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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Au conseil municipal du vendredi 30 octobre 2009 – 2

Commentaire laissé par Michel Zint ce dimanche 8 novembre 2009

Quelques correctifs aux commentaires et présentations du dernier conseil municipal sont à apporter. Je vais m'y coller petit à petit (mais pas aujourd'hui, il y a trop de points à détricoter dans ce pull taillé pour l'hiver) et tenter d'amorcer les échanges nécessaires au partage de l'information. Pas de partage sans échange.

Le conseil municipal s'est déroulé le 30 octobre 2009 et non pas le mois N°11 cité en titre. Les 10 ha et plus de la ZAC Steinbaechel non affectés à la construction ne sont pas de l'espace viaire par défaut, mais en grande partie des zones laissées naturelles, des vergers, des aménagements paysagés de gestion de l'eau,…

La base de départ de l'étude porte par conséquent sur une surface d'environ 25 ha, mais cela ne signifie EN RIEN que l'on balaye ces 25 ha. Le périmètre choisi est à ajuster par l'étude globale de l'architecte C. Linder présente ce soir du 30/10 ; elle n'a rien d'une chargée de communication, mais est mandataire d'une équipe pluridisciplinaire, dont elle venait résumer les approches (phase de diagnostic) en amont des premières pistes de projet. Les études diverses (impact, hydraulique, paysagère,…) sont aussi là pour arriver à ce type de constat, pour certains évident, de zones à préserver. Si vous divisez le coût de la mission par le nombre d'intervenants nécessaires, rapporté au temps d'analyse, de projet, d'échanges et de mise en forme du dossier, vous relativiserez le coût annoncé d'une telle étude. Nous parlons ici d'une somme globale et d'un chiffre brut, dont je ne ferai pas le détail des charges. On est loin d'une débauche financière, vu l'enjeu de la mission.

Je ne sais pas ce que signifie ici un "espace resté intact", les plus vieilles vues et images du secteur attestent que la colline était ici touchée et exploitée par l'homme, que de nombreux vergers en tapissaient le relief. Pour qui s'y promène actuellement, un tout autre paysage se dessine, une partie des vergers est devenu friche, une autre rappelle que la propriété est privée, les clôtures grillagées prennent place,… bref, la promenade se résume à monter un chemin taillé droit dans la pente, coincé entre deux talus ! J'en appelle à la contradiction, bien volontiers.

De là à dire qu'il serait stupide d'y construire, le raccourci est brutal et malvenu, il va à l'encontre d'un travail de fond sur ce que signifie "habiter" un lieu, ceci coupe court à toute démarche de projet qui ne se nourrit pas seulement d'évidences.

Gros travail en perspective, Astérix !

Réponse d'Astérix – Pumpernickel

Oui, c’est une erreur que je reconnais bien volontiers, le conseil municipal s’est bien tenu le 30 octobre, et non le 30 novembre.

Les 10 ha et plus de la ZAC Steinbaechel non affectés à la construction ne sont pas de l'espace viaire par défaut, mais en grande partie des zones laissées naturelles, des vergers, des aménagements paysagés de gestion de l'eau,… : oui, il y aura des zones de sociabilité dont Madame l’architecte a précisé qu’elles pouvaient être “ des prairies agrémentées d’un banc, car on n’a pas besoin de déployer de gros moyens pour que des enfants puissent jouer tranquillement ” qui prendront de la place. Oui, tout cela est vrai, comme l’est tout autant que 450 logements, c’est, dans l’état actuel d’habitudes dont les décideurs attendent depuis 50 ans qu’elles se décident à évoluer, un bon petit millier de voitures dont chacune a besoin de 10 m² rien que pour stationner : voilà déjà 1 ha affecté. Et c’est comme dans les dix petits nègres, il n’en reste plus que 9 !

Dire que Madame l’architecte a surjoué le registre de la poésie et de la sensiblerie pour constater ce que tout le monde sait n’a rien d’excessif : “ On va se glisser dans la topographie, on ne va pas masquer le paysage, ce sera une nouvelle façade pour la ville, on va faire de la couture urbaine, les vergers bien entretenus vont fabriquer la qualité de la vie su nouveau quartier… ”. Tout cela a été dit par Madame l’architecte qui n’a d’aucune manière cherché à “ vendre ” le projet et n’est par conséquent pas une chargée de communication. Et il est normal d’imaginer que pour enfoncer les portes ouvertes de la glorification du patrimoine naturel [ que nous avons hérité de nos parents et que nous devons laisser en bon état aux génération futures ] d’engager des dépenses somme toute fort modestes pour entamer une étude dont nous n’avons appris l’existence que lors de cette séance du conseil municipal. Oui, tout cela est vrai, absolument vrai.

Comme le sont d’ailleurs toutes les protestations de bonne volonté de préservation du patrimoine. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller rue de la Poudrière et de voir comment a été construite la première tranche du “ Domaine des Dieux ” local : aucun recours aux énergies renouvelables, isolation “ classique ”, fenêtres en PVC, utilisation maximale de chaque m². Ne nous avait-on pas dit, du temps de l’ancien équipage, que l’architecte des bâtiments de France veillait au gain et que, comme l’ensemble est visible des remparts, rien ne viendrait en gâcher la vue. Chat échaudé craint l’eau froide, dit la sagesse populaire. Après tout, il ne tient qu’aux autorités de démentir par leur comportement quotidien ce que des Citoyennes et des Citoyens ordinaires ne font que constater.

Comme l’est la remarque sur “ un "espace resté intact" ” : il s’agit d’une maladresse et d’une imprécision de langage que l’on me pardonnera puisque quelques lignes plus haut, j’avais parlé de l’équilibre qui règne au sein du biotope du Steinbaechel depuis quelques centaines d’années. Et si la marque des Hommes y est bien visible, elle s’est bornée jusque-là à ne prélever sur le capital qu’une partie des intérêts produits par sa dynamique. On était là dans ce qui fait le cœur de ce développement durable dont on nous rebat les oreilles, et dont Pierre Rahbi, celui qui défend intelligemment la décroissance soutenable et la sobriété heureuse, interrogé par le plus grand quotidien d’Alsace (édition du 6 novembre 2009) dit qu’il s’agit d’une tarte à la crème, d’une diversion, en ce que le modèle qui nous en est présenté ne propose pas d’en finir avec le processus de dégradation de la planète.

Le fond de cette opération reste obscur. Cette légende des 50 logements à produire est un non-sens, quand les logements en ville ou bien ne se vendent pas ou bien se louent mal. La question reste celle de ce que feront ces gens que nous aurons logés, ce qui les occupera, quel type de richesse ils produiront, alors que nous serions suspendus au carnet de commande de telle ou telle entreprise locale.

Pour ne pas être exclusivement négatif, alors qu’une maison de la Solidarité est en bonne voie d’achèvement, alors que l’équipe choisie par 50,5% des Wissembourgeois qui sont allés voter arrive au terme du premier quart de son mandat,

· a-t-on le droit de s’impatienter de ne pas voir venir de manufacture de capteurs solaires sur le site de Wimétal [ alors que les compétences des licenciés, dont une bonne part n’a pas retrouvé d’emploi durable, ne demandent qu’à être exploitées ! ] alors que l’équipement des ménages va se poursuivre en s’accélérant,

· a-t-on le droit de s’impatienter de ne pas voir venir de maraichers couplés à des AMAP qui redonneraient aux uns et aux autres le goût de vivre et de faire vivre le lieu qu’il habitent,

· a-t-on le droit de s’impatienter quand des discours viennent remettre sur le tapis les vieilles lunes d’une agglomération de 10 000 habitants à Wissembourg quand dans le même temps l’ONF est parti, le tribunal d’instance a mis la clef sous la porte, la sous-préfecture est sur un siège éjectable et la poste d’apprête à être “ restructurée ”, au sens libéraliste du terme bien entendu.

Gros travail en perspective, Anglaigus !



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