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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace – pédagogie : "l’alsace" en tête – J - 35 jours ! – § 28

Que l’on soit d’accord ou pas avec elle, on doit dire que Madame Y. Baldeweck ne ménage ni son temps ni sa peine pour expliquer à ses lecteurs comment fonctionnerait ce conseil d’Alsace que l’on veut nous vendre "s’il voit le jour", comme elle prend bien la peine, elle, de le préciser, contrairement à ses "confrères" des Déhaina pour qui c’est pratiquement plié. Hier, on avait droit à une recension de tout ce qui allait mieux fonctionner si nous nous décidions à accorder au Boulanger et à ses amis ce que le maire de Saint-Louis lui-même appelle un blanc-seing. Si même la droite dite modérée s’en mêle, en réclamant que l’on reprenne le travail en lui donnant un peu d’allure, il y a probablement de quoi ne pas être tout à fait rassuré du côté de celles et ceux qui ont surjoué l’enthousiasme samedi après-midi en lançant la campagne pour un "oui" naturellement franc et massif, qui sera sans doute mitigé et étriqué. D’ailleurs, on est en droit de se demander qui pilote encore la région actuellement, avec ce président qui est passé par ici, qui repassera par là, qui croise machin et machin, et plus rarement machine, tel qui se targue d’avoir recueilli un petit millier de signatures sur sa pétition et qui devient alors vachement représentatif de l’ensemble de la population, tel autre qui traverse le Giessen pour expliquer à la Basse-Alsace tout le bénéfice qu’elle tirera du regroupement de ces trois collectivités territoriales qui doivent absolument être plus efficaces, plus resserrées, plus cohérentes dans la décomplexification des problématiques, plus responsables, plus innovantes, plus lucides, mais aussi plus identitaires, plus régionalistes, plus autonomistes, plus tout et plus le reste, sans jamais parvenir à intéresser qui que ce soit au coin de la rue. On a tout de même trouvé une flopée d’universitaires [ unis vers Cythère ? ] pour éclairer le débat et dire le plus grand des biens d’un machin dont on explique ensuite, mais c’est récent, que le referendum, c’est pour de semblant ! Oui, oui, c’est juste pour donner un peu de poids à la requête que ceux qui ont échoué de bout en bout depuis qu’ils tiennent la région, c’est-à-dire depuis un bon demi-siècle, vont déposer devant la représentation nationale pour obtenir l’autorisation, après les élections cantonales de 2015, de mettre en œuvre ce projet dont on nous dit

– qu’il est attentatoire au droit du travail,
– qu’il va faire de l’Alsace une sorte de Nouvelle-Calédonie continentale,
– qu’il est le loup séparatiste dans la bergerie nationale [ cf. l’expérience belge démarrée en 1963 avec la revendication de cours en néerlandais à l’université de Louvain qui a débouché, cinquante ans plus tard, sur la partition de fait de la Belgique en régions ethniquement pures ],
– qu’il ne va pas résoudre les problèmes d’emploi auxquels la population active est confrontée,
– que le mode de désignation des députés du Landtag n’a rien à voir avec la démocratie [ à l’inverse de ce modèle allemand dont on prétend s’inspirer ],
– que le prince-électeur y disposera de tous les pouvoirs [ à l’inverse de ce modèle allemand dont on prétend s’inspirer ],
– que la multiplication des strates informelles [ ces huit à douze "conseils de territoire de vie", concept pour le moins exotique qui permettra à quelque recalé de la future commission permanente de disposer d’une sinécure à la mesure de l’idée qu’il ou elle se fait de sa très gracieuse personne ] embrouillera le fonctionnement de l’ensemble, etc.

Tous ceux qui ont le minimum de réflexion et d’objectivité s’accordent sur le fait qu’avant de se lancer dans une entreprise aléatoire, qui plus est confiée à des gens qui ont fait leurs preuves [ et ne les accablent-elle pas ? ], il serait plus intelligent de faire fonctionner l’existant en s’accordant le délai de réflexion, d’écoute, de confrontation nécessaire. Par ailleurs, et Pumpernickel n’est pas le seul à le remarquer, comme le commentait Monsieur O. Chapelle dans L’Alsace du 17 février dernier, il est "difficile de faire rêver au conseil unique" ! Et pourquoi ? Mais bon sang, mais c’est bien sûr, les citoyens, les habitants, le peuple ont été complètement absents, ignorés, évités de la période dite de "réflexion" [ de miroir ? ] de ce fameux "groupe travail" épaulé par le non moins fameux "congrès d’Alsace", lourdement assistés fort opportunément l’un et l’autre par un conseil des notables, des corporations, des confréries et des intérêts particuliers appelé "CESER".

Ah, il en aurait été autrement si l’on s’était calé sur le modèle islandais, avec cette commission de citoyens tirés au sort qui aurait dialogué avec la population, traité avec les élus pour ce qu’ils sont, rien de moins, mais rien de plus, et qui aurait ensuite rendu son travail fruit de l’agitation neuronale de toute une région, réellement impliquée dans les décisions qui la concernent, rien de plus, mais rien de moins. Pour se convaincre de la vanité tant de ce qui est proposé que de ceux qui le proposent, il suffit d’observer cette pitoyable photo publiée dans une presse régionale qui doit absolument se ressaisir sous peine de se disqualifier définitivement où l’on voit un président de région entouré de quelques membres d’on ne sait quelle coterie lancer une campagne, un micro à la main, comme une poule devant un couteau. L’Alsace n’a à l’évidence pas mérité cela, quand on pense à Claude Vigée ou à Sylvie Reff. On reste confondu d’accablement devant une telle vulgarité, au sens propre du terme. Ce n’est manifestement pas avec des personnages aussi secondaires, dérisoires et affligeants que la région peut trouver les véritables clefs de son avenir.

Pendant que l'on dépense en Alsace des millions d'euros, pris sur les budgets d'aide sociale ou d'accompagnement de ceux de nos amis, voisins et connaissances dans la pauvreté, à tenter de nous intéresser à quelque chose que l'on nous impose, des centaines de milliers de manifestants [ clic ici, et clic là ], on parle d'un million et demi, se sont rassemblés au Portugal, rejoignant l'innombrable cohorte des laissés pour compte espagnols, italiens et grecs, pour reprendre "Grândola, vila morena" pour signifier à leurs oppresseurs, FMI, BCE et commission européenne [ présidée, quelle dérision, par un ancien mao recyclé par la lessiveuse du parti social-démocrate, formation conservatrice de centre-droit, fondée par un ancien député de l’action nationale populaire, parti unique de l’assemblée nationale, le parlement fantoche du dictateur Salazar, Monsieur J. M. Durão Barroso ] qu'ils étaient des femmes et des homme debout, et que cette crise, ce n'est pas à eux de la payer, car ce ne sont pas eux qui l'ont créée.

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