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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

hier soir, 1er étage du relais culturel, 18h30, bertrand 2, gliech 0

On a donc discuté à bâtons rompus autour du "texte" rédigé par les cabinets OTE-ingénieries et Perspectives urbaines. Curieusement, on n'a pas eu droit au sempiternel PowerPoint, mais c'était pire ! Alors que tout le monde avait les documents, et, pour ceux qui n’avaient pas pris la précaution de les décrypter sur ce blog, ils étaient disponibles à l’entrée, il a fallu s’infuser l’interminable litanie de l’énoncé des axes [ heureusement, il n’y en a que quatre ! ], sans que l’on nous épargne quoi que ce soit des sous-chapitres et des points annexes.
Cette tenue blanche a été célébrée alors qu’il manquait un tiers des élus, ce qui se passe de commentaire.
C’est le vrai patron, alias le président de la communauté de communes, cette structure administrative composée de représentants de majorités municipales où les oppositions sont scandaleusement sous-représentées et qui supplante maintenant toutes les communes, qui a pris la parole pour nous expliquer que si l’on se hâte avec le PLU intercommunal, c’est d’une part parce que l’on a reçu une subvention de € 50 000,00 de la préfecture et que d’autre part, il faut se dépêcher pour que tout soit bouclé avant 2015, date limite de dépôt des documents et surtout avant l’arrivée des nouveaux élus en 2014 [ car ceux-ci n’auront plus qu’à appliquer ce que leurs prédécesseurs leur auront concocté, sans se poser beaucoup de questions ; avec au passage une remarque que l’on doit apprécier à sa juste valeur selon laquelle les nouveaux élus, ces bizuths, ne seront pas au fait de toutes les implications de ces documents d’urbanisme dont nous avons le plus impérieux besoin, et qu’il est nécessaire de compenser leur ignorance par un surcroît de précipitation ; ça ne vous rappelle pas ces dossiers si complexes qu'ils ne devaient en aucun cas tomber entre les mains inexpérimentées d'une nouvelle équipe municipale… ].
On aura appris que l’ensemble des PLU de la communauté de communes aura tout de même rapporté € 700 000,00 aux divers cabinets de conseils, d’architecture ou d’on ne sait quoi encore pour numériser les plans et autres services de la première importance. Bonne nouvelle également de savoir maintenant à quoi sert ce qui nous est présenté comme un travail de Romain : uniformiser les appellations des zones ! Ceux qui n’y ont pas pensé sont ceux qui ne perçoivent l’importance des vraies questions, les essentielles !
Que l’on se rassure, les remarques qui ne manquent de "remonter" des conseils municipaux ne servent à rien, car l’essentiel, c’est qu’il y ait eu un débat. Autrement dit, lâchez-vous car nous nous asseyons sur ce que vous pensez. C’est une option que ne renierait pas un authentique démocrate respectueux des avis contraires.
Puis, Monsieur le maire prend une parole qui va finir par endormir à la fois son auditoire et … son orateur, que l’on a vu bailler à 19h15, c’est dire !
Peut-on mieux introduire un débat qu’en utilisant, dès la première phrase, le substantif qui tue, con-cer-ta-tion ! On y a eu droit avec des annonces de possibilités de consultation de documents en octobre, de réunion et de permanences en novembre et d’enquête publique en mai et juin 2013. Il est amusant d’entendre le maire présenter cet exercice comme l’un des sommets de la consultation populaire, alors qu’il sait fort bien que, quelles que soient les remarques, les décisions sont déjà prises, imposées, et même souvent déjà mises en œuvre à titre soi-disant expérimental. Mais peu importe le vin pourvu qu’on ait l’ivresse [ du pouvoir, s’entend ] ! C’est à cette occasion que nous avons appris l’existence de ces "personnes publiques associées" sur lesquelles on se repose pour justifier des comportements invraisemblables : ce sont tous ceux qui n’étant pas élus ont tout de même l’heur de plaire à ces preneurs de décision dans l’intérêt général et contre l’avis du plus grand nombre. Vous en trouverez un échantillon dans les énumérations qui nous étaient proposées pour justifier ce fameux SCoT-AN [ 
clic sur le lien 1er novembre 2009 ], dont Monsieur P. Bertrand nous a dit lui-même ce soir qu’il avait été élaboré dans des conditions sociales et économiques exceptionnellement favorables qui n’avaient rien à voir avec la situation actuelle. Puisqu’on nous le dit…
Le maire a alors procédé à la fastidieuse lecture de ce qui est tout sauf de la littérature, et ne sait provoquer qu’un immense ennui. Tout revient sur ces fumeux logements qu’il faut produire, à la longue, ça finit par lasser. On convoquera donc Antoine Houdar de la Motte et "les amis trop d’accord" pour commenter le manège qui nous était présenté.
Cette histoire de logements à produire finit par agacer, et c’est l’ancien adjoint aux permis de construire qui s’est créé la première occasion du match dans un tir qui est passé juste au-dessus de la barre transversale, provoquant une grosse frayeur dans la défense majoritaire. " Vous pronostiquez 1 200 logements à Wissembourg, soit 2 800 nouveaux habitants à Wissembourg à l’horizon 2025, or même pendant l’âge d’or des trente glorieuses, on n’a gagné que 2 100 habitants pour une période pourtant plus longue. " En fait, il n’avait pas compris qu’il fallait "raisonner" en "termes de logements" et non "en termes d’habitants" et chacun sait que nous sommes de moins en moins nombreux dans nos logements, et qu’il en faut de plus en plus pour nous loger.
Si l’on suit l’argumentation du maire, alors qu’il y avait environ deux mille logements à Wissembourg en 1954, et que ces logements étaient habités par huit personnes, comme il l’a déclaré ce vendredi soir, il devait y avoir autour de 16 000 habitants à Wissembourg, qui n’en comptait en réalité que 4 940 ! Et ça, le maire de Wissembourg, ça le dérange, tout simplement. Alors il embraie sur la lettre qu’il vient de recevoir d’un chef d’entreprise qui ne peut pas embaucher parce qu’il n’y a pas de logement pour ses employés. Ah, le maire de Wissembourg, il en connaît un rayon, et ce n’est pas lui qui a connu la situation de 1982, quand il n’y avait réellement rien à louer ou à acheter pour les nouveaux arrivants ! Mais on ne peut pas tout ignorer à la fois ! Car il sait, lui, que les nouveaux programmes immobiliers se vendent bien : il suffit de se promener sur le site de l’ancienne imprimerie pour lui donner raison.
Dans un éclair de lucidité ou d’humilité, il finit par laisser échapper qu’il n’est pas sûr que toute sa construction intellectuelle fonctionne, mais qu’il faut créer les conditions au cas où une occasion favorable se présenterait. " Il faut se lancer, nous verrons bien ! "
Au passage, on aura eu confirmation de la fermeture de la base aérienne de Drachenbronn, démentant ainsi les propos du député de la circonscription et confirmant ceux du commandant de la base lors de la cérémonie des vœux 2012. Voilà qui donne encore un surcroît de crédibilité à Monsieur F. Reiss.
L’opposition ouvre le score !
Petit divertissement, dramatique pour les rose-vert-orange, avec l’intervention de l’ancien adjoint à la prospective qui déplore le prix excessif du billet de train A-R pour Strasbourg et envisage ce billet pour € 1,00 avant que n’arrive, selon lui, à l’horizon 2030, le train TGV courte distance qui mettra Wissembourg à 13 minutes du chef-lieu régional. C’était bien car l’atmosphère, assez plombée, est devenue d’un seul coup très détendue, Monsieur P. Bertrand proposant de soutenir la candidature de Monsieur A. Perrin au poste de ministre des transports. Marquant contre son camp, les bleus de la minorité se sont donc retrouvés en tête à la marque, à la consternation du meneur de jeu des rose-vert-orange manifestement abattu d’une telle saillie, et il y avait de quoi.
Les choses se sont accélérées à partir de l’axe 2, puis carrément emballées à l’axe 3 pour finir en embardée à un axe 4 que le maire ne retrouvait plus dans son pense-bête.
Deux à zéro !
On était tout de même arrivé en bout de pensum quand l’ancien maire a mis en route une attaque qui suivait une stratégie s’inspirant de celle de Jean-Baptiste Grenouille, calquée elle-même sur celle de la tique qui attend son heure, voir l'excellent roman de Patrick Süskind, "Le Parfum". Partant de la limite de la surface de réparation et bluffant tous les adversaires, il a commencé par délivrer un bon point à ce document dont les priorités ne sauraient être contestées par personne pour embrayer, à la surprise générale, sur les lignes de crête qui doivent être préservées, selon le PADD, et qui seront mises à mal par des installations d’éoliennes

[ les turbines, d’une durée de vie de 20 ans seront implantées sur des sites à 200 mètres d’altitude et auront des hauteurs, pales comprises, qui les mettront au même niveau que les premiers virages du col du Pigeonnier ]

que personne ne voudra démonter quand elles seront hors service. On va donc autoriser ce type d’installation, qui avait été écarté lors des premières études pour cause de manque de vent, et multiplier les obstacles quand les particuliers voudront entretenir leur habitation ou que les industriels voudront investir. Cette contradiction contraint les représentants de l’opposition à être résolument opposé à ce document en ce qu’il est démenti par les comportements et les projets en cours.
Quoi qu’il en soit, et comme il n’y avait pas de vote, le conseil municipal a donc ouï l’exposé du maire et pris acte qu’il y avait eu un débat, les apparences sont donc sauves. Quant à la démocratie ordinaire, elle peut repasser une autre fois.

Au point deux figurait un vote sur le maintien du taux d’abattement de 15% sur les taxes locales, qui est maintenu.
Puis vint le point trois…
On apprit que la commune allait procéder à un nouvel échange avec le conseil général, portant d’une part sur l’ancienne commanderie qui deviendra la nouvelle maison du conseil général

[ ça ne vous rappelle rien ? Mais si, c’était déjà le cas avec la rénovation du palais Stanislas, qui devait accueillir la Maison du conseil général. Le directeur devait s’y installer dès septembre 2006 et les locaux devaient être rénovés l’année suivante. Une réunion d’information et de concertation sur la politique territoriale du conseil général s’est tenue à la mairie le mercredi 24 mai 2006. Présidée par Monsieur P. Richert, elle s’adressait aux conseillers généraux et aux présidents des communautés de communes de l’arrondissement de Wissembourg. Il faut voir “ comment on peut gérer les nouvelles responsabilités qui accompagnent le transfert de compétences nouvelles dans le cadre de la décentralisation ”, a souligné, à l’époque, le président du conseil général. Ce compte rendu est extrait d’un article publié le 28 mai 2006, dans l’édition locale du premier quotidien d’Alsace ]

et d’autre part sur le centre médico-social [ avec versement d’une soulte d’un peu plus d’un million d’euros ] qui reviendra à la commune qui va, a annoncé le maire, y implanter un pôle formation [ CIO, inspection primaire, mission locale, etc. ]. Chacun, maire et conseiller général, s’est auto-félicité d’avoir eu dans la "négociation" avec le chargé des affaires immobilières de la collectivité départementale un rôle fondamental, prépondérant ou décisif, rayer la mention éventuellement inutile.
Cela a permis à l’ancien adjoint aux permis de construire de regretter une fois encore la vente des anciens ateliers municipaux, car la commune aurait alors disposé de l’ensemble du quartier [ ex-tribunal, ex-synagogue, gymnase municipal, ex-ateliers et centre médico-social ] et aurait pu alors se lancer dans une grande et prometteuse opération de réhabilitation. Et de fait, c’est probablement l’une des réflexions les plus sensées que l’on ait eu à entendre lors de cette soirée. Se pose également la question de l’accès à la salle voûtée de l’ancienne commanderie, qui mérite sûrement mieux que de servir de salle des pas-perdus à une hypothétique maison du département [ dont la majorité politique régionale veut la disparition, soulignons-le ]. Mais aurons-nous l’occasion d’en débattre publiquement, c’est une autre histoire, malheureusement déjà écrite.
Petite digression assez indigne quant à l’avenir du Palais Stanislas, que l’ancien adjoint à la prospective a proposé d’acheter € 1,00 au conseiller général [ ? ] : cet immeuble historique mérite mieux, et depuis longtemps, qu’un soi-disant bon mot de l’un ou de l’autre, chacun ayant sa part de responsabilité dans la ruine probable de ce joyau qui devrait être une grande cause mobilisant élus et citoyens dans une fondation qui collecterait fonds privés et publics pour lui redonner son lustre. N’oublions pas les générations de Wissembourgeois nés dans cette bâtisse quand c’était un hôpital, n’oublions pas non plus ceux qui y ont terminé leur vie, dans un cadre prestigieux et rassurant. Nous leur devons à tous de ne pas laisser s’en aller ce témoignage d’un pan prestigieux du patrimoine collectif local.
Il y a encore eu d’autres annonces mais dans un tel brouhaha que le correspondant de Pumpernickel n’en a pas conservé la mémoire.
Avis aux amateurs : prochaine soirée municipale fin octobre, et Pumpernickel rappelle que, même s’il doit rester silencieux, la seule présence du public contraint les élus à parler devant témoins, ce qui est souvent plus pénible que d’affronter un contradicteur dans une séance de pugilat oratoire.

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GO 29/09/2012 19:21


Bravo pour la transcription de cette soirée à laquelle j'ai assistée . Tout y est .