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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

championnat du monde des rallyes vs intelligence - 2

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bestiaire politique local ne manque pas d’à-propos !
Se joindre aux seize membres fondateurs d’une association dite Rallye Team Alsace du Nord pour ressusciter un rêve, celui de "faire revivre un événement qui s’inscrit dans l’esprit de la course de côte de Wissembourg", comme le déclare aux Dernières Nouvelles d’Alsace Monsieur R. Rupp, président de l’association, a quelque chose de stupéfiant pour qui suit l’actualité locale depuis quelques dizaines d’années.
La course de côte de Wissembourg ? Son dernier départ a été donné en 1985 par le nouveau conseiller général de l’époque. Le pauvre, il n’en savait rien, mais après s’être déclaré presqu’inconditionnel du "sport automobile" [ rien que l’agglomération de ces deux substantifs devrait engendrer la perplexité ], il a dû se résigner à laisser le drapeau à damier au vestiaire du fait du bilan de la course : des familles endeuillées par un drame que rien ne saurait justifier. On pensait qu’on en serait débarrassé. Que nenni, puisqu’un exilé fiscal, natif de la sous-région, a décidé de faire le beau pour épater la galerie. C’était l’épisode tragi-comique de l’an dernier, avec celui qui ne sait être l’enfant du pays que lorsqu’il faut faire le malin mais pas quand il faut rédiger sa déclaration de revenus : abandon en rase campagne sur "ennuis mécaniques", et fréquentation squelettique de ce qui devait être un événement majeur du dynamisme associatif local. Cela venait après l’édition calamiteuse de l’année précédente dont l’organisation pourtant autorisée par la préfecture, était remise en question par le tribunal administratif. Mais tout cela a été soigneusement étouffé pour laisser la place à cette "grande fête populaire" que sont ces "bolides" qui déboulent à plus de 150 km/h sur des chemins empruntés d’ordinaire par de paisibles randonneurs. Dans quel état faut-il être pour prendre de tels risques, pour soi, et pour les autres, quelles que soient pas ailleurs les précautions prises !
Comble de malchance, les parrains de cette opération [ commune de Drachenbronn – qui ferait mieux de s’occuper de la suppression de la base aérienne – , communauté de communes du pays de Wissembourg – qui ferait mieux de disperser son énergie à remplir la zone d’inactivité industrielle qu’elle a construite – , et conseil général – qui n’a sans doute pas encore mis assez d’argent pour subventionner l’inutile et qui "oublie" de remplir ses engagements tant sur la zone d’inactivité industrielle où il doit construire son centre technique qu’à l’égard du palais Stanislas qu’il laisse tomber à l’état de ruine – ] qui profite d’abord à des entreprises qui préfèrent dépenser de l’argent pour couvrir d’autocollants de mauvais goût un homme sandwich somme toute assez dérisoire que de payer leurs ouvriers, voilà que le jour où paraît ce qui nous devrions considérer comme un acte majeur tombe la nouvelle de l’accident du rallye des Maures, dans le Var : deux morts, une vingtaine de blessés. Il paraît que le malheureux pilote a été trahi par ses freins. Accessoirement, les malheureuses victimes ont été trahies par leur excès de confiance en d’illusoires règles de "sécurité". Mais il en est de ça comme du reste : c’est toujours la montagne, le brouillard, le route ou les arbres qui tuent, et rarement l’imprudence.

Comme s’il ne suffisait pas que des milliers d’entre nous [ plus de 4 000 ] se tuent ou soient tués chaque année sur les routes, comme si les dizaines de milliers de blessés [ plus de 80 000, dont près de 30 000 hospitalisés ] n’étaient pas autant de drames et de traumatismes, il faut encore organiser pour ceux qui ne sont rien d’autre que des gladiateurs rémunérés des sortes de rodéos durant lesquels ils vont faire monter leur adrénaline au risque de s’en prendre à la vie d’autrui, tout cela sur fond de gaspillage, de pétarade et de déluge d’argent.

On ne comprend toujours pas l’enthousiasme de ces responsables dont on se demande s’ils sont là pour nous vendre la prochaine surdotation de la prochaine édition de ce cirque obscène et inutile ou bien si s’ils ont encore une idée de ce qu’est l’intérêt général.

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Régis Hulot 21/05/2012 08:14


Il est illusoire d'imaginer que nous saurons un jour la vérité sur les causes directes de ce drame du rallye du Var. Car elles ne seront pas, ou peu, ou mal dévoilées, tant de gens ayant intérêt
à ce que continuent ces manifestations sportives qui drainent beaucoup d'argent au profit d'un très petit nombre de gens.


 


Mais tout le monde connaît les causes indirectes de tout cela. Le dieu automobile est un Moloch qui vaut tous les sacrifices. Et il aura fallu la volonté courageuse d'un ancien président de la
République (Jacques Chirac, pour ne pas le nommer, à qui il faut tout de même reconnaître ce mérite) pour qu'enfin soient prises des mesures de nature à préserver des vies grâce à des sanctions
automatiques, c'est à dire indifférentes aux multiples passe-droits octroyés par des élus ou des responsables en cette occurrence irresponsables.


Vouloir encourager la course automobile dans ces conditions, c'est à dire au milieu d'une foule par définition incontrôlable, et non sur des circuits où, paradoxalement, les spectateurs sont
relégués loin des protagonistes (on voit plus et mieux les choses à la télévision), c'est accepter de faire prendre aux autres des risques stupides, à la seule gloire de ceux qui, comme dans le
Var, peuvent tuer - par imprudence ou bêtise - sans être eux-mêmes tués.


 


Ne reste plus désormais qu'à tenter de convaincre que l'automobile reste un moyen de transport, dont l'usage implique un comportement à la hauteur du risque. Discours encore trop rare, y compris
dans les endroits où on apprend à conduire, et rarement à se (bien) conduire.


 


RH