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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – c’est dans 39 jours ! – § 26

On pensait avoir tout vu ces dernières semaines en matière de propagande même pas déguisée, avec cette succession de si courageuses prises de positions de tous ces gens dont nous apprenions, au hasard des parutions des Déhaina que s’ils prétendaient écrire, ils disposaient encore d’une large marge de progression ! Mais qu’importe, tout le monde, même les pires, a bien le droit de s’essayer à l’exercice de rédaction, fût-il en service commandé et dans l’hypothèse d’une rétribution plus ou moins honorifique en cas de succès électoral. Eh bien, nous n’avions en fait rien vu, puisque, rien que ce matin, les infortunés lecteurs du plus grand quotidien d’Alsace ont eu droit à une pleine page de gauche d’encensement de qui nous savons, et, en vis-à-vis, à une pleine page de droite consacrée aux finances du nouveau machin dont la création est déjà devenue une réalité pour rédaction qui tire une partie de ses ressources de la publicité, cette fois gratuite, qu’elle fait pour l’initiative des dominants. On a eu beau chercher, pas la moindre trace, même à titre d’alibi déontologique, d’un avis contraire à celui exprimé par un "congrès d’Alsace", suivant les travaux d’un "groupe projet" qui a retenu les "idées" d’une annexe du patronat, chambre des corporations et des intérêts mercantiles, du vrai travail de professionnel de la propagande, ou on ne s’y connaît pas.
Ce qui est drôle, c’est de voir apparaître un certain Monsieur S. Bourhis sous l’étiquette UMP ! C’est qu’il en aura déroulé du câble, ces vingt dernières années, notre ami ! Ancien du Front national de la jeunesse (FNJ) à 15 ans, il est le numéro deux du FN bas-rhinois de 1991 à 1998, il prend à cette date, la tête du MNR bas-rhinois, le mouvement de Mégret. Se disant quasi-athée, il a beaucoup appris du Club de l’Horloge d’Yvan Blot, numéro un du FN bas-rhinois de 1991 à 1998. En participant à la création d’Alsace d’abord avec ses compères Robert Spieler, Jacques Cordonnier et Anne Kling, il voulait récupérer les voix frontistes grâce à un discours mêlant régionalisme et défense identitaire. Tout ce petit monde a une grande admiration tant pour le vlaams belang [ avatar présentable du Vlaams Block ] de Filip Dewinter, pour l’UDC de Christophe Blocher, admirateur de l’ex-apartheid, ou de la ligue du Nord d’Umberto Bossi. Encore des gens avec qui on aimerait passer des vacances… Nous sommes heureux de vérifier qu’à l’instar du parti social-démocrate portugais qui a servi de lessiveuse idéologique aux anciens de l’Union nationale de Salazar, l’UMP trouve dans des personnages du gabarit de Monsieur S. Bourhis de bonnes raisons de nous inviter à voter "oui", ou de voter tout court lors de la prochaine comédie élctorale.
Cette promiscuité idéologique entre la droite et sa droite n’est pas sans rappeler, et c’est le même sujet, la "mésaventure" de Madame G. Windels-van Rompuy, l'épouse du président du conseil européen, Monsieur H. van Rompuy, lors des élections communales à Rhode-Saint-Genèse, banlieue chicosse de Bruxelles [ que les sécessionnistes de la N-VA veulent inclure dans la Flandre ethniquement épurée dont ils rêvent ] : on a découvert que le numéro 2 de sa liste avait tenu un blog quelques années auparavant dans lequel il donnait toute la mesure de sa réflexion : "Wallons dehors ! Rats français, pliez bagage !" [ "Wallen buiten! Franse ratten, rol uw matten" ]. Bien entendu, ce pauvre garçon, Monsieur L. de Becker, a fait amende honorable, et a regretté des propos dont il n’était pas fier, jurant qu’il n’avait jamais été membre d’un parti extrémiste, et patati et patata, mais bien sûr qu’on le croit. L’épilogue de cela se trouve dans la présence remarquée de Monsieur H. van Rompuy à la grande manifestation localo-séparatiste dite "Gordel" [ "ceinture" en français ] qui consiste, le premier dimanche de septembre, à organiser de soi-disant couses cyclistes autour de Bruxelles, histoire de déployer le plus possible de drapeaux flamands pour réaffirmer le caractère néerlandophone de la banlieue de la capitale belge.
Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es ! On envie maintenant les héritiers de ce qui reste de l’humanisme rhénan de compagnonner avec de tels individus.
Quant à Monsieur A. Becker, le fou rire engendré par la lecture du texte portant sa signature a fini par empêcher d’en saisir le sens. Mais peu importe, Monsieur le vice-président du conseil général du Bas-Rhin a payé de sa personne, il sera sûrement gratifié de quelque sinécure, présidence de ceci, conseil d’administration de cela, avec quelques jetons de présence dont il doit avoir le plus grand des besoins.
Remerciements à cet ancien élu communautaire de Strasbourg, qui n’oublie pas de préciser qu’il est syndiqué à la CGT, pour son ralliement. Évidemment, chacun sait que ceux qui nous quittent sont des traîtres et que ceux qui nous rejoignent sont des convertis. Mais il n’est pas interdit d’avoir encore un semblant de dignité et de respect pour ceux avec qui on a milité et souvent à qui on doit tout. Manifestement, ce personnage est plus pressé d’aller à la soupe que d’examiner sa conscience. Chacun ses goûts, si les uns aiment ça, les autres ont le droit d’aimer les choux.

La page pédagogique "les finances de la future collectivité territoriale pour les nuls" vient à point nommé, et se termine en promesse interrogative sur le thème bien connu de l’augmentation des impôts. Mais qu’ont-ils donc tous contre les impôts ? Ce ne sont pas les impôts qui sont le problème, mais la manière dont ils sont employés, et comme on ne changera pas les personnes, et que les mêmes causes produisent les mêmes effets, il y a peu de chances

1. que les impôts baissent,
2. qu’ils soient utilisés en fonction des besoins de ceux qui les acquittent.

On l’a bien compris, avec les boulangistes, c’est le changement sans risque, autrement dit, pas de risque que ça change !

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