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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – escamotage à tous les étages – J – 12 jours ! – § 46

On comprend mieux l’empressement des "écologistes" d’EE-LV à servir la soupe au futur ex-prince électeur d’Alsace en mal du quart des inscrits [ ce n’est pas gagné ! ] pour assouvir son fantasme, régenter l’ensemble de la région en s’appuyant sur quelques obligés, gratifiés de quelques hochets en récompense de leur servilité. On écrit toujours trop, même si on écrit si peu ou si mal, et surtout, avec les moyens cybernétiques, les traces vous suivent, irrémédiablement.

Ainsi ce délicieux article du journal d’un marchand de canons [ on parle du Figaro ] du 16 mars 2010 [ pour ceux qui connaissent Pumpernickel, ça ne s’invente pas, c’est un véritable cadeau d’anniversaire ! ] dans lequel Madame Y. Baldeweck, honorablement connue des lecteurs de "l’Alsace" et de ce blog, parle de la cour assidue que futur ex-ministre président d’Alsace a faite aux écologistes au lendemain du premier tour des élections régionales de 2010. Revenant sur les pourcentages des uns et des autres, Madame Y. Baldeweck recueille la confidence de Monsieur Ph. Richert : "Le deuxième tour n'est gagné pour personne. Qui dit que tous les écologistes vont se reporter sur la gauche ? Le Grenelle de l'environnement, c'est le gouvernement actuel qui l'a fait. Et je développerai le développement [ sic ] durable de manière ambitieuse sur le terrain", renchérssait l'ancien président du conseil général du Bas-Rhin qui pensait ramener dans ses filets une partie des électeurs du MoDem. "Le programme de Yann Wehrling [ un ancien de chez les écolos, ndlr ], qui est quelqu'un de bien, n'était pas si éloigné du nôtre", voulait-il croire, tablant sur le vote de régionalistes qui sont d'accord avec sa proposition de conseil d'Alsace qu'il prône depuis des années. Voilà, tout est dit, et il ya fort à parier que les "discussions" sont allées bon train à l’issue de ces élections que, en fait, Monsieur J. Bigot n’avait pas plus envie de gagner, que Monsieur J. Fernique ne souhaitait les perdre. C’est là qu’il faut aller chercher ce ralliement de circonstance, cette majorité d’idées creuses, cet agglomérat d’intérêts disparates, plus ou moins hétéroclites, juxtapositions de combinaisons d’ambitions médiocres dépourvues d’idées, sans autre projet que d’être à proximité du pouvoir. Et la constitution, à la hâte, d’une liste fusionnant celles du PS et des écologistes ne doit pas faire illusion. Tout était en ordre, bouclé, et arrangé, à l’insu des électeurs qui se retrouvent maintenant avec une majorité localiste qui va de la droite extrême dure à la gauche super molle. Voilà qui va redonner un coup de fouet à la confiance que nous devons accorder à un bestiaire politique qui pourrait avoir la dignité de ne pas se renier avant même d’avoir été investi par le suffrage universel.

Toujours dans ce journal parisien qui se faisait un devoir de porter en manchette que sans liberté de blâmer il n’est pas d’éloge flatteur, Madame Y. Baldeweck, anticipant les résultats d’une consultation électorale pour le moins incertaine, ne craint pas d’écrire, le 8 mars dernier, que "l'Alsace prépare son unification", rien de moins. Et pourquoi, et comment, vous demandez-vous peut-être ? Elle s’appuyait sur les résultats de ce fameux sondage, qui n’a curieusement pas été confirmé, on se demande bien pourquoi, surtout son volet "participation" dont on sait qu’il hante les nuits des fanatiques de "l’Alsace unie", selon lequel, "nous" serions trois sur quatre à être d’accord avec les Boulangiens. Ce "çondage" a déjà été commenté le 7 mars dernier sur ce blog, mais cela n’empêche pas Madame Y. Baldeweck de parler de "soutien massif", du fait sans doute qu’il est "porté par une centaine de conseillers régionaux et généraux allant de l'UMP à la gauche et d'une vingtaine de parlementaires UMP et UDI" et que "l'idée d'une simplification institutionnelle recueille l'adhésion des milieux socio-économiques, d'universitaires et d'associations soutenant la culture régionale" [ voir note en fin d'article ]. Si on la comprend bien, hormis cette insupportable marge de grincheux et de bougonneurs systématiques, tout ce que la région compte de gens intelligents et raisonnables se trouve derrière l’étendard de la Boulangie pour, enfin, mettre un peu d’ordre là où règne le chaos. Elle ne manque de brosser le tableau de la dispersion pour caractériser ces nonistes impénitents qi se retrouvent, comme on l’attendait un peu, entre le FN, Debout la République, quelques MoDem en congé de parti et les socialistes strasbourgeois. Cette énumération l’autorise à conclure d’un définitif "les promoteurs du non ont du mal à se faire entendre". Il aurait été simplement conforme à la réalité de préciser qu’elle mettait tout en œuvre, localement, pour ne leur donner la parole qu’à la marge, préférant laisser des gloires autoproclamées se répandre, à longueur d’édition, dans les colonnes des journaux du groupe "Crédit mutuel".
Comme tout cela ne suffisait pas, c’est une interview du futur ex-beaucoup de choses qui est proposée au lecteur. Et on en apprend de belles de la part  de Monsieur Ph. Richert, qui ne nous avait pas tout dit ! Le nombre des élus sera diminué de 20% [ ah bon ? on avait cru lire "entre 10% et 20%" ], l’institution aura un pouvoir réglementaire [ ah bon ? cela intègre probablement les "adaptations" du droit du travail… ], un mouvement est créé [ ah bon ? il va sans doute s’étendre aux autres régions et faire de notre pays une juxtaposition de baronnies ? ]. Mais, tout cela, c’est au nom de la simplification mille-feuille institutionnel, des économies forcément et du supplément d'efficacité de la nouvelle collectivité, le tout sur fond de ces économies que nous demande le gouvernement qui sont une incitation supplémentaire.
Eh ben on devrait lire le Figaro plus souvent, on en apprendrait plus qu’à s’infuser les pensées de tous les potes de la Boulangie qui n’en finissent pas de se relayer pour nous faire croire qu’il n’y a qu’eux qui sont organisés, qui ont quelque chose à dire, qui ont réfléchi à l’avenir collectif.
Continue comme ça, Yolande, tu donnes une belle image du journalisme, de la diversité des opinions, de l’expression démocratique.

Note : il s'agit de Culture et Bilinguisme, Heimetsproch un Tradition, ABCM-Zweisprachigkeit, Initiative citoyenne alsacienne pour plus de démocratie (ICA 2010), Société des amis de la culture bilingue en Alsace, Apepa [Association de parents d’élèves de l’enseignement public en Alsace], Eltern Alsace, Comité fédéral des Associations pour la langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle, Association des élus du Haut-Rhin pour la promotion de la langue et de la culture alsaciennes. Tout ce monde se reconnaît dans ce genre de déclaration : "L’identité et le pouvoir ont partie liée, l’un construisant l’autre. Ainsi si nous voulons un plus identitaire, il nous faut aussi vouloir un plus démocratique". Enfourchant les bourrins bien connus du repli sur soi, ils continuent avec un "appel à voter oui du mouvement culturel alsacien, car pour forte qu’elle soit encore, l’identité alsacienne est menacée à terme". Au passage, ceux qui ne sont pas d'accord avec eux sont traités de "jacobins de tous bords qui hurlent au danger qui pèserait sur la République une et indivisible", merci pour eux. Quant à ceux qui, comme Pumpernickel et ses amis d'À contre-courant, vont s'abstenir, ils prennent "le risque de faire échouer le référendum". Il terminent sur un vibrant "notre région a besoin d’un projet qui renforce la conscience qu’elle a d’elle-même, qui réaffirme son identité et qui mette à la disposition de tous les langues qui sont siennes" qui a toutes les vertus sauf de rassurer.

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