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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

c’était “ Raoul ” au TNS

Alors hier, soir, on était loin des préoccupations post-électorales préalables à une élection présidentielle qui va réserver de belles empoignades. Non, c’était   “ Raoul ” au TNS , que vous pouvez voir jusqu’au 16 octobre 2011, à 20h00, mais il y a la queue pour décrocher les ultimes places encore disponibles.

De quoi s’agit-il ? C’est bien difficile à dire, tant on est transporté, balloté, bercé, bousculé souvent au-delà du miroir par un James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, qui sait, à lui tout seul, occuper tout le volume de la scène du TNS.

En rejoignant sa place, on est confronté à un immense chaos de voiles et de barres de fer d’où s’échappent des volutes de fumées incertaines sur fond musical. Un petit quart d’heure d’attente plus tard, surgit de la salle un individu coiffé d’une lampe frontale, semblable à un spéléologue égaré. Il rejoint la scène où tout se met en place en une fraction de seconde, aboutissant à une construction proche du tipi dont le personnage paraît vouloir tenter d’en percer le secret. Une heure et demie plus tard, nous sommes tous exténués, mais moins que le héros, “ Raoul ”, dont on ne sait toujours pas si nous avons été au creux de ses rêves, s’il nous a invités à partager ses fantasmes, ses désirs ou ses cauchemars. Ce ne sont que contorsions, chorégraphies, clins d’œil, courtes pauses, intrusions d’animaux fantastiques, cascades, et même, au détour d’une découverte, quelques notes au violon offertes au public par celui qui vient de mimer le primate confronté à un objet étrange. Tout est montré, telle cette bagarre qui met aux prises deux adversaires, et pourtant c’est bien à une sorte de “ one man show ” que l’on assiste, la musique est convoquée, le corps se met en quatre, se déploie, se désarticule, il est projeté, confronté à la foule des spectateurs qui se reflète sur un miroir, complice de l’artiste.

Quand tout sera fini, comme nous le propose James Thierrée, nous ne saurons rien de l’histoire de Raoul, mais nous aurons, comme il l’écrit dans le dossier de presse, “ partagé les plus folles envies qui nous traversent : danser, trembler pour parler, abattre les murs, faire grincer les cordes, galoper, dormir debout bien allongé, rencontrer les bêtes infréquentables, engueuler la belle musique, libérer l’étoile, gifler les mauvaises pensées. ”

“ C’est un peu compliqué j’en conviens… Il faudra que tout cela se précise dans votre tête un soir, et non dans la mienne, et que ce sentiment précis n’ait pas de nom, afin que vous puissiez lui en inventer un. Vous êtes toujours là ? Bon, le rendez-vous est pris, et le moment venu, ni vous ni moi n’en possédera la clef. C’est l’essentiel. Car je ne contrôle réellement rien. Mais réellement rien ne nous contrôle. Je l’espère… ”

Nous aussi !

Ovation à la suite de l’envol de notre Raoul vers des d’autres horizons, d’autres compères, d’autres univers, retour des artistes heureux du bon tour qu’ils nous ont joué, dernière pantomime, encore une tornade d’applaudissements, ultime apparition, Raoul - James Thierrée fait semblant de vouloir dire quelques mots, mais non, le mime va jusqu’au bout, et disparaît dans une dernière pirouette.

C’était le premier spectacle de la saison ! Au-delà de la réussite !

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