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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d’alsace, la spirale régressive – § 24

Chaque semaine, et singulièrement dans son édition dominicale, le plus grand quotidien d’Alsace nous amène son cortège d’opinions savamment dosées, histoire de donner l’illusion d’une véritable information délivrée par un journal qui prendrait l’allure d’une tribune à laquelle se succèderaient celles et ceux qui auraient quelque chose à nous dire à propos de cette collectivité territoriale d’Alsace que la France entière nous envierait.

Nous avons été particulièrement gâtés ce 24 février, jour de la Saint Modeste, avec une pleine page dont la répartition, un tiers pour le "NON" d’extrême-droite et deux tiers pour un "OUI" naturellement d’intelligence et de réflexion [ ce qui met obligeamment les opposants dans le camp des  crétins et des instinctifs, merci pour eux ], voudrait sans doute nous aider à nous mettre dans la tête qu’il s’agit là d’une sorte de préfiguration des résultats, tels que les envisagent les stratèges de la boulange localière. On n’en est encore pas à pronostiquer la participation dont dépend l’avenir du caprice de celui qui [ se ] dépense sans compter pour tenter de donner un sens à sa vie politique, mais il suffit d’attendre.

Abstenons-nous de revenir sur les "propos" de cette conseillère régionale qui ne redoute pas de poser sur fond d’arrière-salle de bistro : on remarque la pauvreté des arguments sur une identité brandie par les uns pour justifier le refus quand les autres s’en servent pour se rallier à l’adhésion. On s’y perd, mais peu importe. Quand à son titre sur la "fausse bonne idée", il est d’une réelle originalité et on se demande, une fois de plus où cette personne, dont on apprend qu’elle siège au conseil régional, dans la plus grande discrétion à l’évidence, va chercher tout ça. Laissons-la donc à son relatif anonymat et à son anxiété mal assumée qu’elle tente de nous communiquer pour assurer la prospérité de fonds de commerce électoral.

Comme c’était leur fête, les Déhaina ont décidé de donner la parole à deux autres personnages, modestes parmi les modestes, qui ont, l’un et l’autre, une opinion assurément très positive de leur personne. Un écrivain d’abord, qui s’est distingué naguère en s’insurgeant contre l’élection d’un conseiller général d’extrême-droite dans son canton, et qui nous explique maintenant que ce n’est pas la bonne manière, sachant que lorsque l’on s’oppose, c’est pour s’indigner, exprimer sa rage, sa frustration, sa déception, en un mot, pour se mettre au centre, sans préciser du centre de quoi il est question, c'est dommage pour un écrivain. C’est toujours cette personne qui est allé sonder les cœurs et les âmes et qui sait donc mieux que nous ce que nous pensons et pourquoi nous le pensons, pratiquement de l’ordre pathologique puisque dire "NON" nous ferait jouir ! Des détraqués, on vous dit ! Et ce monsieur qui sait manifestement énormément de choses au nom de tous ces romans, de toutes ces pièces de théâtre, de tous ces ouvrages de référence, dont quelques-uns sont publiés aux éditions de la Nuée-Bleue, ce qui donne à son propos toute la force de l’indépendance d’esprit vis-à vis des Déhaina, tout le monde en conviendra, ne craint pas de convoquer, en même temps que quelques enjeux qu'il qualifie de profonds du texte boulangiste, le souvenir décidément mal encaissé de la défaite au texte Giscard de 2005 dont il persiste à dire, en creux, qu’il était au moins aussi bon que le brouet qui nous a été préparé par tout ce que l’Alsace compte de prétentieux, d’insignifiants et de flagorneurs. Il ne manquait plus que l’auteur de l’Alsace pour les nuls pour emporter le morceau. On espère seulement qu’il sera payé de la peine qu’il se donne à aligner les lieux communs sur la mosaïque de ces "territoires" psalmodiés au-delà de l’ennui par l'un de ceux qui n’a manifestement rien à nous dire. Sa conclusion vire au ridicule quand il prétend "démontrer" l’incohérence qu’il y aurait à vivre, citons-le, dans une commune [ qu’il prend pour une ville ] "du Haut-Rhin qui dépend d’un sous-préfet et d’un tribunal de grande instance haut-rhinois, d’un tribunal d’instance bas-rhinois et qui est rattachée au pays de Centre Alsace très majoritairement bas-rhinois…" Il semble que tout cela l’ait beaucoup dérangé jusque-là et on attend déjà ses protestations d’adhésion à la mise en place de ces conseils de territoire de vie, ou d'on ne sait plus trop quoi, cornaqués par des petits potentats qui délivreront les subventions selon les critères d’objectivité liés au degré de servilité dont les élus locaux auront su faire preuve.

L’autre compère, c’était l’un de ceux dont on s’aperçoit subrepticement qu’il est conseiller régional, à l’instar de celle dont il a été question plus haut. Lui, c’est "totale langue de bois" pour, d’une part, faire sérieux, genre le gars qui joue dans la cour des très grands et très prestigieux et qui ne se déplace jamais sans avoir un dossier sous le bras [ comme le conseillait naguère un conseiller régional écolo à l’un de ses copains qui a fini par y arriver ] et d’autre part qui nous jargonne des trucs pour nous faire comprendre que nous sommes vraiment des imbéciles. Citons-le : "échelon pertinent", "potentielles économies", "mise en cohérence", "mobiliser tous les acteurs d’un territoire dans le but d’initier des territoires de projet", "complexification des problématiques", "vision stratégique et prospective", "problématique de la circulation", "L’élaboration sur tout le territoire alsacien des schémas de cohérence territoriale, qui sont de vrais outils stratégiques d’aménagement, ne peut être totalement efficace pour répondre aux enjeux d’aménagement de l’espace alsacien que si un pilotage régional en assure la cohérence.", et mieux vaut s’arrêter là pour laisser le temps au lecteur de se tenir les côtes puisqu'il a échappé à la modélisation de la problématique de l'efficience. Le pire, c’est qu’il fait semblant d’y croire, et que c’est au nom de l’héritage de René Dumont qu’il nous abreuve d’un tel prêchi-prêcha tout droit sorti des séminaires de "formation" pour élus en mal de reconnaissance sociale.
Tout cela vient alors que cette idée historique sortie de la cuisse du Jupiter d’Ingwiller survient quand on s’abstient de faire tout bilan de l’action du bonhomme, que ce soit à la tête du département, à son ministère, à son poste au Sénat quand il était questeur, et encore moins depuis qu’il affecte de mener la barque régionale. Il s’est lancé dans une sorte de course en avant, on pourrait parler d’une fuite, alors que son successeur au département, entre deux cirages de pompes, n’en finit pas de solder les comptes d’une gestion sans intérêt, au coup par coup, sans autre ligne directrice que de complaire à ses mandants, pour s’attirer les bonnes grâces de toute une coterie d’obligés et de redevables, débiteurs à titres divers des bons traitements dont ils ont été l’objet. Il y a aussi celles et ceux qui attendent leur tour, on pense aux élus EE-LV qui se sont précipités sur l’os qu’on leur a donné à ronger sous la forme d’une possible vice-présidence du machin dont l’autre rêve tout haut.

Toute cette construction est à pleurer. Les infortunés administrés de la région sont bien éloignés des préoccupations de celles et ceux qui sont déjà occupés à se partager les dicastères régionaux, avantages matériels compris. Même une CFDT pourtant rompue à la compromission doit le reconnaître : il n’y a rien dans les projets qui sont présentés à la votation populaire qui concerne une stratégie de développement industriel productif, rien sur la solidarité entre les différents secteurs de la population, rien d’autre que des empilements de "yakas" et de "focons". Doit-on en être étonné ? Sûrement pas puisque c’est la chambre des notables, des corporations et des confréries, inféodée aux ex-deux cents familles qui ont enfanté le medef, qui a inspiré tout ce fatras destiné à faire de la région une vaste zone franche dont seule l’invocation intermittente du sacro-saint droit local serait l’élément fédérateur.
Au passage, remarquons cette amusante présentation faite par les Déhaina des quatre syndicats CGT, FSU, CGT-FO et Solidaires du Haut-Rhin, qui se sont tous prononcés contre la dérive boulangiste et dont "l’journal" écrit qu’ils "disent représenter la majorité des salariés du département". Tout est dans le "disent".
Jolie cuvée donc pour la Saint- Modeste en sachant qu’il nous reste encore une bonne quarantaine de jours à tenir le coup, et ça vaut largement un bon carême.

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