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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

de la part de resf, hélas, d'une affligeante banalité

Trois histoires, trois drames engendrés par des lois et des pratiques insupportables qui doivent changer, et vite. Et qui, si elles ne peuvent pas être modifiées en quelques jours, doivent, dès maintenant, cesser de s’appliquer. Un moratoire sur les expulsions s’impose, immédiatement. L’odieux n’est pas plus acceptable sous Hollande qu’il ne l’était sous Sarkozy. Le changement, c’est maintenant ! Pour le faire savoir :
À l’Intérieur : sec.valls@interieur.gouv.fr, thomas.andrieu@interieur.gouv.fr, jean.daubigny@interieur.gouv.fr, sec.colmou@interieur.gouv.fr
À l’Elysée : pierre-rene.lemas@elysee.fr, alain.zabulon@elysee.fr
À Matignon : premier-ministre@cab.pm.gouv.fr
Sous Monsieur F. Hollande aussi, on cache les enfants !
Fin de semaine dernière, coup de téléphone de Brest : on nous informe que des parents d’élèves d’une école de la ville aidés  par les membres de l’association Casss-Papiers cachent une famille Tchétchène qui a été informée de sa prochaine expulsion vers la Pologne, étape vers un retour en Tchétchénie.  Or la famille Bagueiv y est très menacée. Le père et une sœur de M. Bagueiv ont été assassinés en mai 1997, deux de ses frères ont disparu. Lui-même a été kidnappé par la police qui a exigé qu’il donne des informations sous peine de mort.
La dépêche de l’APF ci-dessous dit la suite :
BREST, 19 juin 2012 (AFP) - Une famille russe d'origine tchétchène, avec trois enfants, est cachée depuis samedi dans le Finistère par un réseau de bénévoles, pour échapper à la rétention administrative et à l'expulsion. Au début du week-end, les membres de Casss-papiers (collectif action, soutien et de solidarité avec les sans-papiers) une association brestoise créée en 2001 qui s'oppose à l'expulsion d'immigrés, ont appris par leur réseau que la famille Bagueiv et ses trois enfants devaient être interpellés. Depuis, l'association et les parents d'élèves du groupe scolaire des enfants tiennent tête à la décision administrative qui devait placer lundi la famille russe et les enfants dans au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne.
"Nous sommes en infraction, mais c'est dans un but humanitaire. On ne peut pas laisser faire ça", affirme la présidente de l'association des parents d'élèves de l'école Anne Bussière, décidée à venir en aide aux ressortissants russes.
"S'ils sont repris, ils seront envoyés en Pologne (pays par lequel la famille est arrivée en France en janvier 2012). De là, ils seront expulsés vers la Tchétchénie", s'inquiète le porte-parole de Casss-papiers Olivier Cuzon. Avant d'évoquer les risques encourus par le père de famille pour son engagement politique dans son pays d'origine.
Depuis le week-end dernier, des bénévoles de Casss-Papiers et des parents d'élèves mobilisés pour cette cause, hébergent discrètement, le père d'un côté, la mère de famille Diana et ses trois enfants d'un autre, dans des lieux tenus secrets. Marie, une mère de quatre enfants, a reçu Diana dans son petit appartement à deux pas du centre de Brest, en attendant qu'une stratégie se mette en place. Le père qui a trouvé refuge ailleurs n'a pas donné signe de vie depuis samedi. Discrétion oblige. Dimanche, un volontaire a mis un confortable appartement à Brest à disposition de la mère et de ses trois enfants. Bien mieux que l'EtapHôtel de Plougastel à quelques kilomètres de Brest, où la famille était logée par les services de l'Etat. Mardi, Marie a lavé le linge sale et l'a repassé. Un autre volontaire du réseau est venu récupérer les vêtements. Diana et ses trois enfants doivent être relogés avant la fin de la semaine dans un autre lieu, en toute discrétion.
"Pour moi, c'est normal, on n'a pas le droit de traiter les gens comme ça. Ça me rappelle les heures noires de notre histoire", s'indigne Marie, qui vient d'une famille de résistants.
Dimanche soir, une centaine de personnes ont manifesté pour soutenir la famille devant l'école des enfants.
Ainsi, on en est là, sept semaines après l’élection de Monsieur F. Hollande : des parents d’élèves, des enseignants, des gens comme tout le monde, dont un bon nombre sans doute ont voté pour le président « normal » cachent une famille pour la faire échapper à la police de Monsieur Valls ! Sous Sarkozy, le fait n’était pas si rare. En 2006, à Brest déjà, Patimat et sa mère avaient été cachées 105 jours pour n’être pas expulsées vers le Daghestan. On ne pensait pas que de tels événements devraient se répéter sous Hollande !
Pour que s’arrête la machine à fabriquer des orphelins
Aboubacar FOFANA est Ivoirien, il vit en France depuis février 2008. Il est le père de Massandje, deux ans, dont il s’occupe et pour laquelle il verse une pension alimentaire. Il vit actuellement avec une jeune femme, française, enceinte de 6 mois d’un enfant dont il est le père.
Pourtant, Aboubacar FOFANA est actuellement au centre de rétention administratif de Metz et risque d’être expulsé. Ce père, de bientôt deux enfants dont celui à venir sera français, a toute sa place ici. Nous ne pouvons admettre que, pour une question de papiers, l’état français laisse ces enfants privés de leur père.
Quoi qu’il arrive, ces enfants resteront ici et ils ont besoin de leur père. Au nom de l’article 9 de la Convention internationale des droits de l’enfant qui dispose que « Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré », nous vous demandons d’intervenir pour que ce père de famille soit libéré et qu’il obtienne une carte de séjour avec mention « vie privée et familiale ».
Raphaël BARTOLT préfet de Meurthe et Moselle, raphael.bartolt@meurthe-et-moselle.pref.gouv.fr
Pouvons-nous accepter qu’en France la loi contraigne une femme chassée de chez elle par son mari à l’opprobre et à la misère ? C’est aujourd'hui ce qui arrive à Naïma.
Mariée en Algérie en 2008, Naïma arrive en France en mars 2009 pour vivre chez son mari de nationalité française. Elle obtient alors une carte de séjour temporaire. Mais son mari la met à la porte du domicile conjugal le 26 décembre 2009. En décembre 2010 elle obtient une séparation de corps demandée en janvier. Elle sollicite aussi un nouveau titre de séjour en juin 2010. Son récépissé est renouvelé jusqu’en avril 2011, date à laquelle elle reçoit une première Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF), qui sera annulée par le tribunal administratif en août 2011, pour vice de forme. Mais la Préfecture gagne en appel fin mars 2012.
Entre temps, Naïma a entrepris de nombreuses démarches pour être autonome et s’intégrer chez nous. Jusqu’à récemment, elle travaillait, et préparait en parallèle le concours d’entrée à l’école d’aide-soignant.
Mais voilà : le Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers et Demandeurs d’Asile (CESEDA), celui dont Monsieur F. Hollande a promis la révision, mais qui s’applique toujours, organise l’expulsion de tout conjoint qui ne vit plus au domicile conjugal ; Naïma reçoit donc une nouvelle OQTF fin mars 2012 …
Dernière heure : courriel reçu samedi.
Ce samedi, à 13h chez elle, Naïma a absorbé 80 cachets de l’antidépresseur qu’elle prenait habituellement. Après avoir été prise en charge sur place par les pompiers et le SAMU, appelés par une voisine chez laquelle elle était venue s’effondrer, elle a été transportée à l’Hôpital de Chalon sur Saône au Service des Urgences. Suite à des convulsions cérébrales, elle a été mise en coma artificiel. Elle y est restée un jour et demi. Comme la place manque en Service de Réanimation, elle doit être transportée dans la soirée à l’Hôpital de Mâcon. Nous vous tiendrons informés de son état de santé. Bien évidemment, il n’y aura pas de pointage au commissariat dans les jours qui viennent. Rappelons que jeudi dernier elle a reçu une assignation à résidence, prologue à une expulsion programmée vers l'Algérie. Nos pensées l’accompagnent.
Comité de Soutien à Hassania et Naïma - RESF Chalon

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MRégis Hulot 04/07/2012 21:45


Mon cher Pumpernickel,


J'ai pris bonne note de ta remarque, car je sais le piège qu'on se tend à soi-même en sombrant dans les comparaisons hors de propos ou les anachronismes souvent ridicules.


Néanmoins, si j'ai mis en parallèle ces deux hommes politiques, l'un qui fit le choix de la collaboration avec le nazisme et de l'acceptation de ses crimes, l'autre qui atteint enfin à la
fonction dont il semblait rêver depuis longtemps, c'est bien à cause de leurs origines. Le premier, ancien homme de gauche qui sombre peu à peu dans la fascination qu'exerce sur lui le pouvoir et
l'acceptation des contraintes qu'induisent les "réalités", l'autre qui cède au syndrome du "nouveau converti", plus royaliste que le roi, plus légaliste que les tribunaux, plus - ou au moins
autant - exigeant pour les autres qu'on ne l'a été pour lui-même, suivant le principe que "ce que j'ai fait, les autres doivent pouvoir le faire" - même si c'est devenu beaucoup plus difficile.


C'est toujours avec beaucoup de tristesse qu'on constate avec quelle facilité on passe, en moins d'une génération, de la gauche parfois extrême à une droite souvent bedonnante et bardée de bonne
conscience, combien est naturelle la pente qui vous fait passer de la générosité incontestable à la sauvegarde d'un patrimoine personnel "qu'on a bien mérité d'avoir", comme il est simple de
justifier aujourd'hui des reniements qu'on n'aurait osé imaginer dix ou vingt ans plus tôt.


 


Quand "l'imperator", le général romain revenant en vainqueur d'une campagne militaire, recevait les honneurs du triomphe, un esclave se tenait derrière lui sur son char et
maintenait au-dessus de sa tête la couronne de laurier. Il était aussi chargé de lui répéter à l'oreille durant la cérémonie une phrase qui devait lui interdire de se croire devenu tout puissant:
"Souviens-toi que tu es mortel".


Nous savons, depuis les anciens romains, et même depuis plus longtemps encore, que le pouvoir corrompt, et que le pouvoir absolu corrompt absolument. On oublie souvent de s'interroger sur le
délai nécessaire à cette corruption. On doit à Manuel Valls (et à quelques autres) d'être mieux informés.


RH

Régis Hulot 02/07/2012 21:38


Bête curiosié de ma part, je suis allé voir la notice "Manuel Valls" dans mon Wikipédia ordinaire. Tout dans les origines de notre ministre de l'intérieur le prédispose à cette posture qui fait
de lui un ministre "aimé par la droite" comme le proclame L'Express cette semaine. Né espagnol, naturalisé français en 1982 (1982...?), adhérent au PS dès l'âge de 17 ans, militant à l'UNEF-ID,
il a fait sa carrière à gauche, en commençant par se mettre dans les pas de Michle Rocard...


Donc tout est là pour en faire un défenseur du droit, et des droits, à commencer par les droits des plus faibles, ceux qui ont, plus que les autres, besoin d'être défendus. Et quand je parle du
droit, je parle de la justice, et non de l'ordre, celui qui régnait à Varsovie jadis. N'est-il pas ministre de François Hollande, un socialiste, et de Jean-Marc Ayrault, encore un socialiste?


Je suis allé voir la notice d'un autre homme politique, de la IIIème république, un socialiste de la vieille SFIO, un homme qui, jeune, fut l'avocat des pauvres, et qui, contrairement à Manuel
Valls semble-t-il, ne voulait pas "séparer les familles".


Il s'agit d'un certain Pierre Laval.


Le Ciel nous garde de la honte d'avoir à compter dans les rangs de ce qui se veut la gauche d'autres personnages de cet acabit.


RH

pumpernickel 04/07/2012 08:13



attention néanmoins à ce que l'on appelle le "point godwin" [ "plus une discussion est longue, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou hitler approche
de 1" ] ! toutes choses égales par ailleurs, et toutes proportions gardées, quelle scandaleuse que soit l'attitude de l'actuel ministre de l'intérieur, le comparaison monsieur p.
laval est, par nature, excessive, surtout si on pense au destin de ceux qui étaient les cibles de ce personnage. cela ne remet rien en cause, et les méthodes employées, la traque, la rafle à la
porte des locaux des soupes populaires, l'arrestation au détour d'une convocation, l'internement administratif, la double-peine, toutes ces pratiques s'inspirent du mauvais exemple et peuvent
évidemment vite devenir incontrôlables. comme le sont les comparaisons qui par nature ne sont pas raison !