux "forfaitaires" qui s’apprêtent à rejoindre la petite cinquantaine de ces pauvres gens, issus de la classe aisée, qui ont peur que les socialo-bolchéviques leur prennent tout. C’est évidemment pathétique, venant de ceux qui savent par ailleurs s’époumoner quand il faut chanter "la Marseillaise" devant les caméras, le soir du 6 Mai 2007, place de la Concorde, à l’unisson d’une brochette d’émigrés, au sens de la fin du XVIIIème bien sûr.
Ces mêmes gens, dont on peine à croire qu’ils se reconnaissent vraiment dans la collectivité nationale, passent leur temps à s’en prendre "aux Français", comme s’ils n’en étaient pas eux-mêmes, et à leurs mauvaises habitudes, en multipliant poncifs et stéréotypes qui achèvent de les déconsidérer. Combien de fois les a-t-on entendu parler de ce qui se passe "dans ce pays", alors qu’ils ne se rendent même pas compte qu’en utilisant de pareilles formules ils s’en excluent eux-mêmes.
Doit-on leur souhaiter bien du plaisir quand les Suisses, que l’on sait très avisés, les astreindront à payer eux-mêmes leurs dépenses de santé ou les frais de scolarité de leurs enfants, s’ils en ont ? Peut-on recommander à notre nouveau gouvernement, que l’on sait très attentif, de ne pas oublier de contraindre les Français de l’extérieur, s’ils veulent pouvoir faire usage de leur droit de vote, à une déclaration sur l’honneur selon laquelle ils ne sont pas à l’étranger pour échapper au fisc ? Après tout, on exige bien des étrangers qu’ils aient une "bonne connaissance du français" pour obtenir le droit de s’installer chez nous, même provisoirement, il ne serait pas excessif de mettre un peu à l’épreuve la loyauté de ces gens qui se précipitent au-delà des frontières dès que l’embryon de l’ombre d’une difficulté éventuelle semble se profiler.
Pendant ce temps-là, il paraît que la passation se prépare. On en a déjà eu une illustration avec cette cérémonie pour le 8 Mai, "hier" accompagnant "demain". Au-delà d’une image d’une réconciliation qui n’a pas lieu d’être, puisque compte tenu des propos tenus par le battu qui n’a jamais manqué une occasion de traiter son concurrent de "menteur" [ ce qui est diffamatoire ! ], c’est plutôt des excuses qu’il faudrait présenter, doit-on s’étonner de la présence de deux citoyens, fussent-ils éminents, à une cérémonie perpétuant le sacrifice de ceux qui se sont battus pour que nous ayons le privilège de vivre la Liberté au quotidien ?
Mais intéressons-nous à la situation de celui qui a disloqué la communauté nationale, prêché la désunion et cultivé le morcellement social. Il sera à l’abri du besoin, nous dit l’essentiel.lu qui détaille les largesses que la République est capable de réserver, même à ceux qui l’ont si mal servie, ou qui en ont fait dire tant de mal. Sous réserve d’inventaire, entendre parler d’un million et demi d’euros peut faire rire, puisqu’au-delà d’un million, le nouveau président faire prendre les trois-quarts !

Tout cela n’a évidemment rien à voir avec ce qui suit.
Terminons avec celle qui n’a pas eu l’heur de mobiliser les rédactions, Asmaa Mahfouz, prix Sakharov 2011 pour la liberté de l'esprit, l'une des figures de proue du mouvement de contestation populaire qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak en février 2011, qui vient de prendre un an de prison et une forte amende sous prétexte qu’elle aurait "battu un homme", ce qu’elle dément formellement.

Et on terminera avec cette anaphore qui vaut tous les programmes et tous les engagements :

Je veux être un président qui d’abord respecte les Français, qui les considère. Un président qui ne veut pas être un président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien.
Moi, Président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée.
Moi, Président de la République,  je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
Moi, Président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti dans un hôtel parisien.
Moi, Président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. Je ne nommerai pas les membres du Parquet alors que l’avis du Conseil de la Magistrature n’a pas été dans ce sens.
Moi, Président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs de chaînes de télévisions publiques. Je laisserai ça à des instances indépendantes.
Moi, Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire.
Moi, Président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du Chef de l’Etat. Je le ferai réformer de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés je puisse, dans certaines conditions, me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m’expliquer devant un certain nombre d’instances.
Moi, Président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d’hommes.
Moi, Président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts.
Moi, Président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Moi, Président de la République, je ferai un acte de décentralisation parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Moi, Président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats. Et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi ou ce qui relève de la négociation.
Moi, Président de la République, j’engagerai de grands débats. On a évoqué celui de l’énergie et il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions là de grands débats citoyens.
Moi, Président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas celles de 2012 mais celles de 2017, parce que je pense qu’il est bon que l’ensemble des sensibilités soit représenté.
Moi, Président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions. Mais en même temps, je ne m’occuperai pas de tout et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français.
J’avais évoqué une présidence normale, rien n’est normal quand on est président de la République puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tous cas l’Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète. Il y a l’enjeu de l’environnement, du réchauffement climatique. Bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets là mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre.

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