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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

com' à la com' de com'

plu balOn avait déjà reçu ça dans la boîte à lettres, avec tous ces tics de cette insupportable novlangue [ … les élus se sont attachés (sic) à traduire le projet en pièces réglementaires (zonage et règlement) qui seront soumis (re-sic) à la concertation publique… ; … mise en consultation des documents au siège de la communauté de communes et respectivement en mairie de chaque commune … ; … les techniciens de la CCPW et les membres du bureau d’études en charge du PLUi accueilleront les habitants pour répondre aux questions des habitants (re-re-sic) du territoire … ; n’hésitez-pas (re-re-re-sic) à y participer ! ] propre aux barbares qui prétendent parler en notre nom.
On leur suggérera de commencer par acquérir "le bon usage" de Maurice Grevisse et André Goosse, histoire d’apprendre

les règles de l’accord du participe passé quand il est conjugué avec l’auxiliaire "être",
celles plus difficiles de l’emploi des verbes pronominaux [ les élus se sont-ils attachés ensemble pour traduire le projet en pièces réglementaires ? ],
de l’utilisation systématique de la formule "en mairie" alors que c’est bien "à la mairie" que les documents pourront être consultés, idem pour ce "territoire" qui désignait autrefois le lieu où l’on nommait un gouverneur,
de l’anglicisme snobinard "en charge de" alors "chargé de" suffit largement,
de la répétition abusive dans une même phrase du même substantif,
et enfin d’un malencontreux trait d’union [ et non pas "tiret du 6" comme on l’entend malheureusement trop ].

Doit-on espérer que c’est l’urgence et la précipitation qui sont à l’origine de ce poulet ? Compte tenu de tout ce qui a été annoncé préalablement, il semble bien que non. Respecter la langue, c’est d’abord respecter son interlocuteur. Maltraiter la langue, c’est aussi maltraiter ceux qui l’écoutent ou qui la lisent. On convoquera comme à l’accoutumé le linguiste Alain Bentolila, ami de l’ancien président de la République, pour qui l'utilisation d'une langue épurée est l'une des premières marques de respect que l'on donne à ses interlocuteurs ; écrire n'importe quoi n'importe comment, c'est mépriser ceux qui vous lisent.

plu ccaplu ccbplu cccplu ccdComme cet assemblage hétéroclite de phrases toutes faites et sans intérêt ne suffisait pas, et que le budget alloué à la concertation prévoyait quelques panneaux de propagande comme indiqué plus haut, ils nous ont sorti la grosse artillerie avec ces quatre merveilles qui trônent le long de la palissade de l’ancienne école dont les enfants ont été chassés : d’abord, il s’agit de réfléchir ensemble au développement de notre territoire et de faire [ ? ] des choix partagés, de nous intéresser à l’état initial de l’environnement, puis de procéder à un état des lieux [ habitat et économie ], et enfin de tout savoir sur le plan d’aménagement et de développement durables selon les quatre axes que nous avons révisés lors du conseil municipal wissembourgeois de la fin septembre. On dira ce que l’on veut, mais on n’apprend pas grand-chose de nouveau à parcourir ces ensembles vides agrémentés de photos plus ou moins bucoliques ou moralisatrices [ voir un train passer est amusant parce que l’on se dit que les chances que l’un des donneurs d’ordre de tout ce fatras soit dans le train sont quasi-nulles ! ]. On connaissait déjà les dates de ces cérémonies rituelles dites "réunions publiques" au cours desquelles l’expression populaire et citoyenne est chichement comptée, et où il importe, lors de son intervention, de préciser que l’on est d’accord sur l’essentiel et que l’on ne reviendra pas sur l’accessoire.
Comment faut-il comprendre ces têtes de chapitre telles que "intégrer les évolutions de la réglementation", "réfléchir ensemble au développement de l’habitat sur le territoire" ou "mieux prendre en compte les objectifs de gestion économe du foncier et de l’énergie" que l’on doit lire sur le premier panneau ? Le Parlement légifère et les collectivités territoriales doivent s’y faire ; le SCoT-AN a la main sur tout et communes et intercommunalités doivent s’y faire ; on se demande alors ce que vient faire là une gestion économe du foncier et de l’énergie. Bref, tout est à l’avenant, mais encore bravo à OTE-ingénierie et perspectives urbaines [ c’est drôle d’avoir choisi un tel intitulé lorsque l’on doit imaginer une zone essentiellement rurale ! ], nos deux compères, qui ont emporté le marché et ont su retricoter, avec un certain goût, ce qui se lit dans le secteur depuis un bon quart de siècle.

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