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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Crise du logement.

Mme Duflot a, semble-t-il, l'intention de régler le problème du logement en France. Il faut dire que la situation atteint des sommets dans le domaine du mépris de ceux qui n'ont que peu de moyens à consacrer à leur loyer, et ils sont nombreux. Soupentes insalubres, caves humides, caravanes délabrées, boxes de parking, placards aveugles, tout semble bon pour héberger, moyennant finances, ceux qui n'ont pas d'autre solution que cela, ou la rue. Comme on peut refuser la rue, il faut accepter cela, des lieux où on n’oserait pas mettre un animal.

Donnons donc acte à Mme Duflot de sa bonne volonté. 

Il est nécessaire de rappeler quelques éléments, quelques faits, ceux dont l'autre disait qu'ils sont têtus.

Les habitants de ce pays se répartissent globalement en deux parts presque égales, les propriétaires occupants de leur propre logement, et les locataires qui occupent des logements possédés par les premiers ou par des organismes privés (les sociétés d'assurance, par exemple), publics ou para-publics (les offices et sociétés d'HLM, par exemple). Depuis des (dizaines d')années, il y a déficit de construction de logements, déficit aggravé par ce qu'on appelle le " désengagement de l'État " d'une part, et par le développement de la crise économique. La pénurie s'est donc installée, qui a un effet extrêmement bénéfique pour les propriétaires, en ce sens qu'elle provoque la hausse artificielle mais continue de la valeur de leur patrimoine immobilier. Parallèlement, les locataires potentiels voient l'offre se raréfier, et les prix monter en vertu de la fameuse loi de l'offre (faible) et de la demande (forte). En un mot, que ce soit côté plus-value potentielle à la revente, ou rendement à la location (sans parler des conditions fiscales favorables), la pénurie est une bénédiction pour les possédants, et une catastrophe pour les autres. 

La bonne volonté de Mme Duflot sera-t-elle suffisante pour renverser la vapeur, pour relancer la construction, pour remettre sur le marché des logements aujourd'hui vacants qui rapportent parfois plus vides (plus-value potentielle élevée) que loués (contraintes diverses subies par le propriétaire).

L'idée développée par Mme Duflot se fonde sur l'idée que les propriétaires (entendez les " petits " propriétaires, fragiles, timides, inquiets) mettront leur(s) appartement(s) en location si on leur garantit le paiement des loyers. C'est certainement vrai, mais partiellement seulement. C'est surtout oublier que cette garantie des loyers (quelle qu'en soit la forme) ne serait qu’un avantage supplémentaire offert à des propriétaires qui n'en sont pas privés. On peut imaginer aussi que cet avantage ayant un coût, ce coût serait immédiatement répercuté sur les locataires, ce qui signifierait que c'est le locataire lui-même qui financerait sa propre insolvabilité. Cette hypothèse n'est pas ridicule, quand on regarde quel est l'effet indirect pervers de l'aide personnalisée au logement (APL).

Globalement, un rapide calcul montre que celui qui a les moyens d'acheter aujourd'hui un appartement dans le but de le louer n'a pas beaucoup d'argent à sortir, profitant d'une loi fiscale qui permet de reporter la plus grande partie des coûts sur le locataire, tandis que la " loi du marché " réserve la plus-value au seul propriétaire.

Mme Duflot oublie qu'une bonne partie du parc locatif n'est pas dans les mains de ces petits propriétaires qu'il est de bon ton d'aller interroger en vue du " 13 heures " de TF1. Car les gros patrimoines immobiliers appartiennent à des " institutions " publiques ou privées.

Par ailleurs, on sait bien que les mesures fiscales incitatives n'auront un effet qu'à long ou moyen terme, si jamais elles en ont un. Et l'urgence, c'est de loger aujourd'hui des centaines de milliers de personnes (la Fondation Abbé-Pierre présentera vendredi 1er février 2013 son 18ème rapport sur le mal-logement - à consulter sans délai) qui vivent dans des conditions indécentes. A cela, la réponse immédiate serait la réquisition, qui pourrait toucher autant les biens particuliers que les biens institutionnels.

Mais il semble que si le mot fait peur, la chose soit encore plus insupportable, même à gauche. 

N'écoutant que son courage, le petit reporter de Pumpernickel a pris son vélo et a fait le tour de son quartier.

Dans cet album photo, vous verrez deux maisons vides (depuis des années) dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici. Les propriétaires (qui ont un logement) sont en conflit, ce qui expliquerait la situation. Pendant ce temps, des familles couchent dehors.

Une autre maison vide, dont les propriétaires (qui ont certainement un logement), héritiers indivis, ne communiquent plus, dit-on dans le quartier, que par lettres recommandées ou notifications d'huissiers. Pendant ce temps, des familles couchent dehors.

Quoi qu'il en soit, dans un cas comme dans l'autre, on pourrait loger ici trois familles, moyennant des travaux rendus nécessaires par l'abandon des lieux.

Plus intéressant est le cas de ces autres maisons, qui appartiennent à un organisme de type HLM (dont les responsables n'ont pas de problèmes de logement). Ces constructions, qui doivent dater de l'après-guerre, semblent en bon état, et ce sont ici cinq familles qui pourraient être logées. Et il n'y aurait pas grand chose à faire pour trouver ces famille, puisque qu'un dépôt de la Croix-Rouge française se trouve dans la même rue, où elles viennent chercher vêtements, petits meubles ou autres objets à des prix dérisoires.

L’État dispose également de logements disponibles, et certainement suffisants pour protéger des familles des rigueurs de l'hiver : il s'agit là d'anciens logements attribués à des militaires, partis s’installer ailleurs, et qui ne semblent pas être occupés - ils sont murés - ou destinés aux gendarmes qui ont pris la succession dans les immenses bâtiments de cette ancienne caserne. En tout, ici, une bonne dizaine de familles trouveraient refuge. 

Si Mme Duflot veut vraiment faire quelque chose, si elle cherche quels logements sont disponibles, ce simple article lui a déjà trouvé une petite vingtaine de logements disponibles, faciles à réhabiliter en quelques semaines, tout à fait adaptés pour des familles qui vivent à Nantes dans ds conditions indignes, ou même à la rue. 

Il suffit peut-être de le vouloir vraiment.

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