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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

après le conseil de vendredi 21 octobre 2011

Peu ou rien à dire sur ce conseil municipal dont on se demande pourquoi il a été convoqué [ une dizaine de points plus ou moins secondaires qui auraient sans doute pu être intégrés à un véritable conseil ] : il ne s’y est pratiquement rien dit, en particulier sur ce qui empoisonne la vie publique locale, ces projets d’urbanisation extensive qui ne reposent sur aucune nécessité réelle. Mais c’est comme ça.

Dans le fatras des points abordés, et votés plus ou moins à l’unanimité des 23 présents, il y a eu ici et là quelques sujets qui ont été soigneusement évités ou traités avec un dilettantisme qui ne laisse point d’inquiéter.

Parmi eux, cette carte de crédit [ point 4 ] que l’on nous présente comme un gage d’efficacité parce que de rapidité, à moins que ce ne soit l’inverse, de la gestion municipale. Le montant des dépenses sera limité à 3 000 € / mois, et les achats ne pourront excéder 750 € chacun. Cela va sûrement tout changer dans le Landernau local, mais ça fait moderne, et ne coûte que 15 € / an, une misère, puisqu’on vous le dit. Et si l’efficacité est à ce prix, comment oserions-nous penser le contraire ? Cela permettra, a précisé le maire, d’acheter “ sur l’Internet ” des produits qui y sont moins chers que chez le distributeur, il a oublié de préciser “ local ”. Nous savons tous qu’il est fréquent qu’un acheteur potentiel aille voir dans un magasin quelle est l’allure du produit qu’il envisage d’acquérir avant de rentrer chez lui pour le commander “ sur l’Internet ”, histoire de bénéficier de quelque ristourne ou point fidélité en usage sur ce medium. Au fait, ça veut dire quoi, “ sur l’Internet ” ? Simplement que celui qui a au mieux un hangar à tous les vents au milieu de nulle part peut mettre des fourgonnettes à sillonner les routes pour faire du porte-à-porte de livraison sans se soucier d’un quelconque service après vente, pendant qu’un commerçant local paie sa patente, son personnel, ses frais fixes, et assure le SAV ignoré par l’autre. Il est normal de mettre ces deux personnages en concurrence, libre et non-faussée, comme ont seriné les eurocrates qui n’aiment pas les peuples d’Europe, sachant qu’ils jouent exactement dans la même catégorie. L’exemple donné au conseil municipal en dit long sur ce que l’on peut penser : « … Pour un ordinateur, il y a parfois 150 € de différence, alors il vaut mieux acheter “ sur l’Internet ” » N’étant pas établi à Wissembourg dans le commerce de matériel informatique, Pumpernickel n’a évidemment aucune idée de ce que l’on peut ressentir quand on entend ce genre d’énormité.

Autre point, la possibilité  [ point 5 ] qui va nous être offerte de payer par carte bancaire “ les produits locaux de la collectivité territoriale municipale ” comme on peut le lire dans la note de synthèse. On ignorait jusqu’à vendredi dernier que la commune de Wissembourg commercialisait des produits locaux ! Il faut voir là l’intrusion du jargon des xyloglottes techno-branchouilles qui veulent nous faire abandonner toutes les références culturelles et sociales qui ont constitué, siècles après siècles, les fondements de notre organisation. Voilà maintenant que les impôts sont promus “ produits locaux ” ! On croit rêver ! En plus il paraît que nous sommes tellement pressés d’acquitter nos “ produits locaux ” que nous tiendrions à le faire 24 heures sur 24, dans un environnement sécurisé, sans avoir à nous déplacer. C’est la direction générale des finances publiques qui le prétend. Elle a oublié d’inclure à ses éléments de langage, puisés aux meilleures sources du jargon des xyloglottes techno-branchouilles, mais on comprend pourquoi, que tous ces recours à la “ dématérialisation ” se soldent par des suppressions massives d’emplois dans les administrations concernées en même temps que l’on exclut du jeu social celles et ceux que l’Internet indispose [ en raison des atteintes permanentes à la vie privée dont il est responsable par le traçage et l’engrangement systématiques des recherches qu’il organise, ce n’est pas Pumpernickel qui le dit, c’est l’ancien président de la commission national pour l’informatique et les libertés qui l’affirme pour s’en inquiéter dans une récente communication à la presse ( clic sur le lien ) ] ou intimide, les plus âgés ou les plus vulnérables d’entre nous. Mais que pèsent ces considérations en face des assertions d’une direction générale des finances publiques qui peut dire n’importe quoi en toute impunité ?

Dernière remarque pour cette interminable discussion durant laquelle on aura entendu beaucoup de “ vérités ” énoncées avec d’autant plus d’aplomb qu’il s’agit de répéter ce que le chargé de communication d’une entreprise qui fait de l’argent avec du vent, en fait de l’énergie éolienne, a déjà ânonné comme on lui a demandé de le faire. Non qu’il s’agisse de tourner le dos à l’installation d’éoliennes sur le territoire de la commune ou de la communauté de communes [ à ce propos, les réticences de l’ancien adjoint aux permis de construire sont grotesques, cette personne découvrant que les pouvoirs, les xyloglottes parlent de compétences, de la commune sont mis en pièce au profit d’une intercommunalité qui décide de tout hors de tout contrôle démocratique DIRECT, on se demande à quoi il rêvait lorsqu’il cirait les pompes du futur président territorial de Wissembourg ], le recours à ce type d’énergie couplé à des économies encore à faire étant probablement l’une des solutions au drame que nous nous apprêtons à connaître en la matière. Non, ce qui était drôle, à moins que ce ne soit tragique, c’est de les avoir entendus parler des progrès faits en matière de rendements grâce aux nouveaux aimants dont sont équipées les nouvelles turbines : ils sont dopés au néodyme. Ce minerai est issu de ces terres rares dont l’extraction, essentiellement en Chine, est à l’origine de pollutions dont les dimensions nous échappent totalement. Ces terres rares, dont le prix a été multiplié par dix en 5 ans [ clic sur le lien ], 130 000 tonnes en sont produites chaque année, recèlent du terbium pour la fabrication des LED ultra-puissantes, du lanthane pour les verres optiques, du cerium pour les batteries et les lampes compactes, ainsi que d’autres joyeusetés comme le lutécium, l’ytterbium, l’erbium, l’holmium, le dysprosium, le scandium, l’yttrium, le praséodyme, le prométhium, le samarium, l’europium, le gadolinium et autre thulium dont le traitement est à l’origine de véritables ravages  [ clic sur le lien ] dans les usines-bagnes du désert de Gobi où le régime de Pékin a pris soin de les implanter. Mais que pèsent ces considérations en face des assertions d’une entreprise pressée de faire de l’argent sous la bannière du renouvelable ?

Pour le reste, rien à dire. L’ambiance est exécrable avec un rappel un peu lourdingue du nombre d’absences du conseiller général pourtant titulaire à la commission des finances, conseiller général qui ne prend même pas la peine de se faire convenablement remplacer par l’ancien adjoint aux permis de construire qui doit organiser une défense aussi précipitée que maladroite pour essayer de justifier ses propres absences.

Tout cela sur fond de potins et de cancans selon lesquels la lecture de Pumpernickel serait déconseillée à tel ou telle car incompatible avec un mandat de conseiller/conseillère municipal/-e ou d’adjoint/-e au maire, après que Pumpernickel aura été rayé de la liste d’envoi de la note de synthèse, et autres mesures qui traduisent une grande nervosité. Rappelons que si les comportements de l’ancienne municipalité lui ont valu un carton rouge en 2008, il s’agissait néanmoins d’adversaires qui ont l’habitude de considérer leurs concurrents comme des ennemis. On avait cru comprendre que la nouvelle équipe, à la veille des élections, avait adopté une sorte de code de bonne conduite empreinte de distance et d’intelligence, c’était la raison pour laquelle tant d’énergie a été déployée pour qu’elle soit le second terme de l’alternative. En se conduisant différemment, on ruine les espoirs et on construit l’amertume. Ce n’était pas vraiment au programme.

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