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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d’alsace, la frénésie maximale – §  23

Comme on s’en doutait, les partisans de la boulange localiste sont embarqués, les uns après les autres [ d’ailleurs, on remarque que la surexcitation à laquelle ils sont en proie semble plus frapper les hommes que les femmes ], dans une surenchère dont l’obligeance n’a d’égal que l’espoir qu’ils fondent, à plus ou moins juste titre, de bénéficier des hypothétiques largesses que voudra bien leur accorder, en cas de victoire, un prince-électeur qu’il vaut mieux compter parmi ses amis. Ainsi voit-on défiler tout le bestiaire des vieilles gloires, experts en tous genres, personnalités qualifiées dont l’avis est forcément objectif, traînant maintenant, accrochés à leurs basques, les rescapés des combats perdus de la culture alsacienne et de la langue vernaculaire. Chacun y va de son communiqué, invariablement truffé de régionalismes linguistiques, histoire de donner à l’ensemble les références appropriées censées nous impressionner. Ainsi d’une ABC-M qui, en son temps brandissait comme un étendard les travaux des pédopédagogues, pédopsychiatres et autres pédosociologues pour nous convaincre de ce que nous étions nombreux à savoir, du moins ceux qui n’avaient pas capitulé devant le rouleau compresseur dominant : les enfants apprennent mieux les langues quand ils sont petits et ils ne pratiquent que temporairement le mélange linguistique, comprenant rapidement que pour se faire comprendre il est important d’être cohérent. Cette fois, c’est pareil, à près de 25 ans de distance, on appelle à la rescousse toutes ces références à qui on ne demande jamais quelles langues parle leur progéniture, dommage ! Quant au catalogue de doléances qui nous est proposé, il est affligeant d’indigence, quand il ne fait pas peur : si on les lit bien, "il devrait revenir aux collectivités territoriales de traiter le dossier de cette identité qui se construit par la transmission des langues, des cultures et de l’histoire". Plus loin, "les collectivités territoriales devraient obtenir les délégations nécessaires dans le domaine de l’éducation et surtout se doter d’un projet de politique linguistique et culturelle régionale". Et au cas où nous n’aurions pas bien compris, on termine par "lorsque le projet politique annoncé au sujet du Conseil d’Alsace à naître de la fusion des deux Départements et de la Région prend en compte une grande partie de notre approche, nous ne pouvons qu’y souscrire" même s’il ne "s’agit pas de donner un chèque en blanc, mais d’accorder notre confiance, tout en espérant [ sic ] être associé à l’élaboration de la politique linguistique et culturelle qui sera à mettre en application par après" pour terminer par un risible s’il n’était pathétique "Un espoir existe !" qui sonne comme une épitaphe. On fera remarquer l’emploi, plus que de raison du conditionnel, qui sous-tend que l’on s’en remet au futur monarque local éclairé qui aura sûrement l’extrême bienveillance d’accorder une écoute attentive aux demandes si joliment tournées de ses fort respectueux sujets. Il semble que ces gens n’aient pas encore compris que les mêmes causes produisant les mêmes effets, ils se feront rouler dans la farine par l’expert qui réussit le tour de force de les faire se rendre avant même d’avoir livré bataille.

Comme si cela ne suffisait pas, ainsi qu’il en a déjà été question ici, les bataillons de "Unser Land" qui débarquent avec leurs gros sabots, histoire de ne pas rater le train des prébendes et des décorations. On nous gratifie de la savoureuse "Babette Svattengger" [ lorsqu’elle signait ses contributions à "Tonic magazine", publication connue tant pour sa recherche linguistique et son usage immodéré de l’imparfait du subjonctif tenue que pour la distance qu’il sait tenir vis-à-vis des événements et des personnes ], alias Madame A. Munchenbach, ex-à peu près tout, et maintenant égérie du combat autonomiste qu’elle définit ainsi, tournant résolument le dos à de pseudo "traditions républicaines" d’un État reconnu en faillite par l’un de ses premiers ministres [ toute en mesure et en délicatesse, on vous disait… ] : "l’autonomisme est l’expression politique de l’humanisme qui se définit non par la peur ou la défiance, mais par la confiance en l’Homme, individu libre et responsable. Selon le principe de subsidiarité, l’autonomie des institutions est souhaitable, comme l’est celle des enfants et des personnes âgées. Qui songerait à remettre en cause l’autogestion de la RATP (Régie autonome des transports parisiens), du port et de l’université autonomes de Strasbourg? Le régime local d’assurance maladie est excédentaire…" On fera observer que si la RATP s’appelle "autonome", cela n’a rien à voir avec le mouvement autonome mais c’est parce qu’au moment de sa création, elle n’a été rattachée à aucun opérateur de transport [ toute en mesure et en délicatesse, on vous disait… ]. De même peut-on lire sous la plume de ses amis cette intéressante définition de la nation : " L’Alsace forme une nation, c’est-à-dire une communauté humaine ayant conscience d’être unie par une identité historique, culturelle et linguistique et manifestant la volonté de vivre ensemble." Cette allégation est complétée immédiatement d’un définitif "Partant de là, nous définissons comme Alsacien toute personne se reconnaissant dans l’identité historique, culturelle et linguistique de l’Alsace, quelle que soit son origine. La nation alsacienne a le droit de vivre. Les Alsaciens ont le droit de se gouverner eux-mêmes et de donner un avenir à leur langue. Pour cela, il est indispensable que l’Alsace obtienne un statut particulier afin qu’elle puisse gérer elle-même les compétences vitales à son existence : éducation, langue, impôts, institutions locales. La nation alsacienne est diverse mais doit être unie. Si l’hospitalité est un devoir pour les Alsaciens, l’intégration est également un devoir pour les nouveaux arrivants – d’outre-Vosges et d’ailleurs. Car pour avoir un avenir, l’Alsace doit être capable de créer de nouveaux Alsaciens" corrigé dans la foulée du couplet pseudo-internationaliste : "Néanmoins, les identités s’additionnent et ne s’excluent pas : on peut tout à fait être Alsacien sans devoir forcément renoncer à une autre appartenance. Enfin, être Alsacien, c’est également être citoyen européen et citoyen du monde. Il en découle un devoir de solidarité et d’entraide entre Alsaciens mais également vis-à-vis de tous les peuples." On écrit toujours trop, même si on écrit mal.

On comprend l’empressement du bras médiatique, ou plutôt propagandiste de la boulange localiste à véhiculer ce type d’âneries à l’origine desquelles on trouve un grand nombre de malentendus historiques. Sans oublier qu’avec le minimum d’indépendance d’esprit, sans même parler de résistance, il aurait été facile, il y a trente ans, non pas de "sauver le dialecte" mais simplement de lui ménager la place qu’il avait à l’époque. N’en déplaise à tous les donneurs de leçons, mais lorsqu’un francophone se proposait, en 1985, de défendre le dialecte lors de la campagne des élections cantonales, il ne s’attirait que quolibets et sarcasmes de la part de celles et ceux qui, disaient-ils, ne l’avaient pas attendu pour savoir ce qu’ils avaient à faire. Trente ans plus tard, les enfants du francophone sont multilingues [ français, allemand, anglais, néerlandais et même italien et afrikaans ] et l’on n’aura pas la cruauté de demander où en sont les enfants de ces bateleurs d’estrade prompts à en découdre quand ils n’y a aucun risque à prendre.
Alors, convoquer ensuite l’Histoire, rien de moins, réduire la taille des départements, anachronismes coûteux et inutiles, à la distance parcourue par un cheval en une journée ou en appeler à un rassemblement autour de "notre région" face à la mondialisation et au centralisme parisien, tout ça pour sauver notre Droit Local attaqué de toutes parts et éviter une incorporation [ ah, les mots, chargés de sens… ] dans un ensemble "Grand Est", incluant la Lorraine et Champagne-Ardenne, projet qui signerait la fin de l’Alsace a un air de lamentable régionalisme autocentré qui discrédite et disqualifie celles et ceux qui se laissent aller à de telles extrémités.

Peut-on conclure, provisoirement, avec d’une part ce vice-président du conseil régional qui n’a manifestement rien d’autre à dire que ce que nous avons trop de fois entendu sur ce "oui historique" quand il n’est pas d’enthousiasme à moins qu’il ne soit de raison, mais rarement d’intelligence, un substantif complètement absent des discours ambiants, ou encore du porte-plume du boulangisme régional qui fait mine de recenser, dans le journal qui accueille généreusement les publicités des partisans du "oui historique" les blogs et publications diverses qui s’expriment sur le sujet. On ne trouvera nulle part de trace de ce blog qui, à l’évidence ne dit que des sottises et n’a rien à proposer.
Mais comme il a aussi le droit d’entendre ce que l’on pense de lui, il a été destinataire d’un courriel auquel il n’a pas répondu, dommage !

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