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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – et maintenant l'aigritude ! – J + 7 jours ! – § 60

Qui ne se rappelle cette émouvante contribution de Monsieur K. Schumann au "débat" sur le conseil unique d’une hypothétique assemblée unique alsacienne dans l’édition du 20 avril 2011 du plus grand, plus beau, plus intelligent, plus éclairé, plus objectif, plus déontologue, en bref, du meilleur des quotidiens alsaciens, écrivait-on ici à l’époque. Cet ancien haut fonctionnaire au Conseil de l’Europe y faisait le parallèle entre la réunion des quatre entités administratives qui ont formé le Bade-Wurtemberg en 1951 et ce qui est en train de se passer dans et sur notre dos entre les deux départements et la région dont il faisait mine à l’époque d’en connaître déjà le ministre-président. On a vu le résultat la semaine dernière, après plus de trois mois de pilonnage médiatique orchestré par les cellules de propagande des trois entités administratives qui voulaient se faire harakiri pour complaire au caprice de celui qui a somme toute beaucoup échoué ces dernières années [ échecs aux élections locales quand il était "ministre des collectivités territoriales", échec aux élections sénatoriales quand il se disait tenir cette assemblée dont il disait connaître tous les secrets, et maintenant échec à ce qui aurait dû être "le grand œuvre" de sa vie, l’accession au trône du prince-électorat d’une province qu’il dit aimer ]. Monsieur K. Schumann a sans doute omis de nous faire part du résultat du referendum organisé le 5 Mai 1996 à l’issue duquel la fusion entre le land du Brandebourg et la ville-état de Berlin a été refusée par les électeurs, alors que la diète de l’une et le landtag de l’autre s’étaient prononcés en faveur de la fusion. On s’est même trouvé dans une situation analogue à celle que nous avons connue dimanche dernier, puisque si les Berlinois ont voté pour [ à 53,6% ], les Brandebourgeois ont voté contre [ à 62,7% ]. Voilà un exemple allemand que l’on n’a pas eu l’idée de nous proposer, et on se demande bien pourquoi, hein Yolande, hein Christian, hein Jacques, hein Dominique ?

Cette fois, c’est un professeur émérite, excipant de sa qualité d’expert auprès du Conseil de l’Europe, qui vient occuper les colonnes du plus grand, plus beau, plus intelligent, plus éclairé, plus objectif, plus déontologue, en bref, du meilleur des quotidiens alsaciens pour exposer son dépit face à l’épreuve qui lui est infligée. Pensez donc, le pauvre, roséole de la légion d’honneur à la boutonnière, est affirmatif : "triste échec d’une belle réforme, l’Alsace a choisi le département napoléonien contre la Région de demain". On ne sait pas ce que ce personnage qui semble avoir une idée particulièrement élevée de sa modeste personne a enseigné, ni sur quel ton, ni comment il envisage la pédagogie, mais c’est sûr qu’avec de tels avocats, le projet his-to-rique défendu par de tels hystériques avait peu de chances d’être accepté. Surtout que quelques lignes plus loin, après avoir cru faire preuve d’originalité en reprenant mot à mot ce que les Déhaina et l’Alsace nous ont servi pendant de trop longs mois, Monsieur l’Important nous traite simplement d’incultes. On ne saurait être plus charmant. Citons-le tout de même : "Parmi les arguments absurdes agités par des leaders politiques nationaux, qui ont étalé leur inculture et leur incompréhension des affaires d’Alsace, on citera le risque pour celle-ci, dans sa version réformée, d’être aspirée vers l’espace germanique [ on sent que Monsieur n’a rien suivi de la campagne et qu’il ne fréquente que ceux qui "pensent" comme lui ; s’il avait un peu lu et écouté, il aurait entendu que les tenants du "non" redoutaient, à juste titre, ces "expérimentations" dont la droite est friande en matière de droit du travail, et que l’aspiration vers l’espace germanique relève de ses propres phobies et de ses frustrations rentrées ]. Or, ce fut chaque fois l’État français [ Pumpernickel aime particulièrement ces personnages qui nous parlent de cet "État français" affectant de ne pas savoir que cet terme renvoie à Vichy ; pourquoi ne pas parler de la République française, puisque c’est son nom ? ], et lui seul, qui a reconnu l’unité institutionnelle de l’Alsace, dans la Province d’Ancien régime qui a duré de Louis XIV à 1790, avec une grande autonomie, comme dans les institutions régionales modernes." On cherche vainement le rapport avec le sujet qui nous occupe. Il continue avec cette affirmation qui vaut son pesant de cacahouètes : "L’argument fantasmé des atteintes au droit social ou du travail est d’une mauvaise foi absolue, car cette matière relève entièrement de la loi et des conventions collectives. Et le droit spécial à l’Alsace-Moselle est ici, de notoriété publique, plus favorable." Voilà quelqu’un qui mérite bien tous ses titres tant il paraît être particulièrement au courant de la dérive contractuelle des relations professionnelles qui, sous les coups de butoir du patronat et du pouvoir politique, tendent à s’individualiser en tournant le dos au caractère collectif hérité du programme du CNR. Et Monsieur l’expert doit tout de même savoir ce qu’était le CNR ! On lui fera aussi remarquer que le droit spécial dont il parle s'appelle le "droit local", et qu'en matière de droit, la notoriété n'est pas de mise. Mais on ne saurait tout savoir.
Manifestant toujours une ignorance qui frise la caricature, il remet le couvert sur la protection dont jouirait les fonctionnaires de l’administration territoriale, qui serait calquée sur celle des fonctionnaires de l’État. Cet homme est malheureusement dépassé par les événements car il ignore d’une part que ce n’est pas le cas, et d’autre part que ses amis de droite, avec l’ancien ministre du Budget et architecte de la RGPP à la manœuvre, ont introduit quelques coins dans le statut de la fonction publique. Monsieur le professeur émérite aurait mieux fait de préparer son texte avant de l’envoyer à ses potes des Déhaina.
Tout cela vient après une dénonciation en règle de ce fameux millefeuille territorial, en partie mis en place par la droite, hérité des lois Deferre de 1982, mais auquel la droite, au pouvoir ces dix dernières années, n’a pas touché,se contentant de perdre une à une les consultations électorales successives.

Monsieur l’aigri conclut sa philippique d’un vibrant "Vraiment, quel gâchis ! Mais le souverain a parlé et sa décision fait loi. On sait, cependant, que la loi n’est pas toujours juste, ni bonne !" qui manifeste tout le respect qu’il a pour le suffrage universel [ ne considère-t-il les élections comme légitimes que lorsqu’elles donnent la majorité à ses copains ? ] en général et le Peuple en particulier. Sans doute aimerait-il, selon la proposition bien connue de Bertolt Brecht, qu’on le dissolve pour en élire un autre ?
Et dire que c’est à des types pareils que les Déhaina ouvrent leurs colonnes après nous avoir assommés de mois d’un endoctrinement scandaleux, relayant exclusivement les slogans du pouvoir, ne réservant à la contradiction que d’infimes confettis interstitiels d’expression, sortes d’alibis dans une mise en scène digne des régimes autoritaires. Et le pire, c’est maintenant cet esprit de mauvais joueur, de mauvais perdant, d’escamoteur qui la ramène, histoire sans doute de nous préparer, pourquoi pas, à revoter jusqu’à ce que, de guerre las, nous rendions les armes.
Dernier mot sur le "poids" de ces élus qui auraient fait des campagnes actives pour convaincre les électeurs. On ne sait pas comment ça s’est passé ailleurs, mais dans le nord du département, on ne peut pas dire que le conseiller général se soit beaucoup agité, il a même été particulièrement silencieux, préférant sans doute réserver son énergie à scier les pattes du maire de Wissembourg. Ainsi n’est-il pour rien dans la déculottée de son ancien mentor, et peut-il se concentrer sur la constitution de sa liste pour mars 2014. Remarquons aussi l’indépendance des électeurs qui n’ont que faire des consignes qui leur sont données par des slogans vides de sens martelés lors de réunions regroupant invariablement 250 personnes [ toujours les mêmes ? véhiculées en bus ? au frais de qui ? ] présentées comme enthousiastes. Et maintenant ?

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