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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Burka ? Et autres voiles...

Enfin un sujet consensuel – j'aime, j'adore ce mot con-sensuel... Causons de la burka.

Inutile de le dire, je ne peux pas avoir beaucoup d'affection ou de respect pour une civilisation, un groupe, une religion, un système, enfin quoi que ce soit qui oblige une partie des êtres humains qui le composent à se vêtir de telle façon qu'elle soit de facto exclue du monde ordinaire ouvert à tous. De même, je n'aime pas me rappeler que les pelouses des parcs publics à Hong Kong, du temps des Anglais, étaient " interdites aux Chinois et aux chiens ", et que du temps de la ségrégation raciale, aux États-Unis, nombre de lieux étaient réservés aux blancs et donc interdits aux nègres (“ No Coloured ”). De la même façon, nous autres Français avons pratiqué avec la même élégance le tri des individus selon leur origine, leur couleur dans un certain nombre de lieux ou à certaines occasions (ségrégation raciale, ségrégation sociale), et il n'y a pas si longtemps que les pensions des anciens combattants issus des anciennes colonies étaient bloquées à leur valeur à la disparition de l'Union française, tandis que celles des (vrais) Français étaient réévaluées régulièrement.

Mais j'aimerais revenir au seul domaine de la contrainte vestimentaire.

J'ai l'honneur et l'avantage d'avoir une sœur, un peu plus âgée que moi. Quand elle allait au lycée (de filles) dans les années '60, le pantalon était tout bonnement interdit. Ces demoiselles étaient priées de s'habiller correctement, c'est à dire de porter des jupes ou des robes, dont l'ourlet ne laissait voir qu'à peine le genou. Il fallut la révolution (!) de 1968 pour que les filles découvrent le droit au pantalon, ainsi d'ailleurs que la mixité.

Remontons un peu plus loin que ces cinquante dernières années.

J'ai l'honneur et l'avantage d'avoir une mère, et même une grand-mère. Cette dernière fut veuve à une époque qu'on a appelée l'entre-deux-guerre. Je ne peux pas me souvenir de la manière dont elle s'habillait, mais j'ai d'autres souvenirs. Celui de ces femmes toujours vêtues de noir, été comme hiver. Celui des grandes draperies aux portes des maisons, avec l'initiale du nom de famille, quand quelqu'un y mourait.

Et il devrait être facile de retrouver des images (pas sur la toile, hélas, du moins à ma connaissance) qui montrent de quelle manière étaient vêtues nos grand-mères, nos arrières grand-mères quand elles avaient le malheur de perdre, si souvent hélas, leurs maris. Elles portaient, du moins celles qui en avaient les moyens, ce qu'on appelait le “ grand deuil ” qui amenait les femmes, parfois encore bien jeunes, à abandonner toute couleur pour se consacrer au noir, jusqu'au voile de crêpe noir qui couvrait le visage, à ne pas confondre avec la voilette... Et ce grand deuil durait entre six mois et deux ans, suivi de ce qu'on appelait le demi-deuil, où était permis le violet ou le mauve.

Ce qui paraissant normal il y a juste un siècle, qui transforma le paysage humain après la Première guerre mondiale (quand meurent les jeunes maris, il reste les veuves), est assez vite tombé naturellement en désuétude après la Seconde guerre mondiale, tout comme ont disparu les costumes régionaux traditionnels – combien de femmes portent la coiffe en Bretagne ou en Provence ?

C'est pourquoi on peut aussi s'attendre à ce que le temps résolve, assez rapidement sans doute, ce problème. Le temps et les contraintes de la vie quotidienne (conduire en burka ?), le seul fait de pouvoir être soi-même sans avoir besoin de le faire savoir urbi et orbi – est-on plus et mieux juif, ou chrétien ou musulman parce qu'on le crie partout ?

Alors, une loi dans ce domaine ? Pour quoi faire ? Pour faire quoi ?

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