Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil municipal 25 juin 2012_éoliennes – 3

Très remontés, les opposants à la ZDE [ zone de développement de l’éolien ] aux confins de Schleithal et de Wissembourg ont fait parvenir un texte à la rédaction locale des Dernières Nouvelles d’Alsace. Ils y reprennent certaines déclarations entendues au conseil municipal et rapportées dans le compte rendu qui en a été fait hier dans le quotidien régional et auparavant sur ce blog le 25 juin 2012, et complété le 26 juin 2012.
Le maire de Wissembourg : "Il faut d’abord créer une Zone de Développement Eolien avant tout dialogue". Cette façon de décider d’abord pour discuter ensuite est bien éloignée de l’idée commune que nous nous faisons de la démocratie, font-ils remarquer.
L’adjoint écologiste : "Si la population y est opposée, le projet ne se fera pas." Mais, la population, qui s’exprime au travers d’une pétition rassemblant les signatures de 675 personnes, dont 537 de Schleithal, n’a-t-elle pas, au moins en partie, donné un avis défavorable ?
En s’asseyant sur cette démonstration de force et de détermination, ne s’agit-il pas de passer en force ici pour mieux imposer ailleurs ? Compte tenu des méthodes employées jusque-là, ces soupçons sont largement fondés.
Coup de chapeau aux six élus qui se sont démarqués de la majorité silencieuse, marquant par là leur conscience des enjeux et manifestant la sagesse dont le reste du conseil municipal pourrait utilement s’inspirer.
Quel est le rôle d’une communauté de communes du pays de Wissembourg et de son président ainsi que de la majorité du conseil municipal de Wissembourg qui deviennent, de fait, les courroies de transmission d’une entreprise privée qui, sous couvert d’écologie, va imposer son intérêt particulier à l’ensemble des populations concernées, en s'engouffrant dans l'effet d'aubaine du rachat de l'électricité produite [ voir note en fin d’article ] ? Et d’enfoncer un clou déjà largement martelé ici sur ces transferts de compétence qui aboutissent à enlever progressivement le pouvoir à la population, afin de mieux lui imposer des projets financiers étrangers à l’intérêt collectif. On se situe dans la même logique que ce qui a été fait en Allemagne avec l’introduction des Verbandsgemeinden, avec la représentation proportionnelle en moins, c’est-à-dire l’autoritarisme en plus.
De quelle clarté parle-t-on quand des agriculteurs ont été démarchés discrètement depuis 2009, qu’ils ont été fortement "encouragés" à signer des contrats de bail de très longues durées, assortis de d’informations minimales et sans possibilité de rupture ? Les agriculteurs sont déjà les premières victimes de ces agissements.
En dernier lieu, comme tous les romans, il faut se demander à qui profite le forfait ! À l’évidence, les grands groupes financiers, énergétiques et des travaux publics, les mêmes en réalité, ont trouvé là une nouvelle source de spéculation en s’appuyant sur des collectivités territoriales désireuses de repeindre leur gestion en vert en échange de reversements dérisoires de royalties. N’oublions pas le coût indirect de cette électricité qui pèse maintenant de façon significative sur la facture des particuliers [ voir note en fin d’article ].
Les plaintes, par milliers, des riverains de machines disproportionnées, sont-elle moins objectives que l’opinion du maire de Wissembourg qui trouve que les éoliennes, c’est beau ?

Note : en France, la "subvention" à l'éolien est financée par le consommateur qui la paie sur sa facture d'électricité. Ce mécanisme est appelé la CSPE [ contribution au service public de l'énergie ]. L'Ademe a calculé que le coût actuel moyen pour un ménage s'élève à 60 centimes d'euro par an. Le prix de rachat subventionné oblige les opérateurs historiques comme EDF en France, à racheter pendant 15 à 20 ans l'électricité produite par des énergies durables comme l'éolien à un tarif prédéfini. Tout producteur (professionnel ou particulier) d'électricité produite par une éolienne peut ainsi la raccorder au réseau électrique et vendre son électricité à EDF au tarif subventionné. La loi a limité cette possibilité aux éoliennes installées dans une ZDE mais depuis mars 2008 des opérateurs "alternatifs" comme France Eoliennes rachètent l'électricité des petites éoliennes situées hors ZDE.
Le prix de rachat aidé était de 85,60 euros le MWh en 2009 (1 Mégawatt pendant une heure) indexé sur l'inflation les 10 premières années [ Arrêté du 17 novembre 2008 fixant les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie mécanique du vent ], à comparer avec les 40,00 euros le MWh, prix auquel EdF est contraint, par la loi NOME, de revendre à la concurrence le quart de l'électricité qu'elle produit.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article