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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

avec Monsieur Viktor, l'europe national-libéraliste est en marche

Succédant à une présidence belge [ confiée au chef de cabinet d’un pays qui vient de passer le cap des 200 jours sans gouvernement, où les Flamands s’en prennent maintenant ouvertement aux parasites wallons [ clic sur le lien ], en fait une troïka regroupant Espagnols, Belges [ ou ce qu’il en reste, malheureusement ] et Hongrois, c’est maintenant le délicieux Viktor Orbán qui va piloter le Titanic, en compagnie des Belges et des Polonais. Chacun sait que c’est toujours un attelage formé du précédent, de l’actuel et du suivant qui tire, cahin-caha, une Europe dont tout le monde dit évidemment vouloir qu’elle soit encore plus sociale, encore plus accueillante, encore plus démocratique.

Avec l’ami Viktor, c’est particulièrement réussi. Passé du “ libéralisme ” au “ nationalisme ”, il se définit lui-même comme un … “ libéral-national ”, façon probablement de ne pas trop en faire vis-à-vis du Jobbik, le parti d’extrême-droite ouvertement “ social-nationaliste ” dont il a siphonné les voix lors des dernières élections remportées haut la main face à des “ social-démocrates ” complètement dans les choux. Ça ne vous rappelle rien ?

Comme il faut savoir donner des gages de sérieux, Monsieur Viktor a commencé par le plus simple, à savoir s’en prendre à la culture [ il a confié le secrétariat d’état à un personnage dont l’une des premières initiatives a été d’annoncer un programme, "Frère Julianus", qui vise à identifier, à l'aide de tests ADN et d'études linguistiques, les origines du peuple magyar ] en même temps qu’il entreprenait de couper vivres et subventions à ceux qui n’ont pas l’heur de plaire aux amis d’un pouvoir décidément très présentable, puis à la presse : rien de tel qu’une bonne loi de circonstance assortissant de lourdes peines d’amende ces journalistes qui veulent encore informer [ 700 000 € pour les radios et les télévisions, et mais seulement 90 000 € pour les journaux qui seront contraints de révéler leurs sources à une autorité de tutelle intégralement contrôlée par le parti politique de Monsieur Viktor ].

Toute cette accumulation de faits qui viennent s’ajouter aux mesures prises pour contrôler la Cour suprême, mettre les autorités bancaires sous tutelle politique, en organisant la vie sociale au seul profit du pouvoir se fait évidemment au nom d’une “ construction d’une amitié au-dessus des ruines de la guerre et de la haine, de la mise au pas du communisme, de la réalisation de la réunification de l’Europe, de la création d’une nouvelle monnaie universelle, de la mise en place d’un espace économique commun et unique de 500 millions de personnes et de 27 nations ” [ voir le site de la présidence hongroise ] qu’il faut évidemment poursuivre et amplifier. Avec Monsieur Viktor, ce sera sans doute au pas de l’oie, puisqu’il ne dédaigne pas la soutien de ce parti des nostalgiques de la dictature Horty, cet homme qui fit déporter 437 000 juifs en 54 jours, du 15 mai au 9 juillet 1944, lorsqu’il s’agit de s’en prendre à Robert Alfödi, directeur du Théâtre national de Budapest, en le traitant de “ juif homosexuel dont la place se trouve dans une cave du 7e arrondissement (le quartier juif de Budapest), où il est libre de monter des spectacles d'avant-garde, pas au Théâtre national ” [ [ clic sur le lien ].

Fa ce à un tel déchaînement de haines et de frustrations rentrées, et tues toutes ces années durant, c’est effectivement tout à l’honneur de l’Union européenne que de traîner un tel boulet pour présider les réunions du conseil des ministres. Il faut cependant être juste et rappeler qu’il y côtoiera Monsieur J. M. Durão Barroso [ passé de l’extrême-gauche maoïste pour atterrir au parti social-démocrate portugais, qui, comme son nom ne l’indique pas, a été la lessiveuse qui a permis aux anciens de l’Union Nationale du dictateur Salazar de se refaire une virginité politique et morale ] et évidemment nos duettistes Berlusconi et Sarkozy, qui pour ce qui d’aller puiser à l’extrême-droite, en connaissent un rayon. Mention spéciale tant pour les Néerlandais que pour les Danois qui ont des cabinets minoritaires qui ne tiennent que par le soutien sans participation des partis d'extrême-droite. Ainsi, ces gens qui passent leur temps à invoquer la morale, ont-ils la position la plus payante : aucune responsabilité directe tout en faisant perssion au maximum sur des ministres qui ne sont que des pantins qui leur mangent dans la main.

Si la construction européenne avait encore un sens, si la voix du Conseil de l’Europe était encore audible, ces personnages auraient été mis au ban des nations dont ils occupent  les organes dirigeants en ayant activé les peurs, actionné les mécanismes les plus sordides, attisé les pires antagonismes. Comment croire une seconde en ce Monsieur Viktor, qui vient même d’être désavoué par ses amis des “ marchés ” qui viennent encore de rétrograder la malheureuse Hongrie en l’affligeant d’un infâmant BBB-, lui dont l’une des premières initiatives aura été d’accorder la nationalité aux Hongrois vivant dans les pays limitrophes, principalement Roumanie et Slovaquie, histoire de réactiver les nostalgies et l’esprit de revanche [ ils sont nombreux, sur les rives du Danube, à ne pas avoir digéré ce traité de Trianon du 4 juin 1920 qui a privé l’ancienne Hongrie, embarquée avec les empires centraux, comme on disait à l’époque, des deux tiers de son territoire et des deux tiers de sa population ; encore faut-il nuancer cela, car sur les 12 millions d’habitants qui furent “ ventilés ” entre ses voisins, si un bon quart étaient bien magyarophones, les autres parlaient roumain (un petit quart), slovaque (un sixième), croate (un petit sixième), serbe (un douzième) et allemand (un douzième) ] pour masquer la faillite économique et faire passer la purge imposée par les “ experts ” du FMI, de la Banque mondiale et de l’Union européenne.

D’ailleurs, c’est fort opportunément que la presse s’inquiète, enfin, de l’arrivée de ce personnage peu fréquentable qui a inventé le concept de “ démocrature ”.

Allez, bon courage, et ne perdons pas autant le moral pour l’année qui s’annonce.

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