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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – le conditionnement maximal – J – 31 jours ! – § 33

On l’attendait depuis pas mal de temps, il se faisait attendre, il sera comme prévu l’objet de tous les commentaires, de toutes les spéculations et de toutes les conjectures. C’est le sondage, le "çondage" écrirait le Canard enchaîné, cette "photographie" de "l’opinion" représentée par un millier de plus de 18 ans et plus, habitant l’Alsace et inscrits sur les listes électorales. Selon ces personnes interrogées par téléphone [ en fait, pourquoi ne pas supprimer les élections et les remplacer cette "méthode des quotas après stratification par département croisée par la catégorie d’agglomération" qui semble tant arranger les promoteurs de l’extravagance électorale à venir ? ], "nous" nous prononcerions pour près des trois quarts d’entre nous en faveur de cette "fusion" des conseils généraux et régional. En fait, pour mieux comprendre la subtilité des commentaires, spéculations et autres conjonctures, il suffit de se pencher sur ces fameux calculs statistiques dont on va vite s’apercevoir qu’ils sont d’une rigueur et d’une fiabilité hors du commun.

La population de l’Alsace se répartit en deux ensembles, au nord avec 1 100 000 habitants environ [ soit 59% du total ]et au sud environ 750 000 habitants [ soit 41% du total ].
Si l’on reprend ces fameux 1 009 représentatifs de l’intégralité de la population, cela signifie que l’on a interrogé 600 personnes [ sur les 756324 inscrites ! ] dans le Bas-Rhin et 409 personnes [ sur les 515676 inscrites ! ] dans le Haut-Rhin, soit une opinion forgée à partir d’un échantillon composé de … 0,08% de la population !
Sur ces 600 ici et 409 là, seuls 478 iraient voter [ 294 nordistes, et 184 sudistes ], soit une participation globale régionale de 47%. Ils se prononceraient à raison de 360 pour le "oui" [ 229 et 131 ] et 118 [ 65 et 53 ] pour le "non".
Sans oublier qu’il y a ce tiers des interrogés, 302 parmi les 1 009, qui ne savent pas quoi on leur parle ! De qui parle-t-on ? Et combien sont-ils ? Ils se recrutent probablement majoritairement chez les 531 qui ont déclaré, au téléphone, qu’il s’abstiendrait. Ça nous fait, à la louche, sans doute 150 électeurs qui sont cohérents : je n’y comprends rien, donc je ne vais pas voter. Il en resterait 152 à répartir entre oui [ 113 ] et non [ 39 ], ce qui rétrécit encore le score résiduel des convaincus [ environ 250 ! ], des gars et des filles qui n’en veulent, qui croient passionnément à l’Alsace unie et qui pensent comme l’autre [ Monsieur Ph. Richert dans un propos tenu à Soultz-sous-Forêts et rapporté par les Déhaina ] que "ça n’ira pas plus mal après qu’avant !" On se croirait dans "les dix petits nègres", avec une peau de chagrin qui se rétrécit au fur et à mesure du décorticage de la manipulation.

C’est curieux, dès que l’on s’exprime en nombres absolus et non en grandeurs relatives, comme les choses réapparaissent dans toute la nudité de leur réalité, sorte d’extrapolation abusive, généralisation à partir d’un point de vue marginal, vision déformée de qui a chaussé des lunettes déformantes.
Comme les fois précédentes, ce sondage n’est rien d’autre que l’une des étapes d’un plan de communication propagandiste destiné à nous occuper l’esprit, à nous détourner des vrais enjeux, à nous faire prendre l’accessoire pour l’indispensable, le superflu pour l’essentiel. Pendant que l’on nous distrait avec les reflets de la lune et les implications supposées de la place de telle ville dans une construction qui nous est intégralement étrangère, notre regard et notre esprit critiques sont détournés de la réalité sociale, des destructions d’emplois, de la désespérance de tranches d’âge qui ne trouvent plus leur place dans une société où l’on est trop jeune si on n’a pas trente ans, et trop vieux si on approche la cinquantaine. Il est remarquable que la loufoquerie boulangiste n’est porteuse d’aucun projet de société. Jamais il n’est question d’améliorer le contexte général de la vie des communautés que nous formons dans nos quartiers ou dans nos villes ! On ne nous parle que d’économies d’échelle, de mutualisation de moyens ou d’optimisation de processus. D’ailleurs, existons-nous dans toutes ces salades fatiguées avant d’avoir été tournées ? À l’évidence sûrement pas.
Et il fallait bien ce sondage que l’on peut légitimement qualifier d’idiot pour mener tambour battant une sorte de hold-up sur les esprits en laissant croire que tout le monde, ou presque, va aller voter [ après tout, c’est le même taux d’abstention qu’aux municipales ] et que l’ex-futur prince-électeur ci-devant ministre-président va remporter ce qui s’apparente de plus en plus à un plébiscite. Rappelons-nous tout de même qu’il est d’abord question de nous demander de voter pour pouvoir continuer à discuter avec "Paris". Et là, une chose est certaine, nous serons intégralement hors jeu.
p.s. : ne commençons-nous pas à en avoir assez de les entendre parler de "Paris" comme d’une entité exogène, étrangère et hostile ?

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