Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Cantonales, les grandes manœuvres !

Tout commence avec cette annonce surprenante de la candidature de Monsieur A. Perrin relayée par voie de presse il y a quelques semaines. On se demande quelle signification autre que celle d’une candidature de témoignage il faut voir derrière cette initiative du parti socialiste, pourtant première force d’opposition nationale. Monsieur A. Perrin a déjà été candidat, malheureux, dans le secteur, et à part la volonté de s’obstiner dans une pratique dont on connaît déjà les effets, on ne voit pas quel bénéfice politique la gauche réformiste peut tirer de cette décision. D’ailleurs, s’agit-il d’un projet personnel, ou d’une stratégie d’occupation du terrain électoral, il serait bon que le héros de l’affaire s’en explique.

Puis vient cette seconde annonce, lundi 20 septembre, toujours dans “ le journal ” où le porte-plume, toujours bien inspiré, choisit le registre de la polémique pour mettre les deux adversaires qu’il veut voir en découdre dos-à-dos. Ainsi verrions-nous s’affronter, selon le petit rédacteur du plus grand quotidien d’Alsace, les deux personnages qui selon lui sont dignes de l’enjeu, avec comme challenger Monsieur A. Perrin, promu empêcheur de voter en rond. L’esprit local est bien à la manœuvre ! On sent déjà l’absence de parti pris avec des adversaires désignés par un politologue dont on ne dira jamais assez qu’il n’a rien vu venir en février et mars 2008. il est par conséquent très bien placé pour la ramener du haut de son observatoire et de ses informations recoupées pour décréter un remake d’une élection qu’il n’a pas pris la peine d’analyser.
On peut remarquer deux choses au passage.
La première, c’est la subite lucidité du maire de Wissembourg qui aurait déclaré qu’il y a un moment où il faut savoir s’arrêter. C’est ben vrai, ça, aurait dit la Mère Denis. Aussi peut-on lui suggérer de se demander, il en est encore temps, s’il ne faudrait s’interroger sur les multiples initiatives prises depuis 18 mois qui n’en finissent pas de désorienter celles et ceux qui sont nombreux à déclarer qu’ils n’ont pas voté pour ça.
La seconde, sur la forme, c’est l’usage impropre du terme de déchéance appliqué à la décision prise par le conseil municipal, à l’issue d’un vote, de relever Monsieur A. Perrin de ses fonctions d’adjoint, son poste étant supprimé par la même occasion. Contrairement à ce que le journaliste écrit, le maire n’a pas déchu Monsieur A. Perrin de ses fonctions. D’ailleurs, s’agissant d’une fonction, la déchéance est exceptionnelle. Localement, les seuls à utiliser ce terme largement outrancier et totalement disproportionné, ce sont les rédacteurs de tonic magazine, ou de ce qu’il en reste, dont on sait tout le bien qu’en pensent les agences locales nord-alsaciennes de notre premier quotidien d’information. On aurait aimé plus de retenue et de professionnalisme de la part de ceux qui ont tant de choses à dire sur les autres !

Enfin arrivent les réflexions des uns et des autres sur l’intérêt de tout ce remue-ménage. Le bilan de l’encore conseiller général peut se résumer à ce panneau que vous connaissez tous et qui a déjà été commenté dans ces colonnes le 11 février 2008.
Pour l’imager, il suffit d’avoir en mémoire cette merveilleuse chanson de Frederik Mey, “ Deux kangourous devant la véranda ”, quand il brocarde les maîtres du parasymbolisme diurétique et que longtemps la vision du vide alterne avec la vision du néant ; ou bien, pour qui a dû supporter ses interminables péroraisons, si on n’était pas en train de paisiblement s’ennuyer, c’est que l’on était des insomniaques incurables ou des abonnés qu'on a couillonnés.
Proche de zéro, on se demande quel orgueil peut encore pousser le sortant à solliciter un nouveau mandat. Surtout pour lui, l’habitué des rallonges [ il a vu par deux fois ses mandats allongés d’un an, comme maire et comme conseiller général ], qui veut se faire réélire pour un mandat de 4 ans seulement ! Il est vrai qu’il s’agite beaucoup, surtout depuis qu’il a été battu en mars 2008, et devrait pouvoir compter, prenons le pari, sur une élection au premier tour compte tenu de la dévotion immodérée dont il est l’objet dans les communes du canton, où on ne le connaît qu’imparfaitement.
Face à ça, la stratégie consistant à multiplier les candidatures qui émiettent les forces est tout sauf constructive ! Qui peut imaginer une seconde qu’un maire de Wissembourg, réputé de centre-gauche, sans implantation locale, contesté jusqu’à l’intérieur de son conseil municipal, soutenu par un parti de centre-droit croupion d’un parti de droite dure, va inquiéter le représentant d’une majorité dite alsacienne ? Surtout si comme cela est prévisible, les écolos se mettent de la partie, ou pire encore, qu’ils font cause commune [ Bienvenue sur le Titanic ! ] avec un PS qui aurait dû choisir l’actuelle première adjointe au maire de Wissembourg, parce qu’elle est la seule en mesure de clouer véritablement le bec au conseiller sortant.
Tout cela n’est guère réjouissant, en particulier pour tous ceux, dans le canton, qui souffrent du manque d’emploi et de perspectives d’avenir, et qui seront les grands absents d’un débat qui n’aura pas lieu.

Quittons-nous en fredonnant cette belle chanson du grand Jean Ferrat, les cerisiers :

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Bien sûr on dira que c'est des sottises
Que mon utopie n'est plus de saison
Que d'autres ont chanté le temps des cerises
Mais qu'ils ont depuis changé d'opinion

Moi si j'ai connu des années funestes
Et mes cerisiers des printemps pourris
Je n'ai pas voulu retourner ma veste
Ni me résigner comme un homme aigri

Que d'autres que moi chantent pour des prunes
Moi je resterai fidèle à l'esprit
Qu'on a vu paraître avec la Commune
Et qui souffle encore au cœur de Paris.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article