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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil municipal 25 juin 2012_éoliennes – 2

Suite d’hier. Le correspondant particulier de Pumpernickel…

[ qu'il soit ici chaudement remercié pour l'envoi de ses notes dans lesquelles il aura été largement puisé ! ],

…arrivé avant moi, est resté après mon départ. Avant de livrer ces notes, il a tenu à faire remarquer, à juste titre, que le conseil était convoqué à 18h30 ce lundi dernier, et qu’il a été précédé … à 18h00 de la "présentation" de la ZDE par cet expert ab-so-lu-ment im-par-tial etob-jec-tif, lui, puis, qu’il a fallu attendre plus d’une heure pour que ce bavard laisse –enfin– la place aux élus. Que veut dire alors ce "18h30", est-ce un piège, une maladresse, une erreur, on ne sait trop.
Rien ne trouble donc apparemment les saintes litanies du PowerPoint et leur officiant interchangeable, pas plus les grincements répétés de la porte de la salle Jean-Monet que les pancartes noires des jacques de Schleithal ! Pour le desservant du jour, l’expert, [ Monsieur ]Vigneron dans le civil, il y a raement n problème, puisqu’il ne voit jamais une trace “d’incompatibilité”, tout est pour le mieux dans la meilleure destruction policée du monde. Le petit caillou militaire en travers de la marche triomphante du miracle éolien (où l’on voit que l’histoire a fait des pas de géant depuis le Larzac) ? Un prétexte à calculs d’angles et projection de beaux traits rouges sur la carte (la géographie, ça sert à faire la guerre, disait déjà Caligula). L’OMS ? Compatible ! Depuis H1N1, chacun sait que l’OMS est [ au moins un peu ] compatible avec les intérêts industriels pharmaceutiques. Le lobby du vent est-il moins puissant que celui des officines ? Les "jacques"? Piétinés depuis le XIVe siècle, on les sabre, on les taille en pièces, on en fait de la chair à canons, ça ne risque pas de changer de sitôt, vive le vent, vive le vent d’hiver ! "Ne t’emballe pas, pt’it gars, reste objectif et raconte l’objectif bien réglé de l’appareil photo de l’expert, qui a projeté une série de photomontages censés montrer comment les éoliennes s’inséraient dans le paysage, d’ici on les voit, de là on ne les voit pas, cache-cache dans l’Outre-Forêt !"
L’adjoint caution écologique de la municipalité a posé une question sur l’impact sur la santé des infrasons produits par ces machines. Bonne nouvelle, l’expert a répondu "aucune influence selon l’Académie de médecine", ce qui a eu l’air d’impressionner l’adjoint caution écologique de la municipalité. Ouf !
Un autre qui ne met que 7 minutes à pied de chez lui à la mairie, a de nouveau montré comment il paie de sa personne quand il s’agit d’engagement citoyen : ce week-end, il est allé au pied d’une éolienne, et ce qui l’a surtout frappé c’est …“ le non-bruit ” [ ça enfonce largement le silence, vous ne trouvez pas ? ]. Certains sont visités par l’Esprit-Saint, lui, il est ébloui par le non-bruit.
Histoire de calmer les opposants, le maire a fait part d’une étude de Stanford University (Californie) selon laquelle les parcs d’éoliennes modifient bien le climat, mais uniquement quand ils comptent plusieurs milliers de machines. Ouf ! Il a aussi sorti un rapport émanant d’organismes d’État [ ADEME et autre ] forcément indépendants, compétents et objectifs, eux, selon lequel les plaintes contre les éoliennes concerneraient moins d’une installation sur vingt. Et si les gens ne se plaignent pas, c’est bien la "preuve" qu’il n’y a pas de problème. En plus, lorsque les plaintes sont malgré tout instruites, elles aboutissent si peu qu’il n’y a manifestement pas de problème.
On ajoutera [ et attention, il va sans doute se dire qu’ici, on écrit des s… ] que si "les gens" se plaignent si peu, c’est aussi et sûrement à cause des pressions qui sont exercées sur ces pisse-vinaigre qui nous empêchent de développer en rond, et que la résignation et l’abattement finissent par faire leur œuvre. Pour s’en convaincre, il suffit de voir comment on s’y prend pour acquérir "à l’amiable" les terrains sur lesquels on envisage de construire ces logements dont nous manquerions douloureusement. Tout cela relève du sophisme petit format, et rien d’autre.
Le maire, toujours lui, a déclaré qu’il mettait les éoliennes au même niveau que … la tour Eiffel, oubliant qu’elle avait été édifiée pour l’exposition universelle de 1889 comme symbole du savoir-faire industriel français. "Comparaison n’est pas raison", cet aphorisme a rarement pris autant de saveur…
Et qu’il fallait justement créer la ZDE pour avoir un vrai débat, que créer la ZDE n’était pas préjuger de la décision finale d’implantation ou non  et que “si on ne crée pas la ZDE, tous les promoteurs sont condamnés” (aveu?).
À la fin de ce rébarbatif exposé, un jacques a voulu prendre la parole ; il a été prestement rappelé au respect de la démocratie par le maire qui lui a fait remarquer qu’il avait “déjà toléré [ses] pancartes”, ce qui ne l’a pas empêché de remettre tout de même une pétition de près de 700 signatures.
Exit l’expert, le conseil commence officiellement. Vote du compte-rendu puis alors que le maire s’apprête à faire voter la ZDE sans plus de formalités, l’ancien des permis de construire, et gardien autoproclamé de l'orthodoxie architecturale locale l’interrompt. Il rappelle que la présentation de l’expert ne vaut pas débat, qu’il a des choses à dire et poursuit par un jugement sur la prestation de [ Monsieur ] Vigneron (“On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre”) avant d’enchaîner sur la position de l’opposition : l’année dernière, elle s’était prononcée contre la délégation de ces affaires à la Comcom. Il demande par conséquent quelle sera la maîtrise de la ville sur l’installation de chaque éolienne.
“ C’est la ville qui délivrera les permis de construire. ” répond le maire.
Pas convaincu notre opposant sort de sa manche une revue d’arts et une photo en trois exemplaires qu’il fait circuler : une éolienne bien visible derrière la cathédrale de Coutances. Et Wissembourg qui vit du tourisme, risque majeur de défiguration.
Joli coup qui lui vaut les applaudissements du public, contraignant le maire à un nouveau rappel au respect de la démocratie [ ? ], pendant que l’opposant enfonce le clou avec le Mont-Saint-Michel, menacé d’être rayé de la liste du Patrimoine mondial par l’Unesco si des mesures d’exclusion de toute éolienne dans un rayon de 40 kilomètres ne sont pas prises. Certes, Wissembourg n’est pas le Mont-Saint-Michel, mais…
Le maire est alors contraint d’adhérer à ce qui vient d’être dit, “ mais ce débat doit avoir lieu quand la ZDE aura été adoptée. ” (Malheureusement, personne n’a relevé l’impudence de l’entourloupe…)
À la première adjointe qui conteste le manque de référence de l’opposant, celui-ci répond par sa revue, et l’adresse électronique, disponible en lien.
Le maire : rebelote la tour Eiffel... aspect visuel... subjectif... certains, et j’en suis, trouvent ça beau.
L’opposant : Si vous continuez dans cette voie-là vous allez chasser les touristes.
L’adjoint caution écologique de la municipalité : C’est un projet de la Comcom, pas de la municipalité. Les habitants veulent-ils une capacité énergétique dans le futur… ?  Si la population ne le veut pas, on ne l’aura pas, avec les incidences dans le futur. (Clair comme un écolo au gouvernement.)
Finalement, il y aura six contre dont deux majoritaires, et deux abstentions.
L’opposant reproche à la première adjointe, également chargée de la culture, d’avoir voté pour. Elle rétorque qu’elle préfère l’éolien au nucléaire. Personne ne lui fait remarquer que nous aurons et les éoliennes et le nucléaire.

[ Cela fait irrépressiblement penser à cette réflexion de Winston Churchill à Chamberlain, de retour de Munich : “ Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre, vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. ” Ndlr ]

Peu de choses à dire du reste, si ce n’est quelques bribes sur l’aménagement d’une supérette qui doit déménager mais dont il faut aménager les abords en vue de l’installation d’un autre commerce, le tout dans un certain désordre qu’il faut bien qualifier de flou. Si certains admirent l’esthétique des éoliennes, certains autres pensent que cette histoire d’aménagement du bas de la route des Vosges cache la future voie d’accès à la ZAC.
Prochain conseil, sous réserve, le 11 septembre, tiens, 11 septembre, et attention à l’heure.

En guise de conclusion provisoire, on peut se demander quelle mouche pique la municipalité, dont la popularité est bien mal en point, à cristalliser un sujet supplémentaire de mécontentement. En l’occurrence, cette histoire d’éolienne apparaît comme un véritable mistigri, intercommunal de surcroît. Quel besoin a-t-on de se lancer dans ce type de démarche, que l’on s’est bien abstenu de contester quand il en était encore temps, en en appelant le cas échéant au soutien citoyen [ ce que l’on sait faire par ailleurs quand il faut mobiliser autour de l’hôpital ] ? À quoi tout sert-il, ou plutôt, qui tout cela sert-il ? Car c’est maintenant les questions qui reviennent le plus souvent dans les conversations de ceux qui, excédés des mauvais traitements auxquels on les soumet, s’embarquent dans des constructions mentales qui, à défaut d’être vraies, paraissent vraisemblables. En somme, vous avez morflé avec le Gumberlé, vous allez déguster avec le Steinbaechel, et on remet le couvert avec les éoliennes, qui plus est en enquiquinnant les gens de Schleithal, qui apprécient le procédé à sa juste valeur. La question n’est pas de savoir si c’est beau ou moche, si c’est mieux ou pire, si c’est rentable ou non. La question, c’est de savoir si on en a besoin, de cette taille et autant, et s’il n’y a pas, au travers de la diversification [ méthanisation, bois, économies, solaire thermique, etc. ] de meilleures possibilités d’atteindre le stade ultime du développement, celui de la sobriété énergétique avec un recours minimal aux énergies fossiles. Mais cela demande de la vraie pédagogie, de l’humilité, du dialogue, toutes considérations qui, à l’évidence, n’appartiennent pas au registre de la municipalité. Et c’est bien dommage.

Que de temps perdu, que d’énergie gaspillée, que de rancœurs accumulées, que de suffisance imposée, que de morgue, que d’arrogance, que d’orgueil affiché, que de vanité, que de prétention, quel désastre !

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