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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – le grand n’importe quoi – J - 30 jours ! – § 34

Les animateurs du grand débat radiophonique autour du referendum de début avril doivent être respectueusement salués pour leur capacité à mettre un peu d’ordre dans le chaos que les invités [ bien peu d’invitées, du reste, à l’image de cette classe politique de majorité alsacienne qui peine à reconnaître les mérites de la majorité de l’humanité ] se sont employés à installer. Il faut dire que tout promettait d’être électrique dans un cadre où les diverses sensibilités étaient largement représentées, chacun sachant que l’Alsace est avant tout, la région du consensus.
Autour du micro, Monsieur Ph. Richert, partisan du "oui", Monsieur Ch. Buttner, partisan du "oui", Monsieur A. Homé, partisan du "oui", Monsieur J. Fernique, partisan du "oui", Monsieur P. Binder, partisan du "non" d’extrême-droite après avoir été partisan du "oui", et Madame P. Richardot, , partisane du "non" [ que le boulanger a fort courtoisement appelée "Madame Pernelle" alors qu’il devrait la connaître puisqu’elle est conseillère régionale ; devons-nous nous féliciter qu’il ne l’ait pas appelée "Madame Pétronelle" ? ]. Doit-on comprendre que le non" était surreprésenté avec une voix et demie ?

Le débat a été d’une nullité consommée, la palme revenant sans doute à celui à qui la boulange a déjà dû promettre une ou deux vice-présidences, on parle évidemment de Monsieur J. Fernique qui n’a jamais manqué une occasion de manifester son obséquieux enthousiasme à l’égard de cet pas naturellement historique que nous nous apprêterions à franchir. Il y a longtemps qu’il a été un militant, d’ailleurs l’a-t-il jamais été ? Il a bien senti, à l’époque où il a rappliqué chez les Verts qu’il y avait un coup à jouer, pour peu que l’on prenne garde de suivre les conseils d’un autre ex-écolo, à savoir ne jamais se déplacer sans un chemise sous le bras, histoire de donner l’image du mec qui passe son temps le nez dans le guidon des dossiers. Il a été à la mesure du pire, et mérite bien que l’on cesse de parler de lui.
Paradoxalement, l’un des meilleurs a été Monsieur Ch. Buttner qui a su transmettre, de façon subtile, toutes les réticences que lui inspire le projet boulangiste. Lui, il ne s’embarque pas dans les histoires dérisoires d’économies [ d’ailleurs, si on a bien compris, on n’en fera pas, ou alors marginales, au mieux une petite centaine de millions sur un budget de près de trois milliards, ça nous fait du 3% au maximum ], car il préfère en rester aux principes, et à l’âpre négociation qui suivra un résultat hypothétiquement positif : on doit avoir en mémoire que les choses se poursuivent surtout après le 7 avril, avec une loi spécifique à la Chambre et des "arbitrages" entre les différents intérêts particuliers qui font semblant de s’exprimer au nom de l’intérêt général [ et jamais collectif ! ].
Monsieur P. Binder était dans la seringue après sa volte-face, lui qui aurait qualifié le projet du gindre de "génial" et qui s’est fait remonter les bretelles par les p’tits gars de la Marine. Il est maintenant furieusement contre, sa femme aussi [ on a ainsi eu confirmation que l’extrême-droite en Alsace, c’est aussi une affaire de famille ] qui aurait travaillé comme une malade pour proposer, proposer et proposer encore à une "majorité alsacienne" qui l’aurait bêchée. Comme tout cela relève des conjectures, laissons aux et aux autres la responsabilité de leurs assertions.
La tâche n’était pas facile pour les socialistes, les méridionaux sont d’accord [ et encore, pas tous, loin de là ] contrairement à un septentrion franchement hostile. Mais ils s’en sont bien tiré, manifestant une certaine maturité dans l’exposé de leurs différences, dépassant le stade stérile des incantations à l’unification dont on nous rebat les oreilles depuis maintenant des mois. Très pugnace, et seule femme de cette agrégation de bonshommes, Madame P. Richardot a dû batailler ferme pour ne pas laisser un boulanger qui affectait le calme l’empêcher de parler et d’exposer des idées de raison et d’intelligence, tout simplement.
Entendre parler Monsieur Ph. Richert, alias "le gindre", alias "le boulanger" faisait irrépressiblement penser, l’humour, et donc l’essentiel, en moins à cette chronique de Jean-Pierre Gauffre sur France Info, "il était une mauvaise foi…" [ il s’est maintenant levé du mauvais pied, et c’est toujours aussi drôle ]. On aura tout entendu de la déclinaison de cette argumentaire usé, vieilli et fatigué qui lui sert de viatique électoral : efficacité, économie, enthousiasme, moment historique, simplification, mutualisation, avec en prime la promesse qu’il n’y aura aucune suppression d’emploi mais de simples redéploiements parmi les 1 500 employés des "administrations centrales" des actuelles collectivités. On ne touchera pas aux personnels des lycées, des collèges et des circonscriptions d’aide sociale, promis, juré, croix de bois, croix de fer ! Prend-il des risques ?
Affectant le calme de ceux qui sont largement au-dessus de la mêlée, mais ne dédaignant pas couper le sifflet à ses contradicteurs [ au point que Monsieur A. Homé, pourtant partisan du "oui", a dû le rappeler à l’ordre quand il interrompait, et avec quelle violence, Madame P. Richardot ], notre Raminagrobis d’Ingwiller s’est mélangé les crayons à deux ou trois reprises, laissant poindre cette excessive nervosité intérieure qui le taraude.
Comme on parlait beaucoup du nombre d’élus qu’il s’est engagé à diminuer de 10% à 20%, ce qui ne veut rien dire, et qu’un auditeur proposait qu’on aille jusqu’à 50%, il s’est emporté en affirmant que cela ferait des cantons de 100 000 habitants, vous entendez, 100 000 habitants, a-t-il répété. Pumpernickel a fait les comptes : notre belle province compte 1 850 000 habitants. Si on suit les projections, surprenantes de la part d’un type qui fait semblant de bien connaître son sujet, cela nous ferait une assemblée territoriale unique d’une petite vingtaine de membres ! Se rend-il compte de ce qu’il énonce ? Chose curieuse, personne n’a relevé, et on se demande bien pourquoi.
Toujours sur ce registre, décidément inépuisable, du nombre d’élus de la prochaine assemblée, après que Monsieur Ch. Buttner eut dit que ce serait la loi qui en fixerait le nombre, et que cette discussion était "éthérée" [ c’est à l’emploi de tels adjectifs, particulièrement bien choisis, que l’on reconnaît celles et ceux qui ont un peu de culture, bon point pour Monsieur Ch. Buttner, le favori de Pumpernickel ! ], on nous a ressorti cet "exemple allemand", inévitablement convoqué comme l’était naguère la social-démocratie scandinave, pour nous faire entrer dans la tête que pour être écoutée à l’extérieur et respectée par ce "Paris" qu’ils honnissent, notre belle province devait avoir une taille suffisante. Alors, Pumpernickel a fait les comptes : les près de huitante-deux millions d’Allemands habitent seize Länder, dont six ont une population inférieure à deux millions quatre cent mille habitants, donc plus ou moins comparable à celle de l’Alsace.
Hambourg : 1 798 455 hab. ; Brême : 661 000 hab. ; Sarre : 1 014 000 hab. ; Thuringe : 2 224 000 hab. ; Saxe-Anhalt : 2 317 000 hab. ; Mecklembourg-Poméranie-Occidentale : 1 636 400 hab. Qui oserait affirmer que Hambourg ou Brême sont quantités négligeables ? On pourrait procéder au même exercice en observant les cantons suisses, et on s’apercevait que cette notion de "masse critique" est avant tout un prétexte qui sert de cache-sexe à l’incapacité de ceux qui sont aux manettes de savoir écouter ceux dont ils ne sont que les mandataires, car on est en démocratie.
Mais poursuivons cet "exemple allemand" : combien ces Länder de taille comparable à l’Alsace comptent-ils de membres ?
Hambourg : 121, soit 1 élu pour 14863 habitants ; Brême : 83 soit 1 élu pour 7964 habitants ; la Sarre : 51, soit 1 élu pour 19882  habitants ; Thuringe : 88, soit 1 élu pour 25273 habitants ; Saxe-Anhalt : 105, soit 1 élu pour 22067 habitants ; Mecklembourg-Poméranie-Occidentale : 71, soit 1 élu pours 23048 habitants. Soit en moyenne 1 élu pour 18850 habitants. Ça, c’est la réalité.
Transposé en Alsace, le "nombre d’Or allemand" donnerait 98 élus que l’on pourrait répartir proportionnellement à la population de chaque département, 58 pour le Bas-Rhin et 40 pour le Haut-Rhin. N’en déplaise à notre actuel président de région, cela n’a rien à voir avec ce qu’il a annoncé et qu’il faut sans doute mettre au compte du surmenage auquel il est soumis. D’ailleurs, les Wissembourgeois qui l’attendaient sans doute en masse pour une réunion publique hier soir en auront été pour leurs et ont se contenter des chauffeurs de salle, chacun sachant que c’est toujours la vedette qu’on veut voir, et pas les seconds couteaux.

Bilan de cette opération "débat historique" pour un "rendez-vous historique" ? Il est à chercher dans cette savoureuse déclaration de l’ancien tout, Monsieur F. Loos, l’homme qui a beaucoup déçu, qui annonce que la campagne de l’immense UDI qu’il préside, mais pour combien de temps, va se résumer à des "rencontres citoyennes" sur les marchés ! Au hasard des pas du flâneur inspiré pendant qu’il y est ! On est réellement dans le "grand n’importe quoi" !

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