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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – clap de fin à J + 1 ! – § 58

On pourrait même dire que "Ouf, c’est enfin terminé !" Nous allons pouvoir souffler un peu et pour ceux qui en ont l’habitude, ouvrir le journal sans avoir à supporter les incessantes tribunes et opinions en faveur d’un "oui" qui n’a soulevé l’enthousiasme que d’à peine un électeur sur cinq. On a connu des inclinations plus débordantes.

Laissons aux fonctionnaires du ministère de la parole le soin de nous expliquer que si celui que Pumpernickel a eu raison d’appeler depuis des mois "Monsieur l’ex-ministre-président d’Alsace" a perdu, tout, et une fois de plus, c’est la faute à … Cahuzac [ on ne voit pas très bien le rapport, mais, pour eux, c’est évident ], et intéressons-nous à la réalité. En étant toutefois bien attentif à ce qui va se passer dans les prochains mois, car il n’est pas exclu que nous voyions revenir par la fenêtre ce qui est parti par la porte : ainsi, "l’acte III de la décentralisation" nous réserve-t-il des surprises que l’excès d’optimisme né de l’issue favorable de cette comédie référendaire ne doit pas masquer. Il suffit pour s’en convaincre de les entendre tous, à la queue-leu-leu nous raconter que si nous ne sommes pas d’accord c’est parce qu’ils n’ont pas été suffisamment pédagogues ! L’autre "argument" de la journée, c’est que "le projet est complexe" et que nous n’aurions pas essayé de le comprendre, probablement parce que nous sommes à la fois des imbéciles et des paresseux. On avait déjà entendu ce genre d’ânerie lors des élections cantonales, et ça fait toujours plaisir d’entendre celui qui recherche votre confiance vous considérer au mieux comme un demeuré. Nous sommes évidemment sensibles à telles déclarations, surtout quand elles émanent de celles et ceux qui se sont relayés, sans partage, dans les supports de publicité déguisés en organes de presse qui leur mettaient obligeamment leurs pages à disposition.

Car cette raclée électorale infligée par quatre électeurs sur cinq [ ceux qui ont voté "non" et ceux qui n’ont pas vu l’intérêt de se déplacer pour aller cautionner une mauvaise face ] est aussi l’œuvre de ces techniciens de la pensée dominante qui nous ont expliqué, il y a tout juste un mois, en extrapolant les résultats d’un sondage [ voir l’article du 7 mars 2013 ] effectué auprès de  600 personnes [ sur les 756324 inscrites ! ] dans le Bas-Rhin et de 409 personnes [ sur les 515676 inscrites ! ] dans le Haut-Rhin [ soit une "opinion" forgée à partir d’un échantillon composé de … 0,08% de la population ! ], que "nous" allions voter à 75% pour une Boulangie aux ordres d’un futur prince électeur au nom d’une simplification qui serait gage d’efficacité. D’ailleurs, manifestant qu’ils n’avaient, comme dirait l’autre, décidément rien compris à rien, on avait encore droit ce matin à "l’éclairage" du politologue de service qui nous infligeait la énième  resucée de l’indigence de son discours. Ces gens, on pense à nos duettistes régionaux, Madame Y. Baldeweck et Monsieur Ch. Bach, sans oublier Monsieur D. Jung ou encore Monsieur J. Fortier, jamais en reste, qui ont, jusqu’au dernier instant, véhiculé cette insupportable doxa qui n’a abouti qu’à une seule chose, sédimenter la dislocation. Joli résultat de la part de celles et ceux qui n’ont jamais de mots assez durs et méprisants pour ces extrêmes qui ne sont bons qu’à exprimer la grogne et la mauvaise humeur [ mais jamais une opinion ], qui capitalisent sur l’incontournable populisme, qui contestent sans proposer.

Tout compte fait, La Boulangie s’en sort en lambeaux. Un président de région a passé de fait une demi-année à aller ici et là, aux frais des contribuables, pour un résultat proche du zéro absolu, il a fait dépenser au bas mot deux millions d’euros [ sans doute plus proches de trois millions ] de la caisse commune pour ne pas convaincre, il a arpenté "ses territoires" en répétant jusqu’au bout de l’ennui des phrases insensées, il nous a proposé des objectifs sans intérêt, et, mais s’en est-il rendu compte, il aura été son propre procureur puisqu’il a passé son temps à nous expliquer que tout ce qu’il avait fait jusque-là relevait du mille-feuilles et du gâchis. N’oublions pas tout de même que le personnage a été président du conseil général avant de devenir président de région, et qu’il a eu la maladresse de confier l’héritage de "son" canton à … son épouse, ça ne s’invente pas. Après cela, il faudrait le gratifier d’un semblant de sérieux. N’oublions pas non plus cette carte consensuelle qu’il a voulu jouer en caressant la Gauche, ou ce qu’il en reste, pour s’attirer les bonnes grâces du gouvernement, ou ce qu’il en reste. Voilà quelqu’un qui a un grand sens de la Politique !

Comme il faut sans doute s’y attendre, rien ne sera jamais dit sur le mode de désignation des élus, l’absence de recours au vote préférentiel, ou l’implication civique du Peuple. Ce dernier est en fait une sorte de gêneur qui s’obstine à ne rien comprendre des grandes idées, trop novatrices, de ces conservateurs bon teint qui ne sont bons qu’à réciter la leçon péniblement apprise lors des stages de profilage idéologique organisés par leurs partis. Il est en effet curieux de constater que c’est maintenant du Nord au Sud de l’Europe que ces dirigeants en peau de lapin nous psalmodient les mêmes cantiques, pensant sans doute que nous sommes si bêtes que nous n’avons pas l’idée d’aller nous renseigner par nos propres moyens. Tous ces bavardages autour de l’efficience, de la rationalisation, de la simplification, des économies, des coupes, de la flexibilité sont les copies conformes des ordres du jour des ces réunions discrètes, genre Bilderberg, au cours desquelles on indique au larbin du moment quelle est la conduite à tenir, quel est l’argumentaire à utiliser, quelles sont les menaces à agiter. Le projet boulangien ne dérogeait pas à l’entreprise : oui, il s’agissait bien d’un premier pas visant à dynamiter non pas l’unité nationale, mais la solidarité nationale, ce qui est bien autre chose. Et la discrétion de ses promoteurs sur les "aménagements", les "adaptations" ou les "expérimentations" du droit du travail en disent long sur leurs arrière-pensées.
De fait, refusant l’approche à l’islandaise [ constitution d’une convention composée d’habitants tirés au sort pour élaborer, de manière interactive, un projet général ; voir article du 21 octobre 2012 ], s’enfermant à l’avance dans le cénacle des cabinets de présidents d’assemblées territoriales, écartant à l’avance toutes celles et ceux qui seraient susceptibles d’avoir des avis divergents, le destin de cette histoire, jouée selon une partition anachronique et décalée, était scellé. Il ne pouvait y avoir que quelques aveuglés par l’éclat d’un pouvoir dont ils ne savent même plus qu’il est illusoire pour y croire. Les électeurs, tous les électeurs, ne s’y sont pas trompés, eux.
Il y aurait maintenant une conclusion à tirer de tout cela : que ceux qui ont lancé le train fou de la division régionale comprenne que seul l’effacement de leur personne du paysage politique est de nature à ramener un tant soit peu de sérénité dans la communauté régionale. Ayant contraint les uns à s’opposer aux autres, ayant ressuscité haines et rancœurs, ayant mis à jour les compromissions plus ou moins sordides avec les milieux nostalgiques des zones grises de notre Histoire, ils pourraient avoir la délicatesse de passer la main et de se faire oublier.
Quoi qu’il en soit, ils ont tout perdu, leur légitimité, leur pouvoir, et, le plus grave, leur autorité. Joli bilan.

Anecdote : les résultats locaux réservent de bien curieuses surprises. Ainsi, à Altenstadt où l’on fait publiquement profession d’indépendance vis-à-vis de Wissembourg, car on est attaché à sa particularité, à sa spécificité, et à son identité, eh bien à Altenstadt, on s’est prononcé, à près des deux tiers [ des 40% de votants ], pour la fusion des trois collectivités [ 226 oui, et 126 ]. Si l’on comprend mieux, ce qui est mauvais pour nous est bon pour les autres, comprenne qui pourra.

P ;.s. :  comme promis, vous trouverez ici, en téléchargement, tous les textes qu’une veille attentive a permis de stocker, et là, en téléchargement, tout ce qui a été écrit dans la catégorie "conseil d’alsace".

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