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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

fête du 9 septembre & conseil municipal du11 septembre…

trente-neuvième anniversaire du coup d'état au Chili qui a renversé le Président Salvador Allende. Dans le bain de sang qui a suivi, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, torturées, assassinées, exilées ou ont "disparu". Il faut se rappeler quelle a été l'attitude scandaleuse de la droite européenne et singulièrement française à l'époque. On justifiait les grèves de camionneurs financées par la CIA, les manifestations de "ménagères" des beaux quartiers tapant sur "leurs" casseroles. Les "Chicago Boys" de Monsieur M. Friedman, chantre du "libéralisme économique" qui est à l'origine de la faillite actuelle de l'intégralité du système et entre autres de la mise à la misère d'un tiers de la population européenne. C'était l'époque de Monsieur R. Nixon, dont le mandat a été interrompu dans la honte. Il avait pour acolyte Monsieur H. Kissinger, qui malgré ses responsabilités écrasantes dans les crimes commis au Chili, continue à faire la roue en donnant ici et là, moyennant d’impressionnants cachets, des “conférences” durant lesquelles il se contente de répéter ce que tout le monde sait déjà.
Mais là n’était pas le sujet ce mardi soir, salle Jean-Monnet, pour la réunion de rentrée du conseil municipal. Pour qui n’y connaît rien, il est difficile de distinguer, dans l’unanimité ambiante et les échanges d’amabilités convenues, qui appartient à la majorité et qui n’en est pas. La plupart des points abordés, quand il fallait les passer par un vote, ont été adoptés à l’unanimité, parfois moins un “contre”, parfois moins une ou deux abstentions ! C’est, si l’on a bien compris, le règne du consensus, la fin de ce fameux clivage entre la gauche et la droite, cause défendue essentiellement par les gens de droite. Même le compte rendu du dernier conseil a été adopté sans qu’un froncement de sourcil puisse être détecté ! Et en fait de compte rendu, de quoi s’agit-il ? De la reprise mot à mot de la fiche de synthèse remise aux conseillers, éventuellement augmentée de quelque document forcément très important et du détail des votes. On peut affirmer sans risque d’être contesté que le “travail” du secrétaire de séance et de son adjointe perpétuelle est réduit à sa plus simple expression. Un vrai compte rendu ferait la part belle aux échanges préalables au vote, aux avis et aux interventions, et donnerait le minimum de vie à cet exercice formel au déroulement pathétique. Pour ce faire, on pourrait demander au public de prendre des notes et organiser une réunion au cours de laquelle ces notes seraient mises en commun avant d’être livrées à l’examen des conseillers. Sans doute s’agit-il là d’un procédé totalitaire qui mettrait en péril les règles de la démocratie telle que les élus passés, actuels et sans doute à venir la conçoivent. Toujours est-il que l’on en est encore à des documents aseptisés, indigestes et transparents au sens qu’ils n’ont ni masse ni réalité. Mais ce type de remarque procède sans doute de ce que l’on qualifie d’une entreprise de droite extrême, inspirée de malignité pathologique quand elle n’est pas inspirée directement par la calomnie, l’insulte et le mensonge.
Quoi qu'il en soit, on s’est enquiquiné ferme une heure et demie durant, le maître de cérémonie passant la parole à l’une ou à l’autre, histoire de tromper l’ennui probablement. Parce que, que peut bien nous faire que le maire-délégué d’Altenstadt fasse semblant de présenter les points qui concernent une commune qui n’existe plus ? Cela lui aurait évité un démarrage en trombe avec un historique “Je pense personnellement que…” du plus bel effet oratoire. Mais on n’est pas à ça près.
À l’unanimité donc les points 1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19, 20 et 21. Le point 3 a fait l’objet d’un “contre”, et le point 14 de deux abstentions. Vous trouverez en lien à quoi ils correspondent.
Au vu de ce constat, on se demande si nous n’aurions pas mieux fait de susciter l’union des deux listes concurrentes avant les élections de 2008, avec mise en place d’un système analogue à celui du parlement européen où l’on joue à l’alternance tous les deux ans et demi avec accord entre les deux grands groupes parlementaires ! Cela nous aurait évité cette comédie ahurissante et somme toute indigne du suffrage universel. Il reste encore la possibilité de mettre les deux bulletins dans l’enveloppe, histoire de les renvoyer dos à dos, à moins que ce ne soit bras dessus bras dessous.
On s’est donné rendez-vous pour le 28 septembre, au relais culturel, salle du premier étage, pour un raout spécial plan local d’urbanisme, plan d’aménagement et de développement durable [ le développement durable étant le mot convenable pour parler du capitalisme à visage écolo ]. Ça promet !

Cela n’a rien à voir, mais le correspondant de Pumpernickel avait la tête ailleurs. En effet, dimanche, c’était la 9ème édition des rencontres, et on fêtait le 17ème anniversaire du garnement. Placée sous le signe de la poésie, elle a donné à quelques-uns des près de quatre-vingt-dix participants l’occasion de partager leur poème préféré.

Chapeau bas devant Hugo qui nous a récité “le cancre” de jacques Prévert :

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Ou Magali, de sa propre composition :

Au pays des comtes d’Orange
Aux pieds d’un beau moulin,
Rapportée par l’air marin,
S’est passée une chose étrange.
Du plus l’on que l’on s’en souvienne,
Cette rencontre à nulle autre pareille
De la persévérance hollandaise
Et de l’indiscipline française
A donné depuis moult fruits
Dont le plus rebelle
Est sans conteste aujourd’hui
Le savoureux Pumpernickel.

Ou encore ce poème de Nicolas Guillen, poète cubain métisse, qui a contribué au développement du “négrisme”. Il lutte contre le racisme et veut réunir les héritages africains et espagnols :

Voguant sur la mer des Antilles
Avance un bateau de papier
Le bateau avance, avance, sans timonier.
De la Havane à Portobel,
De Jamaïque à trinité,
Le bateau avance, avance, sans capitaine.
Une Négresse est à la poupe,
A la proue est un Espagnol
Le bateau avance, avance avec eux.
Passent des îles et des îles,
Des îles et puis d’autres îles
Le bateau avance, avance, sans repos.
Un canon tout en chocolat
A tiré sur le bateau
Qui de son canon tout en sucre
A répondu.
Ah ! Mon bateau filant sur l’eau
Avec sa coque de papier
Ah ! Mon bateau noir et blanc sans timonier.
Sur le bateau vont la Négresse et l’Espagnol
Le bateau avance, avance avec eux.

Et on termine avec un poème dada d’André Weckmann, “Wàs mr àlles met bum sàwe kànn”

Bumbisch
Bumbevoll
Bumbegrànàtevoll
Bum
Bumbjefàhne
Bumbumstand
Bumbernickel
Bum
e bumbe Matsch
e bumbe Bibbel
e Bumbeloch
Bum
un Velobumbe
Wàsserbumbe
Wàsserstoffbumbe
BUM

Tout s’est terminé aux alentours d’une heure du matin alors qu’une petite troupe de musiciens nous avait rejoints. Et rendez-vous a été pris pour le 8 septembre 2013, pour la dixième édition de ces rencontres. Au programme, vraisemblablement de la musique, et peut-être quelque surprise. Alors, à vos agendas. Et encore merci à tous ceux qui étaient là pour le simple plaisir d’être ensemble.

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