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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d’alsace, " sauve-qui-sait" général ? – § 21

Les ralliements à la cause de la boulange se généralisent, sûrement au-delà des désirs réels des promoteurs de cette "idée historique". Tir groupé aujourd’hui dans "l’journal" avec l’intervention de Monsieur P. Higi, ancien directeur de l’Éducation au conseil régional, qui se prononce pour "une Alsace enfin unie". On a supporté ce personnage à Wissembourg quand il venait avec Monsieur G. Gengenwin [ prononcer "janjanvin" ] faire la promotion … du lycée unique, en nous expliquant qu’il était préférable de mettre près de deux mille élèves dans une seule structure plutôt que de leur offrir deux établissements moins grands, donc moins générateurs de frictions. Il était ardemment soutenu par l’ancien maire de Wissembourg, qui avait de grandes idées sur la façon d’éduquer et d’instruire la jeunesse, qui avait trouvé dans la personne du proviseur de l’époque du lycée professionnel les appuis divers et fraternels dont il avait besoin pour mener cette affaire à son terme. Depuis, hormis le fait que le parc de stationnement surdimensionné soit le théâtre de quelques trafics de stupéfiants ou de rodéos en voiture, tout va pour le mieux, en particulier le matin, à midi et le soir lorsqu’une cinquantaine de bus et quelques centaines de voitures quittent un espace excentré et inaccessible. C’est à ce genre de détails que l’on reconnaît les grands visionnaires de l’envergure de Monsieur P. Higi, par conséquent qualifié pour remâcher l’argumentaire médiocre de la classe dirigeante politique régionale.

Comme les déhaina sont un journal objectif, il était nécessaire de donner – un peu – la parole à ceux qui ont un autre avis que celui de la classe dirigeante politique régionale, largement relayée par des déhaina qui ont adopté une posture qui grandit le journalisme. C’est donc Madame B. Lejarre, pour le parti communiste français qui s’y colle en nous priant instamment de voter "NON". Pumpernickel aurait préféré qu’elle appelât à ne pas voter du tout, en prônant le refus de vote, comme cela a été le cas en 1972, de la part du parti socialiste, lorsque le président de la République d’alors, Monsieur G. Pompidou, a "consulté les Français" sur l’adhésion de la Grande-Bretagne à la communauté européenne. On peut trouver l’argumentaire de Madame B. Lejarre d’un clic sur le lien.

Naturellement, tout cela était encore de trop, il fallait rétablir cet équilibre en faveur d’un "OUI" pour lequel les déhaina [ se ] dépensent sans compter, à se demander s’il ne faudra pas les intégrer dans les comptes de campagne du clan boulangiste. Comme tout cela tombe décidément bien, on déniche un opportun "courrier des lecteurs" de derrière les fagots qui doit nous faire comprendre que cette idée n’est pas d’hier, et qu’à ce titre, celui de la tradition et du respect sacré que nous lui devons, il est de notre devoir, à tous, Alsaciens de souche et d’adoption comme on l’a lu [ au risque de se répéter : quelle langue, ou quel dialecte, leurs enfants parlent-ils ? ], d’offrir au futur prince-électeur de "notre province" enfin réunie le hochet qu’il désire comme un enfant capricieux qui pourrit la vie de ses parents pour qu’ils lui offrent un jouet débile dont il a la plus grande des envies.

Nous n’étions pas au bout de nos peines puisque, dans la journée, l’ABCM-Zweisprachigkeit, qui a mis en place des classes où l’on apprend aussi le français en même temps que l’allemand [ car chacun sait que dans "notre région réunie", bilinguisme veut dire français-allemand, et jamais français-turc, ou français-arabe, alors que les vrais bilingues se recrutent dans ces deux communautés ! ], a emboîté le pas de "rot un wiss" qui venait de "s’exprimer" par la plume de Monsieur B. Wittmann, publiait un communiqué spontané pour nous appeler à voter "OUI" à la farce électorale organisée par celui qui montre par là qu’il roule vraiment tout le monde dans la farine. Si on suit l’ABCM-Zweisprachigkeit, c’est parce qu’un engagement a été pris de promouvoir la culture régionale qu’il faut accorder un blanc-seing au Boulanger. C’est très grave, parce que cela voudrait dire que quiconque prend l’engagement, qu’il n’est en aucun cas obligé de tenir, de promouvoir la culture régionale et en même temps de supprimer le droit du travail, d’en finir avec la sécurité sociale universelle ou d’instaurer l’inégalité de traitement des citoyens dans la République a le soutien de l’ABCM-Zweisprachigkeit. Ah bon !

On fera remarquer à tous ces gens qu’il a été possible à une famille bi-nationale, en position absolument isolée, de parler une autre langue que la langue nationale, que les enfants de cette famille ont manié l’écrit de cette langue, qu’ils vivent maintenant dans le pays où on la parle sans enquiquiner tout le monde avec ses frustrations, ses rancœurs, et surtout ses non-dits. Ce qui autorise à interroger l’ABCM-Zweisprachigkeit sur les résultats obtenus en faveur du dialecte, qui n’est plus que péniblement ânonné par des enfants qui chantonnent maladroitement des textes appris par cœur. Il est presque cruel de rappeler que la fondation de l’ABCM-Zweisprachigkeit remonte à 1991, il y a 22 ans.

Plus sérieux, Pierre Meunier nous conviait hier soir à l’Espace Grüber pour une représentation de "Gidouilles et corne-culs", montage d’après "l’amour en visites", "gestes et opinions du docteur Faustroll", "la chandelle verte" et des poèmes d’Alfred Jarry. Nous avons été, deux heures et demie durant, grâce au talent des élèves de l’École supérieure d’art dramatique du TNS, transportés dans les tableaux de Breughel, sous le charme d’un théâtre d’invention et de recherche et inondés de ‘pataphysique.
Pour mémoire, "la 'pataphysique est la science des solutions imaginaires, des solutions particulières, des exceptions [ ce que l'on résume souvent en disant que "la ’pataphysique est la Science" ] qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité."
Le 'pataphysicien observe le monde d’une manière particulière, par exemple, au lieu d’énoncer la loi de la chute des corps vers un centre, il préférera celle de l’ascension du vide vers une périphérie, le vide étant pris pour unité de non-densité, hypothèse beaucoup moins arbitraire que le choix de l'unité concrète de densité positive eau ?
La science actuelle se fonde sur le principe de l'induction : la plupart des hommes ont vu le plus souvent tel phénomène précéder ou suivre tel autre, et en concluent qu'il en sera toujours ainsi. D'abord ceci n'est exact que le plus souvent, dépend d'un point de vue, et est codifié selon la commodité, et encore !

Comme on le constate, il y a l’essentiel, la 'pataphysique, et l’accessoire, Monsieur P. Higi et l’ABCM-Zweisprachigkeit.

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