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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – "debriefing" – J - 34 jours ! – § 29

Trouvé sur le site des Déhaina. En italique et en retrait, les commentaires de Pumpernickel.

Sur le terrain, la campagne pour le référendum va son chemin, de manière classique.

On a remarqué la foule compacte, nombreuse et enthousiaste qui avait investi la place Kleber samedi après-midi, un immense succès populaire ! Pour le coup, la "flashmob" était plutôt ratée.

En ligne, plein de choses s'inventent.

Jolie formule, manière sans doute de rendre hommage à la langue française.

Un exemple avec le "Kit du oui" proposé par les Créatonautes qui ont en charge [ on proposera "qui ont la charge de" qui aura le mérite de nous épargner cet insupportable anglicisme snobinard et parfaitement inutile ] la campagne de la Majorité alsacienne (UMP, UDI, indépendants).

Encore ce concept localiste qui prétend donner une originalité politique à une région où plus on est à droite moins on fait de politique.

Le débat est véhément sur les réseaux sociaux où francs-tireurs partisans [ diable, les FTP sont de retour ! ] du "oui" et du "non" débattent parfois vivement.

En fait de débat, il y a surtout des déclarations, des informations et des commentaires, mais on est loin de la véhémence dont il est manifestement utile de rappeler la définition qu’en donne le dictionnaire : emporté, violent, expression animée de sentiments vifs, parfois avec l’idée de convictions.

Les blogs ont fleuri d'un côté comme de l'autre, les pages de fans Facebook aussi…

Les Déhaina en ont parlé à leur manière, en opérant un certain tri qui n’étonne personne venant du premier, du plus grand, du plus beau, du plus intelligent, du plus éclairé, du plus objectif, du plus déontologue, en bref, du meilleur des quotidiens alsaciens.

Au milieu de cette effervescence en ligne -la plus forte que nous ayons connue à ce jour en Alsace- autour d'une campagne électorale [ on reste confondu de perplexité en lisant cela. Est-on en face de journalistes qui suivent la vie politique ? Se rappellent-ils quelles ont été les campagnes précédentes, à commencer par celle contre le texte Giscard, que les Déhaina soutenaient, comme elles font la retape pour le texte du gindre cette année ? ], une initiative originale qui reprend une des idées développées aux législatives de 2012 par le Parti pirate : un kit de campagne qui met à disposition du "matériel" pour développer sa propre propagande. Et dans ce cas, il s'agit de la propagande pour le "oui", celle de la Majorité alsacienne (UMP, UDI, indépendants).

Alors là, ça tombe formidablement à propos, puisque, reprenant à son compte les idées des autres, la "Majorité alsacienne" s’approprie un mode de fonctionnement qui lui est totalement étranger. On imagine les vieux barbons qui la composent accrochés à leur "hashtag" [ mot-dièse, ou mot-clic en français ] pour rameuter les troupes et grossir le flot des groupies de Philippe, ouah, Philiiiippe !

Ce sont les Créatonautes, agence strasbourgeoise fondée en 2009, dirigée par Olivier Grossmann, qui mettent à disposition de la communauté le "Kit du oui". Un ensemble de visuels qui peuvent servir d'image de couverture sur un profil Facebook ou une page de fans, de bannière pour un site internet ainsi qu'une floppée  [ on suggérera "flopée" avec un seul "p" même si c’est pour dire qu’il y a beaucoup de tracts ] de tracts.

Alors là, c’est carrément génial ! Rendez-vous compte, le fils de l’ancien du tandem qui a perdu les élections municipales de 2008, qui a fait massacrer la façade de la gare de Strasbourg, montrant une certaine continuité avec ses pairs qui s’étaient offerts la Maison Rouge, le voilà reconverti dans le "créatisme", cette nouvelle discipline où l’imagination doit se couler dans canons de la normativité libéraliste, bravo, l’artiste. Monsieur Fils doit faire ça bénévolement, en militant, en "p’tit gars qui n’en veut" et qui fournit des "visuels" pour ces créations éphémères de profil de réseau soi-disant social. Sans compter que l’on peut même être fanatique de Philippe, ouah, Philiiiippe ! [ ben oui, oui, parce "fan", c’est l’apocope de "fanatique", qui renvoie aux prêtres de Cybèle (et le culte de Cybèle était loin d'être triste !] qui se livraient à des manifestations d’enthousiasme, autrement dit possédés par Dieu, faisant montre d’un zèle aveugle à l’égard d’une doctrine, fanatique que l’on oppose à … philosophie ! Ça t’en bouche un coin, hein, Christian ! ] jusqu’à afficher sa passion pour le personnage en ouverture de son site, la très grande classe, en somme !

Du matériel qui peut être partagé, utilisé, imprimé par les internautes qui veulent prendre fait et cause pour le "oui" dans cette campagne. Double intérêt de la démarche : miser sur une campagne à bas coût (low cost !) et sur une diffusion virale. Une nouvelle manière de faire du "participatif"…

Oui, on peut dire aussi, "une détestable manière de détourner une belle idée ", mais ça, c’est une autre histoire. Quant au "low cost" qui nous est proposé, il ressemble comme deux gouttes d’eau, mais qui cela étonnera-t-il, à ces méthodes de gestion et d’organisation très en vogue actuellement : téléchargez vous-même les documents dont vous avez besoin et qui sont obligatoires, ainsi la puissance publique n’aura-telle plus à en assumer les coûts d’impression ! Génial ! Eh ben, là, c’est du kif, téléchargez la propagande électorale et assumez vous-même les coûts d’impression. Décidément, la droite…

Les candidats du Parti pirate, qui disposaient de très peu de moyens, avaient développé ce type de campagne originale en France aux dernières législatives. Manifestement, ils ont fait des émules du côté de la Majorité alsacienne et de l'agence qui assure sa campagne de comm' pour le référendum.

On rappellera le score confidentiel réalisé par les candidats de ce parti qui a présenté des inconnus qui n’ont même pas daigné se déplacer dans les chefs-lieux de circonscription où ils avaient été parachutés pour répondre aux questions qui auraient pu leur être posées.

On comprend que le porte-plume d’une presse indépendante, courageuse, intègre, imaginative, curieuse, intraitable, incorruptible, cultivée et respectueuse de la diversité des opinions ait pu écrire de telles merveilles sur ce qui restera un non-événement.

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