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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – enfin, la CGT ! – J - 38 jours ! – § 27

"Dans un communiqué diffusé aujourd'hui à la mi-journée par son secrétaire régional, la CGT Alsace appelle les salariés à voter « non » lors de la consultation référendaire du 7 avril. Refusant le chèque en blanc, selon les termes du communiqué, la CGT Alsace fait part de ses incertitudes relatives aux compétences et aux moyens de la nouvelle collectivité. L'organisation syndicale exprime également ses craintes pour les droits des salariés en évoquant  le risque d'une instrumentalisation du droit local au détriment de ces derniers."

Ça, c’est la présentation qu’en fait le propagandiste du "oui" qui a ouvert ses colonnes et offert le rond de serviette à tous les séides de la boulange. Comme vous le lirez dans le texte du communiqué, la centrale syndicale va bien au-delà d’un faire-part d’incertitudes, ou de craintes pour les droits des salariés. C’est un réquisitoire argumenté contre les projets libéralo-localistes d’un président de région sur le déclin qui, à l’instar d’un joueur, veut se refaire alors qu’il a perdu la main parce qu’il a échoué dans toutes les missions qui lui ont été confiées jusque-là.
Seule divergence avec la CGT, l’appel au boycott de la comédie qui nous est imposée aurait sans doute mieux et plus vidé de toute légitimité un projet dévastateur pour la démocratie, en ce qu’il accentue encore les moyens d’un pouvoir issu d’un mode d’élection anti-démocratique. Mais il est rassurant de constater que l’opposition a compris qu’elle devait s’organiser pour ne rien lâcher à une droite que l’on connaît trop.

La CGT d’Alsace et le projet de collectivité territoriale d’Alsace
Salariés ne vous laissez pas abuser, la collectivité territoriale d’Alsace est un cheval de Troie !
La création de la collectivité territoriale d’Alsace qui remplacerait les trois collectivités que sont les deux départements et l’actuelle Région serait-elle de nature à améliorer la vie des salariés de notre région ? Remarquons que ce projet n’est pas porté par une volonté populaire. La notion d’empilement institutionnel et de savoir qui fait quoi sont uniquement des spéculations d’initiés. À l’heure où le nombre de demandeurs d’emplois atteint, voire dépasse le pic le plus élevé jamais réalisé dans notre région, cette idée ne suscitera que peu d’intérêt parmi nos collègues de travail dans les entreprises. Si la question semble relever de la sphère politique, la CGT sait d’expérience qu’une décision politique n’est jamais neutre pour les intérêts des salariés. Ainsi le contenu du code du travail est-il déterminé par l’Assemblée nationale, même si la mobilisation collective organisée par les syndicats est indispensable pour que le contenu de la loi soit en faveur des salariés. L’histoire sociale le démontre amplement. La question de la modification de l’organisation du territoire découle, au-delà des préoccupations à caractères politiciennes des élus locaux, de l’environnement économique et social. Nous connaissons aujourd’hui une crise majeure qui percute durement les salariés. Sa cause réside dans les objectifs de rentabilité financière fixés par les financiers, les banquiers, les actionnaires et les PDG à leurs services. Pour atteindre leurs exigences ils veulent obliger les salariés à une flexibilité de leurs emplois et de leurs salaires. Dans cette optique, les règles du code du travail seraient trop contraignantes et seraient un obstacle au développement de la compétitivité. Les salariés qui sont les créateurs des richesses produites sont ainsi voués à être des variables d’ajustement de la guerre économique planétaire. L’accord honteux négocié le 11 janvier entre toutes les organisations syndicales des employeurs et trois syndicats de salariés (CFDT, CGC et CFTC) minoritaires réduit sévèrement encore les droits des salariés et s’inscrit dans cette orientation désastreuse. Les choix politiques dans tous les domaines ne répondent pas aux souhaits des électeurs mais bien à cette vaste compétition qui broie la vie de millions de personnes. Le projet porté par une majorité des élus locaux n’échappe pas à cette règle et vise à augmenter la compétitivité du territoire alsacien. Ce n’est pas une invention de la CGT : l’objectif de favoriser l’attractivité et la compétitivité du territoire alsacien figure dans les documents produits lors de l’élaboration de ce projet de fusion territoriale. C’est pourquoi, dans un premier temps, le texte soutenant le projet réclame l’attribution d’une capacité règlementaire et d’un droit à expérimenter. Certains pensent d’ailleurs déjà à instrumentaliser l’existence du droit local hérité de l’histoire particulière de notre région pour le faire évoluer indépendamment du cadre des lois de la République française. Le MEDEF d’Alsace qui a opté pour la fusion de ses instances départementales revendique un processus concerté avec les syndicats des salariés de la région pour augmenter la compétitivité en abandonnant par exemple les jours fériés supplémentaires issus du droit local. Les discours produits par les promoteurs de la collectivité unique occultent ces enjeux fondamentaux au profit d’arguments simplistes susceptibles d’emporter la conviction des électeurs. Les présidents des trois collectivités mettent en avant la simplicité et les économies d’échelle sensées advenir de la mise en place d’une structure unique pour d’assurer plus d’efficacité. Ce n’est qu’un miroir aux alouettes. Si les économies devaient se réaliser, ce ne serait qu’au détriment de l’emploi et des services publics rendus à la population.
La CGT Alsace appelle les salariés à réfléchir et à ne pas se laisser abuser par cette nouvelle collectivité dont personne ne connait les compétences et les moyens propres à les financer. On nous réclame un chèque en blanc. Quel peut être l’intérêt pour la région Alsace de faire cavalier seul alors qu’un acte III de la décentralisation est en cours de discussion dans le cadre national ? Ce projet soumis à votre approbation n’est qu’un cheval de Troie.
Salariés, lors de la consultation référendaire le 7 avril pour défendre vos droits sociaux le vote efficace, c'est le vote NON.
Raymond Ruck, Secrétaire Régional du Comité Régional Alsace CGT

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