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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

défaite_dignité_sports

Dans les démocraties parlementaires civilisées, il est normal que les battus félicitent celles et ceux qui ont remporté les élections. C’est ce qui s’est passé dernièrement au Danemark ou en Norvège, ou encore en Grande-Bretagne lors de la défaite des libéralistes appelés néo-travaillistes. Même le prédécesseur de Monsieur B. Obama a eu ces mots simples qui traduisent, au-delà de la bonne éducation, les sentiments de respect mutuel que se doivent les êtres humains qui considèrent leurs semblables non comme des ennemis mais au pire comme des adversaires, voire comme des concurrents.

Chez nous, et cela dure depuis des lustres, chaque changement de majorité – j’en ai connu personnellement sept, en 1981, 1986, 1988, 1993, 1995, 1997 & 2002 – est l’occasion d’une série de règlements de comptes, d’anathèmes, d’excommunications, de phrases vengeresses et autres prises solennelles de rendez-vous avec l’Histoire qui donnent de notre classe politique une image pour le moins désolante. Témoin ce qui se passe depuis dimanche soir, alors que la droite a perdu, perdu, perdu et qu’elle cherche par tous les moyens, probablement les pires, à camoufler, à dissimuler, à escamoter ce qui est bien plus grave que n’importe quelle autre défaite, déroute ou bérézina. Cela en devient grotesque. Devions-nous attendre autre chose de la part de ceux qui, à l’instar du futur –ex-président de la première chambre, alors que se dessinent les contours de la débâcle, s’en vont proposer une “ gouvernance partagée ” aux vainqueurs ? Depuis quand a-t-on vu le vaincu déterminer les termes et les conditions de sa reddition ? Et quand le futur –ex-président de la première chambre était aux manettes  a-t-on vu l’esquisse de cette “ gouvernance partagée ” ? En tout cas, à entendre les sénateurs de l’ex-opposition, soi-disant si bien traités par un Jacques-Bonhomme à l’allure rassurante, il est clair qu’il n’en a jamais été question. Cette proposition était donc pour le moins malvenue et en tout cas complètement hors de propos. Mais c’est bien ça la droite : quand elle gagne, elle prend tout, et quand elle perd, elle veut garder le reste.

Ce mardi, les choses commencent à se décanter. L’ego surdimensionné d’une ancienne ministre de la communication a repris des proportions convenables, et Monsieur l’président d’la République parle de perdre la présidence du Sénat dans la dignité. Venant de lui, on est sans doute dans le second degré, lui qui accueillait Monsieur B. el-Assad en compagnie de Monsieur H. Moubarak à la tribune d’honneur [ encore du deuxième degré ? ] du défilé du 14-juillet en 2008 ! Et tout ça après avoir ciré les babouches de Monsieur M. Kadhafi, que, après lui avoir servi le thé en 2007, on n’appelait plus que par son patronyme moins de 4 ans plus tard. Mention de dignité spéciale pour l’invité d’honneur, Monsieur Z. el-Abidine Ben Ali qui s’y connaît en la matière.
Rappelons à tout hasard, c’est le respect que l’on se doit à soi-même, y compris en respectant les autres, elle est inséparable de la sagesse, c’est l’un des caractères essentiels de la vie, et elle occupe à ce titre, dans le droit, une place éminente. On peut alors se demander si les mots ne sont pas un peu surdimensionnés, si le rôle n’est pas, comme à l’accoutumée, largement surjoué par celui qui a bien du mal à prendre la mesure des conséquences des actes qu’il pose. D’ailleurs, à en croire les gazettes, la page serait déjà tournée, et les regards désormais tournés vers cette nouvelle ligne bleue des Vosges, cette élection du président de la République dont on commence à rappeler, à juste titre, que l’ancien président du Sénat, Monsieur G. Monnerville l’avait qualifiée de forfaiture.

Avec tout ça, on n’a toujours pas entendu l’un de ces tenants de la politique dorénavant minoritaire, autoritaire et impopulaire suivie par un gouvernement empêtré de surcroît dans des affaires nauséeuses féliciter celles et ceux qui ont gagné cette élection dans des conditions imposées par leurs adversaires. De même qu’on attend encore que l’ancien préposé au charcutage électoral, Monsieur A. Marleix, ait un mot de regret pour les mots indignes qu’il a eus à l’encontre du probable futur président du groupe écolo au Séant. Oui, on attend toujours !

Pour finir en beauté, signalons que “ les Français de l’étranger ”, ces gens que l’on a gratifiés de quelques sièges de sénateurs [ et qui en sont reconnaissants puisqu’ils ont accordé 4 sièges sur 6 au parti du président, signe qu’ils ont complètement perdu le contact avec le pays qui leur vend un passeport ] et de députés aux circonscriptions exotiques, ces deux millions de personnes donc ont perdu le soutien des 130 kilos d’un secrétaire d’état qui est à l’évidence plus proche des voyageurs-représentants-placiers, personnes estimables entre toutes, que de la diplomatie. Cette personne, imposante par sa morphologie, qui s’est illustrée dans le comptage des pièces jaunes destinées à financer la fondation de la femme d’un ancien président de la République, vient d’abandonner ce secrétariat d’état pour occuper, à l’instar de Monsieur G. Drut, une fonction de ministre des sports dont on espère qu’elle augure des résultats à la hauteur du personnage. Belle époque !

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Régis Hulot 28/09/2011 10:02


Bonjour mon cher Pumpernickel. Merci pour ce bel article qui fait du bien, même si souvent il fait un peu mal aussi en nous rappelant que ces personnages qu'on moque et qu'on brocarde, et qui
donnent de la France et des français une telle image, sont ceux qui nous gouvernent, au moins pour quelques mois. Un précision technique. Tu évoques "le futur ex-président de la Première Chambre".
Je vois bien de qui il est question, de ce "brave homme" mis en place à la présidence du Sénat pour ne se fâcher avec personne et arrondir les angles pour permettre à la droite de garder pouvoir et
prérogatives. Ne parlons pas de la personne, qui sera vite oubliée, et revenons à la fonction et à petit détail de vocabulaire. Je crois que l'expression "Première Chambre" est inexacte
(l'Assemblée nationale, ex-Chambre des députés, serait alors la seconde), et qu'il faudrait parler ici de Chambre haute, par opposition à la Chambre basse, les explications de Wikipédia
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Chambre_haute) étant ici particulièrement claires. Et ce n'est pas cela qui ferait que la Chambre basse serait moins honorable que la haute, ce qui fait que l'honneur
est sauf. PS Merci d'avoir évoqué Gaston Monnerville, qui avait une idée de la République aujourd'hui trop oubliée, ce qui explique, au moins en partie, les lamentables dérives auxquelles nous
assistons. Bon courage, et fais de beaux rêves!