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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Crise du logement - 3

Pas plus tard qu'hier tombe dans ma boite à lettres électronique une publicité qui me propose, une fois de plus, de ne plus payer d'impôts pendant neuf ans, et de profiter de l'occasion pour me constituer un patrimoine immobilier. Moins de charges, plus de produits, c'est toujours séduisant, quand on cherche à "mieux vivre son argent".

Et tout ceci le plus légalement du monde puisqu'il s'agit d'appliquer la loi dite Duflot, dernier avatar des multiples incitations fiscales dont on nous dit à chaque fois qu'elles contribueront à régler le problème du logement et dont on sait qu'elles ne servent à rien, sauf à appauvrir l'État tout en enrichissant la partie la plus aisée de la société sous le prétexte d'un "soutien à l'emploi"(ah?) dans le secteur du BTP – quand le bâtiment va, tout va. Rappelons pour mémoire que Mme Duflot appartient à EELV (Europe écologie les verts) et participe à un gouvernement dirigé par un membre éminent du Parti socialiste, il y a peu encore maire de Nantes.

Dans d'autres articles (ici, ou encore ), j'avais déjà évoqué mon quartier et les liens entre mal-logement, pénurie et spéculation foncière. Il n'est pas inutile d'y revenir aujourd'hui avec un autre album-photos, et quelques explications complémentaires.

Il s'agit aujourd'hui de logements sociaux situés rue Francis Leray à Nantes, gérés par Nantes Habitat, office public de l'habitat de la ville de Nantes (par définition proche des préoccupations qu'il est distingué d'appeler "sociétales", voire "sociales", de l'équipe municipale).

Ce groupe de logements ( 16 maisons individuelles et 24 logements collectifs) a été construit, selon mes sources, à la fin du XIXème siècle, et aurait même servi de poudrière durant la Grande Guerre (sous les bâtiments se trouveraient de vastes caves voûtées). Ces constructions sont caractéristiques de cette lointaine époque où on ne prévoyait pas de garages pour les automobiles, mais des "caveaux" où les occupants rangeaient les outils utilisés pour cultiver de petits lopins séparés par des barrières en béton armé du style de celles utilisées par les Chemins de fer. La pièce principale donnait directement sur la rue, pièce qui servait le plus souvent de cuisine et de salle à manger (l'invention du living room viendra beaucoup plus tard). On ne sait de quand date le "tout à l'égout", mais il est fort probable que les toilettes se trouvaient à l'extérieur.

On peut rappeler que ce groupe de logements jouxtait une ancienne blanchisserie, rasée dans les années 1990, qui traitait le linge des hôpitaux de Nantes bien avant l'invention du non-tissé et de l'usage unique. On peut imaginer que les logements qui subsistent aujourd'hui accueillaient le personnel de cette blanchisserie. Au jour de sa démolition, elle ne fonctionnait plus depuis très longtemps, et elle a été remplacée par un immeuble d'habitation dont voici la photographie (les travaux sont ceux de l'extension du chauffage urbain). 

DSC00491

Du fait de leur ancienneté, et de leur nature, les bâtiments en question, plus que centenaires, seraient actuellement "classés". Vous pouvez maintenant voir ces quelques photographies en suivant ce lien.

Il y a quelques mois, le CCQ (conseil consultatif de quartier) a fait rédiger un rapport (consultable ici) [NB Un petit problème technique est apparu. Ce document s'ouvre avec OpenOffice ou tout traitement de texte Microsoft] dans lequel il s'étonne de l'inoccupation de certains logements, et du fait qu'une partie d'entre eux sont déjà murés. Plus globalement, ce conseil pose le problème de l'habitat social, de la mixité, de l'usage fait de la ressource foncière tant par l'autorité publique que par la promotion immobilière privée.

Il y a deux ans(!), il semble qu'un appel d'offres avait été lancé (clic sur ce lien), l'objet du marché étant la réalisation d'études préalables de faisabilité pour la requalification du groupe d'habitation Les Chambelles [du nom d'une rue adjacente] comprenant 16 maisons individuelles et 24 logements collectifs. (Diagnostics des bâtiments, étude technique). Depuis, semble-t-il, plus rien.

Pas tout à fait, en réalité. Renseignements pris, et constat oculaire fait, il n'y a eu aucun chantier d'entretien de fond depuis au moins vingt ans, sauf un ravalement de façades dont on m'a dit qu'il aurait été sérieusement fait côté rue, et presque bâclé côté cour. Aujourd'hui, ces bâtiments sont dans un état pitoyable, et la réhabilitation, si elle a lieu, n'en sera que plus difficile et coûteuse, ce qui n'est une surprise pour personne.

Et il se murmure que Nantes Habitat aimerait bien faire déclasser cet ensemble, et réaliser une belle opération (à caractère "social"?) en construisant du neuf. Dans un quartier où un studio se vend aujourd'hui plus de 100 000 euro, et où on loue un trois-pièces plus de 700 euro par mois, il y a de quoi stimuler les imaginations – et aiguiser les appétits.

RH

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