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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – la ronde des Boulangiens – J – 14 jours !  – § 45

Et vous ne savez pas la meilleure ? Ce n’est peut-être pas vrai, mais c’est tellement vraisemblable ! Voir en fin d’article.

Ça y est, et alors que "le chef" n’aurait pas dû avoir besoin de mettre les choses au point, tant il a mesuré "l’enthousiasme que soulève ce projet d’une Alsace unie et plus forte", voilà que Philippe 1er, futur ex-prince électeur et ministre-président d’une Alsace qu’il aime peut-être, doit se fendre d’une "opinion" dans les colonnes de l’organe de la propagande quotidienne régionale "pour redire sereinement un certain nombre de faits". Comme s'il lui apparaissait de façon évidente que toutes ses balivernes tournent à vide. Elles n’ont pas de prise sur l’opinion publique qui se débat dans les difficultés du chômage, de la précarité, de la misère, et de la désespérance. Et ce n’est pas le énième couplet d’une antienne éculée qui va y changer quoi que ce soit.
Comment espérer convaincre en nous assénant ces mots d’ordre que l’on croit sortis des manuels de la Nouvelle politique économique (NEP) des années 1920 : "renforcer l’Alsace, simplifier l’organisation actuelle [ de trois assemblées à une, de trois collectivités à une, de trois budgets à un ], faire des économies d’échelle, rendre nos politiques publiques plus efficaces ou mieux s’exporter et se faire reconnaître". S’il a oublié l’extinction du paupérisme et la prolongation de l’Avenue des Vosges jusqu’à la mer, c’est sans doute par manque de place.
On reste tout de même perplexe à la lecture de ce catalogue, sorte d’empilement de lieux communs, de stéréotypes et de banalités censés rassembler tout le monde.
En fait, avons-nous envie d’une Alsace plus forte ? Plus forte par rapport à qui, par rapport à quoi ? Contre qui, contre quoi ? Monsieur Ph. Richert se situe une fois de plus dans un contexte de confrontation, de concurrence, de profit, de cupidité, d'amoncellement de richesse, de conflit, de supériorité, de vainqueur et de vaincu. Il en appelle à cette pseudo-fierté de "ces imbéciles heureux qui sont nés quelque part" [ Georges Brassens ], oubliant qu’ils n’y sont pour rien. Ce n’est pas parce qu’on a vécu à Wimmenau que l’on n’est pas né à Ingwiller. Et l’un est-il supérieur à l’autre ?
En quoi devrions-nous être fiers de nos spécificités, de notre langue locale ou d’un droit dont nous avons hérité alors que nos propres enfants sont incapables de comprendre ce que leur disent leurs grands-parents ? Et Pumpernickel ne craint personne sur le sujet, qu’on se le dise ! Les seules vertus qui vaillent, ce sont l’humilité, la fidélité et la dignité. Le reste, c’est du blabla inconsistant.
Là où il se trompe, c’est quand il convoque l’appellation d’origine contrôlée en pensant tenir la botte finale de la compétition. Ne sommes-nous donc que des statistiques, des points de croissance ou de parts de marché ? C’est la croyance de Monsieur Ph. Richert. La différence entre lui et nous, c’est que nous lui reconnaissons ce droit quand lui n’a que sarcasme et raillerie à notre endroit. C’est ce qui fait penser que Monsieur Ph. Richert est d’abord un homme du passé qui pense d’abord à lui et qui rêve, comme aboutissement d’une carrière politique démarrée sur les bancs d’une écologie de droite et terminée sur ceux d’une droite forte de droite dure, de tenir toute une région. Et, tel "der Rattenfänger von Hameln", il joue de son instrument, honteusement amplifié par un appareil propagando-médiatique à sa solde, pour attirer le gogo dans ses rets. Il manie les sophismes, les faux-semblants, les anathèmes, la dichotomie sociale et politique, et surtout ces insupportables mots d’ordre qui sont étrangers aux démocraties.
Son intervention d’aujourd’hui manifeste faiblesse et vulnérabilité. C’est un indéniable faux-pas.

Tout comme cette supplique de l’ancienne maire de Strasbourg qui presse l’actuel de se déterminer. Madame y verrait une marque du sens du devoir dont doit faire preuve celui qui est investi de prestigieuses responsabilités. On aime beaucoup la droite quand elle s’engage sur la voie de l’honneur, c’est un rôle de composition qui lui va comme un gant.

Avez-vous lu les propos de Monsieur L. Furst, né à Colmar [ doit-on être fier d’être né à Paris au dépôt de l’Assistance publique ? ndlr ], député du Bas-Rhin et maire UMP de Molsheim depuis 18 ans, qui s’agace des "contre-vérités" [ c’est "L’Alsace" qui met entre guillemets, on ne sait trop pourquoi ] entendues dans la campagne pour le referendum [ ici, on fait campagne contre le referendum ! ]. Laurent Furst, vous connaissez ? Hein, Allo, non mais, Allo quoi, ch’sais pas, vous m’recevez ? Non, ici non plus, mais est-ce bien grave ? Ce doit être quelqu’un qui doit être super connu à Munster et de l’ensemble des journalistes politiques des grands media !
Que nous dit ce brave homme ? Qu’il a choisi son camp, qu’il n’y a pas de différences entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, que  quand il était conseiller général, il a pu mesurer le caractère absurde du partage des politiques publiques entre les départements et la région [ c’est curieux, à l’époque, on n’a pas lu d’opinion signée de sa main sur le sujet, manque de temps probablement… ], que l’on va rationaliser [ c’est-à-dire que l’on va devenir raisonnable, ce qui sous-tend qu’on ne l’était pas ! ] et qu’il défend autant la Haute Alsace, le Centre Alsace que la Basse Alsace [ vous savez, ni pour ni contre, bien au contraire ]. Il devient plus prudent quand Madame Y. Baldeweck lui demande un pronostic : "C’est un projet lancé par Philippe Richert, mais pour avancer, il a eu besoin de l’aval de Nicolas Sarkozy, puis de François Hollande. Né dans notre région, ce projet est une chance pour la France. Si nous réussissons, cela débloquera d’autres projets, dans d’autres régions. À l’Assemblée, mes collègues de droite comme de gauche m’interpellent régulièrement sur le conseil d’Alsace. Qu’on ne s’y méprenne pas. C’est un fusil à un coup. Si nous ne réussissons pas, il n’y aura pas de deuxième chance, et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer." Mais encore ? Alors, on n’est sûr de rien ?

Véritable feu d’artifice, nous sommes gratifiés d’un sondage qui attesterait que "91 % des Alsaciens de l’étranger disent oui". C’est Yolande B. qui l’affirme, alors ça doit être vrai, non ?
En fait, en la lisant, on s’aperçoit que le prestigieux Gérard Staedel [ Gérard Staedel, vous connaissez ? Hein, Allo, non mais, Allo quoi, ch’sais pas, vous m’recevez ? Non, ici non plus, mais est-ce bien grave ? ] a demandé à ses potes de l’Union internationale des Alsaciens, parmi lesquels son prédécesseur François Brunagel, chef du protocole du Parlement européen et président d’honneur des Alsaciens de Bruxelles, ce qu’ils pensaient de l’idée boulangienne. Bingo, le sondage auprès des Alsaciens du monde [ sic ! ] est sans appel, 91 % disent oui à la fusion des trois conseils. Et Monsieur l’président n’est pas surpris : "Partout en Europe et dans le monde, on valorise les grandes régions. Pour être visibles et crédibles hors de nos frontières, il faut être unis", affirme-t-il.
Pumpernickel a interrogé quelques alsaciennes [ francophones, germanophones, néerlandophones, anglophones et dialectophone pour l’une d’entre elles, une autre pratiquant l’afrikaans, ça suffit ? ] vivant à Amsterdam et il est en mesure d’affirmer que 100% ne disent rien de ce projet qu’elles ne connaissent pas.

Comme il faut savoir faire des sacrifices et faire preuve de charité, on ne s’étendra pas sur la participation de Monsieur Y. Wehrling au concours des flagorneurs. Ex-écolo, il est devenu expert dans le recyclage idéologique, si l’on peut dire, spécialité slalom. Monsieur l’président du Modem Alsace votera oui pour des raisons sentimentales, une certaine fierté que notre région fasse preuve d’exemplarité et devienne plus forte. Quand on vous disait que c’était une histoire d’amour… ensuite, il quitte très rapidement le terrain affectif pour enfourcher les vieux bourrins de la Boulangie ordinaire sur les thèmes qu’on ne connaît que trop, renforcement, dynamisation du potentiel économique, incidences sur les deniers publics, suppression des gabegies, des superpositions de strates, des dossiers et des financements croisés, rien que l’original, on vous dit. Il nous rassure en nous assurant que ce projet "parle" à Monsieur F. Bayrou, en ce qu’il organise localement pour être plus fort, plus efficace et dépenser moins. La prochaine fois, tu nous parleras du bonheur, Monsieur l’président du Modem Alsace.

Dernière minute, dernière rumeur : au cas où les choses ne tourneraient pas à l’avantage de la Boulangie, il est [ fortement ? ] question de … nous faire revoter dans quelques mois, sur le modèle de ce qui a été imposé tant aux Danois qu’aux Irlandais. On fait voter ce Peuple vraiment dérangeant jusqu’à ce que, résigné, il finisse par voter "oui", à n’importe quoi pourvu qu’il vote "oui". Le plus fort, c’est que ce n’est pas impossible.

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