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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – Abstention | bouquet d’artifices boulangiens – J – 2 jours ! – § 54

Cet avant-dernier jour d’une campagne qui n’a jamais trouvé d’autre rythme de croisière que celui, souvent maladroit, imposé par des agences de propagande déguisées en journaux d’information donne aux laudateurs boulangiens l’occasion de donner la mesure de leurs capacités. Tout y passe, d’une prétendue attente des autres régions françaises "à forte identité culturelle" [ on adore ces références identitaires, ces retours aux sources, ces rappels aux traditions, tout ce "factum verbeux" qui nous renvoie aux pages les plus grises de notre Histoire… ] à des comptes rendus de réunions "oui-istes" auxquelles personne n’assiste [ on adore le talent du photographe qui sait quel angle prendre pour ne pas faire trop de peine à ceux qui subventionnent "l’organe de presse" qui l’emploie ; à ce propos, ne ratez pas le livre de Joris Luyendijk, "des Hommes comme les autres" qui sait décrire les manipulations dont sont capables ces correspondants qui mettent les événements en scène… ]. Ce qui est amusant dans ce que l’on y lit, c’est cette nécessaire énumération de toutes les gloires locales qui ont gâché une soirée pour assister à un spectacle sans intrigue, sans suspense, aux orateurs sans talent. C’est à chaque fois la même ritournelle qui est servie et ils doivent être nombreux à méditer cette fable d’Antoine Houdar de la Motte, maintes fois ici convoquée, "les amis trop d’accord" :
Il étoit quatre amis qu’assortit la fortune ;
Gens de goût et d'esprit divers.
[ … ]
Un jour on s’échauffa si bien,
Que l’entretien devint presque une lutte.
Les poumons l’emportoient ; raison n’y faisoit rien.
Messieurs, dit l’un d’eux, quand on s’aime,
Qu’il seroit doux d’avoir même goût, mêmes yeux !
[ … ]
Ils vont au temple d’Apollon
Présenter leur humble requête ;
Et le dieu sur le champ, dit-on,
Des quatre ne fit qu’une tête :
C’est-à-dire, qu’il leur donna
Sentimens tout pareils et pareilles pensées ;
L’un comme l’autre raisonna.
Bon, dirent-ils, voilà les disputes chassées
Oui, mais aussi voilà tout charme évanouï ;
Plus d’entretien qui les amuse.
Si quelqu’un parle, ils répondent tous, oüi.
C’est désormais entr’eux le seul mot dont on use.
L’ennui vint : l’amitié s’en sentit altérer.
Pour être trop d’accord nos gens se désunissent.
Ils cherchent enfin, n’y pouvant plus durer,
Des amis qui les contredissent.
C’est un grand agrément que la diversité.
Nous sommes bien comme nous sommes.
Donnez le même esprit aux hommes ;
Vous ôtez tout le sel de la société.
L’ennui nâquit un jour de l’uniformité.

Mais ont-ils même idée du ridicule de la situation, alors qu’ils gravitent dans leur petit monde, à se recevoir entre eux, à échanger ce qu’ils prennent pour des idées, éloignés de toute réalité, brassant du verbiage, alignant les lieux communs, servis par d’obligés domestiques qui ont abandonné tout esprit critique.
On va voir dimanche que les sujets d’intérêt ne seront pas de savoir si c’est le "oui" qui gagne [ la mobilisation, aux frais du contribuable, des trois quarts du bestiaire politique réactionnaire conservateur devant lui assurer une victoire à la Pyrrhus, mais une victoire tout de même ], non ce sera d’une part l’ampleur de l’abstention [ qui promet d’être importante tant l’affaire proposée est éloigné des préoccupations quotidienne du 99% soigneusement tenu à l’écart de toute intervention décisive ] et d’autre part cette fameuse "barre des 25%" que le probable ex-futur prince –électeur et ministre-président failli d’Alsace à lui-même mise en place quand il se croyait encore compter parmi les puissants de ce "Paris" qu’il dit mépriser maintenant et dont il faudrait s’affranchir.
On en est à convoquer des témoins qui devraient emporter le morceau. Jugeons-en, mais sans rire, par respect pour l’être humain : Messieurs X . Bertrand et H. Morin, qui ont tant échoué quand ils étaient ministre, Mesdames A. Grosskost et C. Troendlé, Messieurs  J.-M. Bockel, J.-L. Christ, F. Hillmeyer, J.-L. Lorrain, J.-L. Reitzer, M.  Sordi et É. Straumann, dont la notoriété a bien du mal à dépasser les limites de leur chef-lieu de canton, Madame I. Le Callennec et Messieurs M. Le Fur et D. de Legge, censés "représenter la Bretagne", rien de moins. Poursuivre avec les deux ou trois Savoyards ou Corses qui se sont sentis obligés de nous enjoindre de voter "oui" confinerait à la cruauté. On est tenté de demander aux uns et autres de s’occuper un peu de la situation actuelle plutôt que d’inventer une nouvelle usine à gaz qui permettra de solder les comptes, jamais rendus, de leur inaction lorsqu’ils officiaient dans ces collectivités territoriales qu’ils veulent à tout crin dissoudre dans l’éther de l’unicité. On peut légitimement se demander s’il ne s’agit pas de cela. En fondant un nouvel édifice et en affectant de tout changer, on efface toute trace de ce qui s’est passé auparavant. Il suffit ensuite de développer un discours inévitablement d’avenir, en taxant celles et ceux qui demandent des comptes de personnages du passé, voire d’être animés de mauvais sentiments en voulant remuer de vieilles histoires qui nous fatiguent, et le tour est joué. Après tout, pourquoi pas ?

Dans cette construction bancale, une mention spéciale pour ces zékologistes qui ont fait preuve ou bien de servilité ou bien de crédulité en se mettant au diapason d’une Boulangie qui n’a jamais autant mérité son sobriquet. Roulés dans la farine ou protagonistes d’un montage préalablement négocié, nous ne savons pas encore. Mais si l’on s’en tient au discours, ils envisageraient d’infléchir le projet de droite en lui donnant une tonalité "durable", ce que l’on appelle en bon français le "greenwashing", traduit par "écoblanchiment" ou "verdissage". Ils sont au minimum les instruments de l’autre, au pire de petits politiciens plus soucieux de leur avenir personnel et des avantages qu’ils pourront tirer de leur ralliement honteux que des vrais enjeux auxquels nous sommes confrontés, que Hugues Stoeckel a de son côté bien énumérés : menaces écologiques majeures, réchauffement climatique, déclin des ressources énergétiques et minières, effondrement de la biodiversité, risque nucléaire, montée des pollutions, recul des terres arables, dépeuplement des océans, inertie de l’idéologie productiviste ou insatiable appétit de richesse d’une minorité prête à abolir les démocraties qui voudraient la forcer au partage.

En tout cas, demain, et pour la seconde fois de ma vie, je n’irai pas cautionner la farce de mauvais goût qui nous est proposée.

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