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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

davos 2012, le cirque continue – 2

Aujourd'hui, J moins 89 pour le 1er tour, J moins 103 pour le second tour !

Branle-bas de combat général autour de Davos pour accueillir demain cette fine fleur de la finance, de l’industrie et de la paupérisation des peuples pour quelques jours de raout, en l’occurrence au frais des contribuables suisses. Les Helvètes doivent en effet assurer la " sécurité " de ces petits messieurs-dames qui ne doivent, quelle que soit las situation, risquer de se trouver au contact d’une société dont ils prétendent dessiner les contours. Sorte de Politburo libéraliste, on a là des gens imperméables à la situation quotidienne de celles et ceux, rien qu’en Europe dite d’union il y en a une petite vingtaine de millions, qui doivent jongler avec la misère imposée, l’exclusion du circuit social, la réapparition des affections de mal-nourris comme la tuberculose ou la gale. Mais de tout ça, nos décideurs n’en ont cure. Ils vont continuer à faire la roue devant les caméras [ tiens, cette année, on ne parle pas d’un déplacement du grand moralisateur présidentiel français  qui avait été le premier président de la République à faire le déplacement en 2010, sans faire grosse impression d’ailleurs, et à réitérer le pèlerinage en 2011 ] et à mobiliser les moyens des mass-media [ on se réjouit d’avance de l’objectivité des " journalistes " correspondants de la version française du Huffington Post cornaqué par Madame A. Sinclair ! ] pour nous entretenir des grandes et définitives solutions qu’ils ont trouvées pour résoudre, pour la énième fois, " la plus grave crise économique et financière qui nous frappe ", pour parler comme eux.

Ce que l’on oublie de nous raconter, c’est le déploiement de forces en tous genres, publiques mais aussi, et surtout, privées [ c’est comme pour la guerre en Irak où il y a plus de membres d’armées privées qui " travaillent " pour le gouvernement qu’il n’y a de soldats au sein classique du terme ] qui quadrillent le terrain, filment à tour de bras, arrêtent et fichent, se pavanent en exhibant leur gros matériel, font, de fait, régner un climat d’intimidation, comme s’il fallait faire comprendre à la population qu’elle a intérêt à se tenir calme si elle veut que l’on continue à faire son bonheur malgré elle en lui donnant l’illusion qu’elle est parfaitement libre. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler ces rideaux de gendarmes mobiles ou de CRS qui sont déployés à chaque déplacement d’un président de la République qui ne s’est toujours pas aperçu qu’à force de nous fuir, nous n’avons même plus envie de le voir, mais c’est sans doute une autre histoire.

À Davos, ce sont 5 000 soldats qui sont mobilisés pour déblayer la neige, tombée en masse comme pour l’enterrement du petit père du malheureux peuple nord-coréen, accomplissant maintenant une tâche fixe qui coûte, rien que pour l’appui des militaires, plus d’un million d’euros : on en servirait des soupes populaires pour le même prix, non ? Mais comme il faut penser à tout, et surtout à tous, ce ne pas moins de 18 kilomètres de clôture en fil de fer qui ont aussi été posés. On sent tout de suite qu’on est en territoire amical, puisque le communiqué ne précise pas s’il s’agit de barbelé !
Il y a aussi les trucs qui augmentent : par exemple, l’an dernier, il n’y avait " que " 4 000 militaires, dont " seulement " 3 500 étaient passé à l’action, poursuit le communiqué… qui, citant le responsable de cet étalage, précise qu’il s’agit " d’un grand défi durant lequel la routine ne met pas à mal la vigilance ", histoire de prévenir celles et ceux qui auraient le mauvais goût de ne pas se reconnaître dans cette cavalcade de mardi-gras totalitaire.
Comme il ne faut rien laisser au hasard, deux avions F/A-18 suisses équipés de munitions de combat vont " sécuriser l’espace aérien " ; ils seront secondés par des appareils de l’armée de l’air autrichienne, car il faut aussi faire face à un surcroît d’activité du trafic. On attend en effet environ 1 000 atterrissages et décollages supplémentaires d’avions à l’aéroport de Zurich, ce qui va probablement réjouir les riverains en même temps qu’il s’agit d’une contribution éminente et symbolique à la réduction des émissions de gaz à effets de serre de la part de ces donneurs de leçons, apôtres de la rigueur et des économies pour les autres. De nombreux mouvements d’hélicoptères sont également attendus. Mais ce sont les jets des grands patrons et des politiciens qui mobiliseront et le temps et l’espace. Et pour enfoncer le clou, le conseil fédéral suisse a déclaré l'espace aérien autour de Davos "zone interdite" pour tous les aéronefs dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres.

Attendons-nous au pire, car avec eux, il est d’abord certain !

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